Tamara Suffren et son cadeau de Saint-Valentin

PUBLIÉ 2020-02-10
Contrairement à son concert de Noël aux accents  pop, Tamara Suffren s’est révélée ce samedi 8 février à son spectacle de Saint-Valentin une rookie de la soul comme on les aime. En un mot un bon cadeau de Saint-Valentin.


Tamara affiche ce soir-là une coiffure nappy qu’on prêterait plutôt à Miriam Makeba ou Winnie Mandela. Elle porte du saumon qui va à merveille avec toutes les personnes au teint d’ébène. Un look qui prédit déjà la qualité de ce qui devra suivre.

C’est la Saint-Valentin avant l’heure pour elle. Par conséquent, les titres romantiques qui proviennent de son répertoire ou d’ailleurs ont plu. Mais au demeurant, pour chaque morceau elle donne un traitement propre aux reines et rois de la soul.

Elle s’investit tellement dans le morceau signature de Yannick Etienne, à savoir "Mistè Damou", qu’on aurait pu croire qu’elle est dans une mauvaise passe avec l’homme de sa vie. La chanson déjà incantatoire devient comme la séquence qui fait pleurer d’un film d’amour.

On ne s’attendait point à ce qu’elle interprète « Mon mec à moi » de Patricia Kaas. On est surpris mais point déçu. A contrario, on a aimé sa façon de mener cette balade aux accents de cabaret. De « Pran menm » d’Emmeline Michel elle n’en fait pas un cover de Youtubeuse. Elle en fait une reprise tout à fait dans l’esprit soul de la soirée.

La chanteuse réussit le pari de faire du duo "Lè w manyen m" une chanson en solo. Après sa reprise épique, elle se laisse aller à des confidences dont : « G'on manyen yo ba w, ou santi pye w kite tè ». Des aveux très appréciés par les femmes dans l’assistance qui donnent aussi leurs avis.

Il n’y en a pas que pour celles et ceux dont le cœur a été transpercé par les flèches de Cupidon. La chanteuse est allée piocher dans d’autres registres, sur d’autres thèmes. Toujours est-il, avec le souci d’empêcher la performance d’avoir le dessus sur l’émotion comme c’était un peu le cas en début d’année au festival Konpa à Henfrasa. On admet tout de même qu’en cet espace-là, le but c’était de mettre le feu.

"Kenbe pa lage", son gospel roboratif pour les âmes en détresse, donne plus de chair de poule ce soir-là qu’à son concert du mois de décembre. "Ti Pouchon", en général interprété par les hommes, ne lui fait pas peur. Tamara termine la partie avec un medley où s’enchainent des morceaux old school du zouk qu’elle affectionne. L’on est sorti avec la question en tête : « En 2020 sera-t-elle que soul ou pas ? » L’avenir y répondra.  



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