Djanm : d’une campagne à un mouvement vital

PUBLIÉ 2019-05-08


C’est avec le lancement de la deuxième saison de « Djanm Enfo » que la campagne Djanm initiée par l’organisation Ohmass est reconduite pour un 3e round. La campagne, qui doit s’arrêter en 2020, est devenue un mouvement tout dédié à la planification familiale selon Christina Julmé, la responsable de communication de l’ancien PSI. Un mouvement vital pour notre société qui paie le prix fort des grossesses sans contrôle.

20 000 jeunes filles entre 15 et 24 ans, soit 10 000 par semestre, la campagne Djanm s’installe de plus en plus dans la société selon Christina Julmé. « La campagne, qui doit s’arrêter en 2020, est devenue un mouvement », souligne-t-elle.

La campagne est relancée le 3 mai avec la deuxième saison de « Djanm Enfo ». Tout au départ, c’était une rencontre en ligne entre les jeunes femmes et des médecins qui sont dédiés à la cause. Ensuite on a confié à Gaëlle Bien-Aimé la tâche de mettre en scène les réponses aux nombreux questionnements des jeunes. « Les capsules de la première saison ont eu un grand succès. Elles ont cumulé des milliers de vue et réactions. Puisque c’est un mouvement pour jeunes, il fallait proposer une façon distrayante sans s’éloigner pour autant de l’essentiel », avance Christina. Les capsules sont disponibles sur leur comptes Facebook et Instagram @Djanmhaïti.

Des mentors sont mis à la disposition des jeunes dans les zones pour les mobiliser, mettre en branle les cliniques mobiles dans les quartiers défavorisés. Un réseau de 26 cliniques dans le département de l’Ouest est opérationnel depuis quelque temps. Les médecins qui y travaillent ont été formés en ce sens. Chaque mois, un jeudi est consacré pour un review sur les méthodes. Des formations destinés aux travailleurs de la presse ont été dispensées récemment.

Comme il n’y a pas de rose sans épines, Djanm est confronté à bien des difficultés. « Ce n’est pas évident de faire changer de mentalité. Les jeunes sont encore accrochés à des méthodes anciennes qui ne sont pas sans effets secondaires. Ils sont encore attachés à l’idée d’une contraception subventionnée. Ohmass propose des méthodes de dernier cri qui supposent un certain investissement personnel », témoigne la responsable de communication. 

Autre difficulté majeure à laquelle le mouvement est confronté, c’est le poids des traditions. « Bien de nos mentors, ajoute-elle, sur le terrain, ont eu plus d’une fois à confronter la réticence de pasteurs protestants ou autres leaders religieux qui évoquent la fornication. Certaines écoles parfois n’adhèrent pas non plus à notre message. Toutefois, on réussit toujours à les ramener à la cause qui est de proposer aux jeunes femmes de bien planifier leur avenir », conte-t-elle.

Ohmass se félicite en revanche d’avoir enclenché dans l’opinion public le débat sur les sujets liés à la contraception. L’organisation se targue aussi d’avoir convaincu des partenaires comme Disprophar dans la mise à la disposition des jeunes des méthodes de contraception très récentes.

À l’occasion de ce troisième épisode, Christina souhaite que les jeunes femmes se rappellent qu’enfanter est un choix et que la contraception est une façon de se préparer à l’assumer. Elle voudrait aussi qu’elles sachent que s’informer sur la reproduction est capital pour leur vie. Par ailleurs, la responsable invite la société dans son ensemble à s’associer à cette mobilisation qui est vitale dans une société où les grossesses sans contrôle ont leur lot d’effets pervers.



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