Haïti – Cuba : les Grenadiers sous la menace de la Concacaf

PUBLIÉ 2019-03-12
Avant la rencontre entre les Grenadiers et l’équipe nationale cubaine dans le cadre de la dernière journée du tournoi de classement de la Ligue des Nations de la Concacaf prévue pour le dimanche 24 mars (6 h pm) au stade Sylvio Cator, « les préparatifs vont bon train bien qu’Haïti soit sous la menace de la Concacaf ». Ce sont les propos tenus par les autorités de la Fédération haïtienne de football lors d’une conférence de presse conjointe donnée le lundi 11 mars au Marriott Hotel, de concert avec le commissaire de Police de Port-au-Prince et le maire de la capitale.


Le choc au sommet de la dernière journée du tournoi de classement de la Ligue des nations de la Concacaf se tiendra, malgré vents et marrées, au stade Sylvio Cator, le dimanche 24 mars à 6 h du soir et mettra aux prises l’équipe nationale d’Haïti à celle de Cuba, ex-æquo au ranking de la compétition. Avant ce duel, les deux pays comptent chacun 9 points pour avoir gagné leurs matches disputés. Si les Cubains, qui restaient sur une défaite (1-2, en 2014) face aux Haïtiens, ne font que multiplier les tests matches, les Grenadiers ont affiché leur méfiance en considérant la situation sociopolitique du pays et les pressions exercées par la Concacaf sur les autorités du football haïtien.

« Vous savez que c’est un match extrêmement important pour Haïti, au même titre que Cuba. Devant les deux officiels de la Concacaf, je me suis engagé à m’occuper du bon déroulement de cette rencontre. Il est plus qu’impératif qu’Haïti soit présent dans la cour des grands. En ce sens, je peux vous affirmer que les préparatifs vont bon train. On va assurer la sécurité de tout le monde, les abords du stade seront stérilisés et assainis. Que vous soyez proches du pouvoir ou de l’opposition, nous sommes tous des Haïtiens, et le match du 24 mars concerne tous les fils du terroir. Donnons une chance à notre pays », a lâché Ralph Youri Chévry, maire de Port-au-Prince.

La Police nationale n’est pas en reste. Présent aussi lors de cette conférence de presse, le commissaire de police de la capitale a, dans ses propos, engagé l’instance policière de la république. « À 24 heures de la rencontre Haïti - Cuba, la police nationale d’Haïti sera sur le pied de guerre pour répondre aux exigences des émissaires de la Concacaf. Au fait, de concert avec la FHF, nous allons escorter, et ce depuis l’aéroport, la délégation cubaine et celle d’Haïti jusqu’à leur hôtel respectif. Ce sera le même cas de figure pour ce qui est des séances d’entraînement des deux équipes. Le jour du match, tout le commandement de la Police nationale, y compris le maintien d’ordre, établira son camp de base au stade. Il incombe aux citoyens de se soumettre aux ordres des autorités », a déclaré Jean René Casséus.

Pour Beauvoir Étienne, président de la commission des évènements spéciaux de la FHF, tout est presque sous contrôle avant de fixer le prix des billets donnant accès à ce duel très attendu par le public haïtien.

« Je demande au public de respecter les consignes de la rencontre. Des travaux ont été déjà entrepris dans les toilettes et des vestiaires du stade. Pour avoir accès aux gradins et à la tribune, les gens qui feront le déplacement auront à payer respectivement 250 et 2 500 gourdes. Des décisions ont été prises pour que les barrières du stade soient ouvertes à 1 h de l’après-midi. Les billets de la rencontre seront disponibles à partir du jeudi 21 mars aux endroits suivants : stade Sylvio Cator, Radio Galaxie (Delmas 31), Harmony Tours (autoroute de Delmas), Presse Café (Pétion-Ville) et My Sports Bar (Bois-Verna). Vu l’enjeu de la rencontre, il serait nécessaire d’observer une trêve », a lâché Étienne Beauvoir, faisant allusion aux éventuelles manifestations de l’opposition politique du pays.

Après avoir fait le point sur l’importance de la Ligue des Nations de la Concacaf, unique compétition majeure de la Concacaf sur un cycle quadriennal, Yves Jean-Bart, qui ne sait à quel saint se vouer pour que le match Haïti – Cuba se dispute sans aucun incident, exhorte le public haïtien en ces termes :

« Aucune manifestation à caractère religieux, politique ou culturel n’est permise le jour du match. Après avoir envoyé une correspondance à la fédération, la Concacaf a dépêché deux émissaires en Haïti afin qu’elle ait la garantie qu’Haïti peut accueillir cette rencontre. Nous devons signer un document certifiant que nous pouvons jouer ce match au stade Sylvio Cator. En cas d’incident, nous allons perdre le match (3-0) sur tapis vert et nous courrons le risque de nous faire expulser de la compétition. Ce serait une perte énorme pour notre football qui se trouve à deux doigts de faire son entrée dans le concert des nations », a souligné le directeur du football tout en rappelant que les équipes nationales des USA et du Mexique n’avaient pas foulé le sol haïtien depuis des lustres.

Très préoccupé par ce match, Yves Jean-Bart, qui semble se trouver entre l’enclume et le marteau, a fait savoir : « Toute éventuelle élimination d’Haïti à cette compétition est synonyme de son exclusion pour les prochaines éliminatoires de la Coupe du monde, Qatar 2022 et la prochaine Gold Cup qui aura lieu en 2019. »

Il est à rappeler qu’entre 2001 et 2008, Haïti, en raison des troubles politiques, avait disputé les éliminatoires de la Coupe du monde 2006 à Miami et cela avait été le même combat pour les équipes nationales juvéniles. Il ne reste qu’à souhaiter que la rencontre cruciale entre Haïti et Cuba, comptant pour le tournoi de classement de la Ligue des Nations de la Concacaf, prévue pour le dimanche 24 mars, soit disputée en toute quiétude d’esprit.



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