Anyès Noël indigénisant "Pyschose"

PUBLIÉ 2019-11-29


Dans un placement contemporain, une sorte de boîte noire, l'actrice Anyès Noël nous livre une adaptation de "Psychose" de Sarah Kane. Le texte assez long ne nous permet pas de distinguer facilement les personnages qui le peuplent. Parfois on a l’impression qu'il s'agit d'une introspection qui est aérée à certains endroits par des dialogues. 

La pièce se joue la plupart du temps sous une lumière blafarde. La corde retenant les feuilles que l’artiste lit évoque étrangement une idée de suicide dans la tête du personnage principal qui est dépeint comme étant borderline. La voix déjà grave d'Anyès doublée d'une expression de grand désarroi sur le visage confère à la représentation un caractère assez lugubre. Elle a le corps embué d'argile qui semble suggérer la laideur de l’âme de celle qu'elle incarne. 

Revient de temps en temps l'heure 4 h 48... On dirait l'évocation d’une date fatidique. Dans la représentation d'Anyès, la psyché, l'antillanité (la quête de l'identité  antillaise) est remise en cause. Ce faisant, elle indigénise cette immersion de Sarah Kane dans les bafonds de la psychose.

On reproche à la représentation le trop grand nombre de pauses qui contribuent à la rendre plus longue qu'elle l’est. On félicite en revanche l'approche qui consiste à lier art de la scène, art visuel et placement contemporain. On félicite aussi l'actrice d'avoir gardé son aplomb au fil d'une prestation de si longue haleine. 

Sarah Kane est une dramaturge anglaise ayant vécu entre 1971 et 1999. Elle est l’auteure de cinq ouvrages dont "Psychose". Ce tout dernier, elle n'a pu voir aucune de ses adaptations puisqu'elle s'est donné la mort peu de temps après. L'auteure était connue pour avoir une écriture très poétique qui traduit à la fois un mal-être mais aussi son haut niveau intellectuel. 



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