Les oeuvres des 4 résidents “Par quatre chemins” 2019 ont été dévoilées

PUBLIÉ 2019-12-02
Ce dimanche 1er décembre 2019 au local de la DNL, Coutchève Lavoie Aupont, Foujita Capricien, Arnaud Dandoy et Phalonne Pierre Louis, les quatre résidents « Par quatre chemins » de 2019, ont présenté leur projet. Notre tour d’horizon sur les quatre réalisations.


« C’est au travers de mes allers-retours dans le Nord-Ouest que j’ai pris conscience de la grande difficulté qu’il y a pour bien des enfants du pays de se rendre à l’école chaque matin », explique Foujita Capricien qui a conçu un documentaire baptisé « Sou wout lekòl ». En plus de son observation, la réalisatrice, qui est mélomane, a aussi puisé son inspiration à l’écoute de la chanson "Sou wout lekòl" du chanteur engagé Kèb. Le documentaire nous entraîne dans le quotidien d’une fille qui ne marche pas moins de 5 kilomètres par jour pour se rendre à l’école. Foujita nous explique que la fille se doit d’escalader des montagnes, de traverser des rivières chaque jour pour finalement retrouver ses camarades dans la ville de Saint Louis. Elle souhaite au-delà du festival pouvoir diffuser son film dans des centres culturels pour interpeller l’opinion public sur la thématique.

Coutchève Lavoie Aupont, dans « Habiter », met à nu la réalité du quartier de Canaan. « En tant que natif du Plateau Central, mes yeux sont rivés sur ce quartier à force d’y transiter pour aller voir ma famille », affirme l’écrivain. Il précise que son œuvre n’est pas un documentaire proprement dit mais plutôt une œuvre expérimentale qui propose de poser un regard sur une réalité, de montrer l’irresponsabilité de l’Etat, de souligner aussi l’invivabilité de l’espace. Coutchève projette de faire voir le film à des connaisseurs et des gens ordinaires dans l’idée de recueillir leurs suggestions et conseils afin de parfaire sa jeune création qu’il estime encore inachevée.

"Retour à la Vilokan" est un travail de recherche de l’universitaire Arnaud Dandoy. L’homme qui est aussi prestidigitateur se désole de la sacralisation de la magie dans l’occident mue par les idées cartésiennes. « En Europe ou aux Etats-Unis, le magicien est invité pour épater, amuser la galerie. On lui demande parfois d’expliquer son procédé. Souvent on le perçoit comme un escroc alors que la magie est un héritage pluriséculaire », dit-il. Son ambition est de questionner les hougans et mambos sur leur pratique qui demeure encore quintessentielle afin de redorer le blason de la magie en Occident. La recherche, selon le magicien, devra déboucher également sur une création artistique pour laquelle il fait appel à des artistes qui pratiquent l’éthnodrame » qui est courant chez nous.

Phalonne Pierre Louis, qui travaille avec Sages-femmes pour Haïti, s’est intéressée aux soins post-nataux du vagin en Haïti. « J’ai décidé de me consacrer à cela quand j’ai appris qu’une femme a eu la cuisse brûlée au second degré à cause de ces pratiques qui restent encore archaïques et sont ancrées dans les traditions », dit-elle. Son projet baptisé à juste titre « Sere bouboun » est une exposition de photos accompagnée d’une bande sonore. Elle voudrait pouvoir le diffuser   dans les médias afin de sensibiliser la population  sur cette pratique et souhaiterait  que le Mspp se penche aussi sur la problématique  afin d'agir en conséquence.



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