A cause du Covid-19, le masque sanitaire devient un accessoire branché

PUBLIÉ 2020-03-24
Quoiqu’il ne soit pas très utile, selon les experts, pour empêcher d’attraper le virus, le masque sanitaire devient littéralement un accessoire de mode qui connaît de la hype depuis l’éclatement de la maladie. Les grandes marques en font leur beurre, les stars s’y jettent, des milliers d’internautes rejoignent la vague au point d’influencer les tendances sur Instagram et Pinterest. Petit tour d’horizon d’un phénomène de mode qui a pour souche le coronavirus.


Jusqu’à récemment, le masque sanitaire n'était un accessoire visible que dans un cadre hospitalier ou quand des éboueurs ou ouvriers travaillent sous nos yeux. Depuis l’éclatement du Covid-19, cet accessoire s’impose comme un effet de mode qui attire l’attention de journaux sérieux comme New York Times. Les masques connaissent la rupture de stock en France dans les magasins tant que les gens en achètent. Par rapport à ce manque, des Youtubeurs rivalisent en matière de tutoriels sur la façon d’en confectionner soi-même.

L'univers de la mode n’est pas en reste et en fait sa coqueluche depuis l’éclatement de la maladie. La semaine de la mode de Paris en février dernier était une occasion de constater l’éclosion de cette tendance. D’emblée, beaucoup de célébrités, fashionistas et gens ordinaires en portaient pour assister aux défilés. La marque Chanel n’a pas mis trop de temps pour proposer des masques portant son blason de deux C. La mode masculine rejoint la vague et pour cause, à la semaine de la mode de Milan, plusieurs top models tâchaient de faire rimer leur look avec l’accessoire nouvellement tendance. A la semaine de la mode de Londres, trois jeunes femmes de Lituanie qui ont fait le déplacement ont assisté à un défilé avec le masque au visage.

La chanteuse Billie Eilish, la reine de la soirée Grammy 2020, en portait un griffé Gucci sur le tapis rouge le 26 janvier dernier. La grande sœur d’Amal Clooney, Tala Alamuddin Le Talec, qui réside à Singapour, propose une collection de masques qui se déclinent en blue jeans, camouflage et léopard. La mère de 4 enfants propose une gamme de solutions hydro-alcooliques en addition au masque. Elle voudrait reverser une partie des bénéfices à la Croix-Rouge. Sa sœur Amal supporte bien son initiative en postant avec les masques sur Internet. 

Vu les dégâts qu’occasionnent la pandémie en Italie et en France ces derniers jours, deux foyers du luxe, les grandes marques prennent des initiatives citoyennes pour aider la population. Pour combler le manque des gants, Yves Saint-Laurent, Balenciaga et Gucci se proposent d’en créer 1.1 million. « Les ateliers français des maisons Balenciaga et Yves Saint-Laurent se préparent à la fabrication de masques, dans le respect des mesures de protection sanitaire les plus strictes pour leurs collaborateurs, dès que les procédés et matières auront été homologués par les autorités compétentes", a déclaré une voix officielle du groupe du luxe Kering auquel appartiennent ces maisons.

LVMH s’est entendu avec un fournisseur chinois qui devra livrer 10 millions de masques en France dans les jours à venir. Deux usines de la société Miroglio produisent actuellement un grand nombre de masques par jour. Les deux usines qui concevaient des articles pour Elena Miro s’adaptent tant bien que mal à la catastrophe sanitaire. Les ouvriers travaillent masqués. Les masques qu’ils produisent sont destinés aux gens qui sont obligés de se déplacer dans la rue parce qu’ils sont munis d’une barrière anti-gouttes. Selon les fabricants ,ils ne sont pas destinés à être utilisés dans un hôpital mais ils peuvent protéger de postillons tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du masque. Ils utilisent pour la fabrication des masques un tissu en coton baptisé GOTS (Global Organic Textile Standard) avec lequel il fabriquaient jusque-là des articles hors de prix. Ils utilisent par jour pas moins de 25 000 mètres de ce tissu précieux.

Nos créateurs haïtiens, pour emboiter le pas, bien entendu, s’il est possible (connaissant la faiblesse de notre production en chaîne), devraient établir un partenariat avec l’Etat, les sous-traitants, pour fournir un grand nombre de masques à notre population qui a le plus grand mal à rester chez elle, comme c’est le cas dans la plupart des pays touchés par le Covid-19.



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