Retour sur le « master class » de Kettly Noël à Ayikodans

PUBLIÉ 2017-11-06
La danseuse Kettly Noël, qui évolue entre la France et le Mali, a animé un master class à Ayikodans, le 4 novembre. Il était question, selon ses mots, de « recherche par rapport à l’autre ». Cet atelier constitue en fait un avant-goût d’un laboratoire de recherche qu’elle compte initier, de concert avec la compagnie de Jeanguy Saintus en avril 2018, dans l’optique de brasser plusieurs disciplines dans une démarche contemporaine.


Durant deux heures, ce samedi 4 novembre, les danseurs d’Ayikodans ont suivi un atelier animé par Kettly Noël. « Ce n’est pas un atelier de danse, précise-t-elle. L’objectif est de prioriser une recherche à deux, de questionner ce genre de rapport qu’on peut établir avec l’autre dans l’optique de réinventer son espace. » Ainsi, durant ce master class, on a vu les danseurs évoluer en binôme autour d’un cercle imaginaire qu’a délimité Kettly. Il leur était demandé, par exemple, d’effectuer des mouvements comme le contrepoids.

Cet atelier traduit tout à fait la vision de Kettly de la danse contemporaine : « À mon avis, dit-elle, il convient de casser à deux les codes, les traditions pour réinventer la façon de danser. Il faut se demander ce que le corps a à dire au lieu de se figer à suivre des règles établies. » Le chorégraphe Jeanguy Saintus, présent aussi dans la salle, situe cet atelier dans la lignée de ce qu’il propose à Ayikodans. Il a maintes fois fait l’éloge d’une quête d’originalité dans le travail d’un danseur, surtout s’il évolue à l’étranger.

La danseuse se présente comme étant une ancienne de chez Viviane Gauthier, de chez Patrick Lacroix. Elle a témoigné sa reconnaissance envers Jeanguy Saintus qui lui a ouvert les portes des scènes internationales, avant qu’elle ait pu voler de ses propres ailes vers sa quête personnelle.

Par ailleurs, cet atelier a aussi été réalisé dans l’optique de faire la connaissance des danseurs de Ayikodans avec qui elle compte initier, en avril 2018, un laboratoire de recherche. Dans ce projet, il sera question, selon ses mots, de brasser plusieurs disciplines dont la danse, les arts plastiques, la photographie, dans un espace de créativité. « On va questionner l’art contemporain par rapport à ce que nous sommes en tant que pays vulnérable, par rapport à notre société, par rapport au monde », promet-elle.

En marge de l’atelier, Jeanguy a expliqué qu’il a accueilli volontiers ce master class parce qu’il fallait que les danseurs qui le côtoient au quotidien soient imbus de ce qu’il fait depuis 30 ans, tant au pays qu’à l’étranger. « Étant trop jeunes, ils ne sont pas censés savoir ce que je fais. Il faut que ce soit leurs parents ou quelqu’un comme Kettly qui le leur disent. En plus, j’ai arrêté depuis longtemps de faire les spectacles dans les conditions qui existent en Haïti. Il est important pour moi de les maintenir en contact avec la façon de faire à l’international, en leur amenant des gens, qui comme elle, évoluent dans ces sphères-là », explique-t-il.

Séphora Germain, l’une des participantes, qui compte une dizaine d’années au sein d’Ayikodans, juge l’expérience assez enrichissante. « En plus des mouvements, je me suis imprégnée aussi du vocabulaire à l’écoute de Kettly. Cela constitue tout à un fait une plus-value pour mon bagage personnel », affirme-t-elle. Johnnoiry Saint-Philippe, qui compte 13 années d’expérience, explique de son côté que se frotter en permanence à des nouveautés est capital pour progresser. « Cet atelier, conclut-il, consolide mes acquis de chorégraphe. »



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