Le meilleur de l’Unifa en une cérémonie de graduation

PUBLIÉ 2019-04-01
Un discours anthologique, un bouquet des plus beaux chants du monde, un protocole de palace… Tous les éléments témoignant du prestige de l’université de la Fondation Dr Aristide se retrouvaient dans la cérémonie de graduation qui s’est tenue dans son QG le dimanche 31 mars 2019. Récit d’une cérémonie inspirante.


Même le plus intrigant des Vikings ne resterait pas de marbre à l’écoute de la chorale de l’Unifa accompagnée de l’Orchestre Philharmonique Sainte-Trinité interprétant le chant « Belle Haïti ». Les paroles, une poésie aux mille délices portée par de belles voix, s’harmonisent parfaitement avec la mélodie au ton lyrique faisant épancher le cœur de l’assistance. Ce n’est ici qu’un détail de la qualité de la cérémonie ou 214 étudiants des facultés de médecine et des sciences de la santé(FMSS), des sciences infirmières (FSI), de l’école de physiothérapie (EPHY) et de la faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP). Le canon de Pachelbel et la marche de Radetzsky ont aussi ému l’auditoire.

L’autre grand moment de la cérémonie demeure le discours du président de l’Unifa, Dr Jean-Bertrand Aristide. L’homme, qui s’est montré très taciturne ces dernières années, a prouvé le temps de son allocution que son talent d’orateur n’a pas pris une ride.

Certains passages évoquent un exposé magistral dans les grands amphithéâtres : « Si la dopamine est l’hormone du plaisir et la sérotonine, l’hormone du bonheur, la gratitude nous conduit au bonheur avec plaisir » ; ou encore : « La relation alma mater et récipiendaire reflète la corrélation existant entre l’ADN et l’ARN. »

Par ailleurs, grâce à une exploration de l’histoire de l’évolution de notre espèce, l’homme qui a célébré le bicentenaire de notre Indépendance a introduit sa plaidoirie contre la colonisation mentale : « On comprend bien que le refoulement de son origine ethnique génère parfois des pathologies liées à la crise d’identité, complexe d’infériorité ou de supériorité. » Un idée sur laquelle il élabore largement dans son ouvrage « Décolonisation mentale » qui inspire une émission à Radio Timoun.

Mais la partie du discours dont tout le monde se souviendra est bien-entendu celle où il fait un clin d’œil à l’actualité et notamment au mouvement PetroCaribe. « Quant à nous, 12 millions de victimes du crime PetroCaribe, nous exigeons que justice nous soit rendue. Veux, veux pas, nous voulons ! Il le faut. Sinon, guidés par les rayons lumineux de Petwokonsyans, nous ne cesserons jamais de demander : Kot kòb Petrokaribe a ? Bientôt, ce sera : Kòt kòd Petrokaribe a ? E fòk gen ni kòb, ni kòd. ». Des paroles qui ont soulevé un tonnerre d’applaudissements.

Une autre partie de la cérémonie dont l’observateur moyen pourra se rappeler longtemps encore, c’est bien entendu celle où le président et son épouse ont décoré plusieurs personnalités dont le Père Eric Jasmin, provincial des pères de Sainte-Croix et président de la Conférence haïtienne des religieux, mais aussi des lauréats des diverses facultés. Ce sont, à l’exception de DJyno Cedmé de la FMSS, toutes des filles. Elles répondent au nom de : Sophia Jean Baptiste et Belenda Max Mirly Louis du FMSS ; Wousemaille Pierre du FSI ; Eunice Ernza Francesca Mompoint de EPHY ; et finalement Anne Eléonore Prinston de FSJP. Une illustration parfaite de la question de l’égalité des chances au sein de l’Unifa assez inspirante.

La cérémonie animée par la voix remarquable de Smoye Noisy a été bouclée avec une interprétation tout aussi agréable que celle des autres chants du traditionnel « Yon bon ti peyi » des petits chanteurs sur la mélodie de l’OPST.



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