"Melani", un projet pour l’avenir du cinéma haïtien

PUBLIÉ 2020-02-11


Pour les amants du cinéma, le rendez-vous de la Saint-Valentin est pour ce vendredi 14 février au Palais municipal de Delmas 33 à compter de 6 h p.m. pour découvrir le numéro zéro du feuilleton « Melani ». Ce rendez-vous avec le numéro zéro est un activité de collecte de fonds devant permettre à l’équipe de réaliser les 40 épisodes et d’explorer d’autres canaux de diffusion outre les salles obscures et les chaînes de télévision.

 John Fritz Moreau, alias Juno 7, est bien un twitto qui a connu la gloire à l’orée des années 10. Ce qu’on ignorait de lui c’est qu’il est un grand amateur de cinéma depuis l’enfance. Il a en mémoire qu’il a incarné avec brio, à la dernière année de son secondaire, l’Agneau tandis que son directeur a fait le Loup dans une adaptation sur les planches de la célèbre fable de Lafontaine. L’idée de produire des films le guette depuis ces années-là. Il participe au projet « Roland » de Moïse Khaméliaud dont il ne dit que de bonnes choses. « A notre rencontre, j’ai été projeté au plus près de mon rêve », témoigne-t-il. "Melani" va surgir dans sa tête tandis qu’il travaille avec des jeunes sur une publicité. «  Leur naturel, leur aisance pour jouer m’ont inspiré. Je me suis dit pourquoi pas un feuilleton « Made in Haiti » avec eux comme acteurs », raconte Juno.

Khaméliaud Moïse, outre ses grands rôles dans le cinéma, compte une filmographie conséquente. Il a plusieurs documentaires à son actif. Pour lui un feuilleton c’est juste un film plus long qu’un long-métrage. « Ce n’est pas tant le fait que c’est mon premier feuilleton qui me fascine, c’est plutôt l’idée. Rendre hommage à la culture haïtienne au travers d’une série correspond parfaitement à mes valeurs, voilà pourquoi j’ai embrassé cette aventure », raconte le scénariste du projet. Il aurait en peu de temps esquissé le squelette de l’œuvre.

"Melani", en peu de mots, est l’histoire de deux marginaux, le rôle éponyme et sa mère qui, à force de surmonter les difficultés, connaîtront le bonheur de cultiver leurs rêves. Le film explore entre autres le fait que la plupart des familles sont monoparentales, la résilience, la force de caractère. Rose-Guerline Ganthier, qui incarne le rôle de Kèkèt, la mère de Melani, était présente à la rencontre avec la presse. L’actrice est passée par plusieurs rôles dont Isabelle dans le feuilleton « Elle ». Rose-Guerline a travaillé sous la direction de Valéry Numa. « Quand on m’a proposé le rôle j’étais plutôt perplexe, car à cette date j’ai eu à incarner des jeunes femmes pas trop loin de ma vraie nature. Et là, hop je dois donner vie à une mère, une paysanne, une femme forte... C’était un challenge, croyez-moi », témoigne-t-elle.

L’activité prévue pour la Saint-Valentin c’est en effet une collecte de fonds. Les deux partenaires expliquent que l’idée c’est de trouver de l'argent pour parrainer la réalisation des 40 épisodes soit 10 pour les 4 saisons.  « A défaut de mécénat l’on mobilise les cinéphiles à nous supporter. On pourra ensuite essayer d’aller vers Netlfix ou autres structures pour être au diapason, comme c’est le cas pour le cinéma africain, brésilien ou indien », explique Juno. Au grand public il dit qu’en venant regarder "Melani" le 14 février il supporte l’équipe ; ceux qui feront le délacement sont les parrains et marraines d’un grand projet et surtout contribuent à la promotion de la culture nationale qui devra suppléer à la vague de novelas qui nous frappe depuis plusieurs décennies. L’entrée est à mille gourdes mais on peut donner le double ou 10 fois cette somme pour supporter « Melani ».



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