Quand Michael Brun apporte des couleurs au dernier album de J. Balvin

PUBLIÉ 2020-03-23
Dans un entretien accordé au Rolling Stones, une référence en matière de musique, en date du 20 mars, notre Michael Brun bleu et rouge parle de sa contribution conséquente sur l’album « Colores», le tout dernier de J Balvin avec qui il collabore depuis 2018. Pour le disc jockey haïtien, c’est un projet fou d’avoir composé le son de « Arcoiris», l’un des titres phares, tandis qu’il se retrouvait chez ses parents en Haïti.


Du fond de son appartement new-yorkais où il est confiné avec sa sœur, Michael Brun a accordé une entrevue au prestigieux magazine Rolling Stones. L’artiste, d’entrée de jeu, partage l’inquiétude que son collaborateur depuis 2008 peut ressentir en ce moment en ces mots en référence à l’actualité submergée par le Covid-19 : « Je sais combien c’est difficile pour lui, voyant toutes ces choses sombres arriver, le rendant du coup perplexe à l’idée de sortir son album ou pas. Je sais que cette oeuvre apportera de la joie aux gens puisqu’on était habités par le bonheur tandis qu’on le réalisait. »

L’album aura obligé à l’artiste résidant à New York de voyager à Miami et à Medelin en Colombie. En Floride, entouré de beaucoup de lyricistes, il aura composé « Gris » et « Azul ». En Colombie, c’est dans une maison de campagne que lui et ses collaborateurs ont peaufiné pas moins de 10 morceaux dont beaucoup ne figurent pas sur le présent projet. « On a une photo de nous qui jouons au football dans la cour. J Balvin s’en est moqué », témoigne-t-il. Il a présenté à l’artiste l’illustre Mr Eazi qui partage d’ailleurs le titre « Como un Bebe » figurant sur un précédent album de l'interprète de « Ginza ».

Quelque part dans l’entrevue Michael Brun rend hommage au reggaeton, un genre dans lequel il s’investit de plus en plus du fait de son contact avec Balvin. « Les éléments dans le reggaeton sont très clairs, et chaque son a sa fonction. Les textures ne sont pas aussi délicates comme celles des mélodies de nos jours. C’est d’ailleurs ce qui le rend si attractif même si on ne le comprend pas. Chaque mélodie que vous écoutez vous accroche », explique le compositeur.

Notre compatriote nous confie qu’à la genèse du projet, le chanteur colombien lui avait demandé de capturer une série d’émotions et d’en faire des  chansons. Ensuite, à la réécoute des premières bribes en conclave il a été demandé qu’on allie une couleur à chacune d’elle.  

Michael Brun est revenu sous demande de son interviewer sur l’histoire de sa rencontre avec le Colombien. Il rappelle que c’est par l’entremise de Marissa Gastelum qui travaille à Apple que cela a été rendu possible. Lors d’une rencontre sur sa musique avec le géant au logo en forme de pomme à laquelle participaient un éditeur indépendant et un éditeur de danse, il a formulé le vœu de rencontrer l’as du Reggaeton après qu’il eut joué « Bayo ». Les éditeurs lui ont dit que Marissa serait entichée de son morceau. Au téléphone, celle-ci a confié : « Je connais bien Balvin et je crois qu’il va adorer », après avoir écouté que 30 secondes de la chanson en créole. Ils ont échangé leur numéro et une semaine plus tard, Michael se voit confier la tâche de travailler sur « Positivo » qui deviendra un hymne de la Coupe du monde 2018.

Michael affirme avoir un niveau d’espagnol juste pour travailler dans cette langue. Il demande toujours à Balvin et à Sky si telle tournure est correcte ou pas dans la langue de Cervantès. Il lui arrive d’utiliser Google Translate ou l’application Duolingo.

« Arcoiris », un des titres prometteurs de l’album, qui signifie arc-en-ciel, est une adaptation de « Chan Chan » du groupe cubain Buena Vista Social Club qui est un classique. Le dis-jockey a travaillé dessus tandis qu’il se retrouvait en Haïti. « Je me retrouvais chez mes parents sur le canapé avec mon laptop sur mon torse, trimant sur les échantillons à des points différents. J'ai construit le morceau en une heure et demie environ », confie-t-il.

Michael Brun conclut l’entrevue avec un rapprochement entre Cuba et notre pays qui est, selon ses mots, un croisement entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Amérique latine. Pour lui, faire croiser Balvin et Mr Eazi sur une composition dont la version originale est cubaine pour une chanson multilinguiste, unissant toutes ces régions, était un projet bien fou.   



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