Bernard-Marie Koltès au Festival Quatre Chemins

PUBLIÉ 2019-11-28


Sous les apparences d’un écrit érotique, "La nuit juste avant les forêts" de Bernard Marie Koltès est un texte très engagé qui dénonce les injustices sociales, l’homophobie et le racisme en France.

Vieux de 40 ans, ce texte traite des sujets sociaux qui s'avèrent être toujours d’actualité. Aujourd’hui encore les homosexuels se font tabasser dans les métros en France, et partout dans le monde le tableau n’est pas trop différent. Certes la situation a évolué un peu puisque maintenant il y a des bars homosexuels, des syndicats, et contrairement aux années précédentes ces derniers peuvent s’affirmer en tant que tels. Il reste cependant qu’en Haïti et même ailleurs que les LGBTQ sont souvent victimes d’homophobie et de stigmatisation.

Outre la problématique de l’homophobie constatée dans le texte, le racisme est aussi présent quand l'auteur parle de "rat", qui est un surnom péjoratif qui désignait les Arabes dans les années 1977, date à laquelle le texte a été publié. Même si ce terme n’est plus utilisé, les hostilités ou la discrimination envers les Noirs, les Asiatiques et les Arabes sont toujours de mise même dans des pays qui se disent pour le respect de la diversité des races. 

Il était 17 h, et le public s’impatientait déjà d’assister au spectacle. Les mordus de Bernard-Marie Koktès venus voir la mise en scène de ce texte qui a eu beaucoup de succès au niveau international ne pouvaient se plier aux consignes des bénévoles et membres du Festival qui les empêchaient d’envahir la cour de l’Institut français, transformée en espace scénique pour l’occasion. Jean-Erns Marie-Louise, qui a laissé sa ville natale depuis son enfance et qui est un comédien très apprécié à l’extérieur, a joué pour la première fois en Haïti. Sur place il y a deux jours, Jean-Erns a pu intégrer l’espace dans la conception de la mise en scène. S’adressant à la statue dressée dans la cour et qui a fait partie de la scène, Jean-Erns a été très à l’aise dans son rôle. Nous avons pu admirer la maîtrise et le talent du comédien. Mise en scène précise et calculée, il s’est bien approprié de l’espace. Jugée toutefois trop longue pour une sinologue, la représentation dans son ensemble a été applaudie par les spectateurs. 

Satisfaits de la troisième journée du Festival Quatre Chemins et ayant toujours soif d’ambiance, le public a été invité par Jean- Erns au Jaden Samba, lieu où se passent les afters dénommés Café Poésie avec Melissa Béralus, écrivaine et comédienne, qui anime l’activité.

Un espace ouvert à tous ceux qui ont envie de dire, de lire un texte ou même de chanter. En fin de compte la soirée, s’est terminée dans une ambiance festive qui n’en finissait pas. Jacques Adler Jean-Pierre, locataire de l’espace, se dit enchanté et impressionné par la soif et l’engouement du public qui veut passer à autre chose que les instabilités sociopolitiques installées au pays depuis quelque temps.



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