Le Kolektif 2 Dimansyon à l’assaut du festival de photographie ‘Les rencontres de Bamako’

PUBLIÉ 2019-09-05
Pour sa 12e édition, le festival de photographie « Les rencontres de Bamako », biennale africaine, compte pour la première fois de son histoire un collectif haïtien de photographie parmi ses exposants. Il s’agit du Kolektif 2 Dimansyon (K2D). C’est avec leur projet baptisé « Kazal » qui a séduit le jury de sélection de ce festival tenu tous les deux ans. Ce festival considéré comme le plus grand du Vieux Continent en matière de photographie se déroulera au Mali, plus particulièrement à Bamako, du 30 novembre 2019 au 31 janvier 2020.


KAZAL a été réalisé sur quatre années par six photographes (Edine Célestin, Mackenson St-Félix, Fabienne Douce, Réginald Louissaint Junior, Moïse Pierre et Georges Harry Rouzier). Tous membres du collectif, sous la houlette de Nicola Lo Calzo comme directeur artistique et Maude Malengrez dans la fonction de coordinatrice de projet. Il s’agit d’un documentaire photographique sur le massacre de Kazal perpétré il y a un demi-siècle. Son but, faire le rappel autour de ce drame occulté de l’histoire. Un travail qui a eu écho dans plusieurs médias étrangers, francophones surtout. Mais cette sélection afin que le collectif puisse participer au plus grand festival de photographie du continent africain survient après que le regroupement de photojournalistes a soumis sa candidature suite à l’appel lancé par les initiateurs de cet événement. Edine Célestin, membre de ce collectif, nous indique le projet KAZAL est parfaitement cadré au thème retenu pour le festival cette année : Courant de Conscience

Pour sa part, Réginald Louissaint Junior souligne que participer à un festival de ce genre donnera une visibilité internationale au travail effectué par le collectif mais surtout à la communauté de la photographie en Haïti, et par la même occasion elle ouvrira une fenêtre sur l’histoire haïtienne à la période dictatoriale au cours de laquelle a eu lieu ce massacre. « C’est aussi situer notre travail dans une dynamique de dialogue avec le spectateur. Ce sera aussi l’occasion pour des recruteurs d’avoir l’œil sur le travail colossal des photojournalistes du pays », continue-t-il.

Un avis que partage madame Célestin qui nous explique avec un zeste de fierté dans le regard que de nos jours les agences internationales ne sont plus tenues de déléguer des photographes en Haïti comme ce fut le cas il y a quinze ans ou peut-être moins. Maintenant, il y a déjà les ressources sur place. Elle précise aussi que participer à ce festival avec le documentaire sur la mémoire de ce massacre qui a 50 ans cette année n’est pas anodin. « Cela compte non seulement pour nous autres Haïtiens qui avons pratiquement oublié ce massacre, pour notre mémoire de peuple, mais cela permettra aussi d’attirer les regards sur ce pan de notre histoire », poursuit-elle en soulignant que le K2D a apporté ainsi une contribution à l’histoire sans l’avoir orchestrée en mettant sur pied ce projet.

Cette participation au festival « Les rencontres de Bamako » implique avant tout la participation de K2D avec les photos (près d’une quinzaine) du projet KAZAL à l’exposition de cette biennale qui se tiendra du 30 novembre 2019 au 31 janvier 2020. Cependant, le ou les représentants du collectif ne seront présents au Mali que pour la période d’ouverture du festival qui va 30 novembre au 3 décembre 2019. En plus, K2D aura la possibilité de faire la vente-signature du livre qui a découlé de recherches attrayantes au projet KAZAL. L'événement "Les rencontres de Bamako" reçoit près de 85 artistes individuels et une dizaine de collectifs de photographes à travers toute l’Afrique et sa diaspora et Haïti.

Orchestré présentement dans sa totalité par le ministère de la Culture du Mali, le festival "Les rencontres de Bamako" ne prend en charge qu’une seule personne pour assurer la représentation du collectif. C’est Edine Célestin qui est désignée par ses pairs pour y participer. Cependant, des démarches sont entreprises afin qu’un autre membre du collectif puisse aussi être du voyage. Tout en remerciant des partenaires comme la Fokal qui leur ont permis de concrétiser le travail, Edine et Réginald espèrent que le projet KAZAL rapportera un prix au pays vu que durant le festival, un jury évaluera les différents travaux exposés.

Le festival « Les rencontres de Bamako » représente donc une fenêtre d’opportunités pour exposer le travail des photojournalistes d'Haïti mais aussi une fenêtre de rencontres et de réseautage dans le monde du photojournalisme mondial.



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