"Men sa lanmè di", un film militant sur l’étendue bleue

PUBLIÉ 2020-02-12


Le 4 mars 2020,  à 5 h p.m. au Karibe, Arnold Antonin dévoilera «  Men sa lanmè di », son dernier documentaire autour de la mer.  L’œuvre se veut, selon le cinéaste, un manifeste en faveur de cet élément de la nature dont la vie des hommes dépend, notamment nous autres qui vivons sur une île.

Avec « Men sa lanmè di », Arnold Antonin n’est point à son premier travail se rapportant à la nature. L’homme s’est intéressé à l’environnement urbain en 1991 dans son film « Pòtoprens, la 3e Guerre mondiale a eu lieu ». Il s’est ensuite tourné vers l’agriculture peu après. Six mois avant le séisme de janvier 2010, il organise un forum suivi d’une marche ayant pour thème « Mobilisons-nous contre un suicide collectif ; préparons-nous à l’éventualité d’un tremblement de terre ».

La mer l’attirait depuis longtemps, mais les moyens de traiter un sujet qui a gobé deux années de préparation n’étaient pas à sa portée. Finalement le réalisateur a trouvé le soutien d’Onu Environement et du ministère haïtien de l’Environnement.

"Men sa lanmè di" ou "Ainsi parla la mer" est comme un monologue écrit par Gary Victor, dit par Gessica Généus et chanté par BIC  avec des images. En gros l’élément personnifié raconte son histoire, parle de ses trésors mais aussi de ses déboires qui lui sont provoqués par l’homme, notamment l’Haïtien dans le contexte du film. « C’est une façon pour nous, explique Arnold Antonin, de mettre à nu les potentialités de la mer que l’on ne soupçonne point mais aussi nos méchancetés à son égard et aussi des propositions pour mieux appréhender nos rapports avec elle ». Le réalisateur dit avoir appris de cette expérience combien nous autres Haïtiens nous malmenons la mer qui nous pourvoit en nourriture pourtant. « C’est un documentaire carrément militant », pointe-t-il.

Le documentaire a entraîné l’équipe sur l’ensemble du littoral. A bateau, en auto, ils ont parcouru nos côtes qui vont de Fort-Liberté aux Pédernales en passant par le Golfe de la Gonâve, la Grand'Anse et la côte Sud. Grâce au Scuba diving, des prises ont été faites sous l’eau pour dénicher les coraux, les habitats des animaux… Toute la panoplie du monde sous-marin. Pour les prises dans le Sud ils sont partis pour 4 jours mais ils sont restés 15 jours coincés dans leur hôtel à cause des barricades posées sur les routes pendant la crise du peyi lòk.

Pour le cinéaste, Gessica a effecuté un gros travail en prêtant sa voix à la mer. « Il y a le métier d’actrice et celle de narratrice. Ce n’est pas tout à fait la même chose, mais faut dire que Gessica excelle dans les deux. Elle a parfaitement donné du relief au texte de Gary Victor », confie-t-il. BIC chante son rapport avec la mer dans un texte.

La grande première de "Men sa lanmè di" ,c’est donc ce 4 mars, à 5 h p.m., au Karibe. Les cartons d’invitation sont à retirer au Centre Pétion-Bolivar. Arnold Antonin nous souhaite nombreux à cette présentation et à toutes les autres qu’il compte organiser pour, selon lui, dialoguer avec la mer et surtout conjurer la peur bleue qu’on éprouve d'elle. « Lè nou fin wè fim sa a, n ap tou al aprann naje », assure-t-il.



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