Célébration des deux cents ans de la fondation de l’Institut de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur

L’aventure du père André Coindre, vicaire général de l’archidiocèse de Lyon, est un cœur à cœur avec le Christ qui élargit le cœur de l’homme dans la dimension totale d’une Église engagée dans l'éducation de la jeunesse à travers trente-trois pays du monde. À l’audiorium du collège Canado-Haïtien, à l’occasion du bicentenaire de la fondation de la Congrégation des Frères du Sacré-Cœur instituée par le père Coindre, une messe d’actions de grâce suivie d’animation culturelle a ensoleillé ce dimanche.

Publié le 2021-10-05 | lenouvelliste.com

« 1821 – 2021 cela fait un jubilé bicentenaire de fondation », a déclaré solennellement dans la chapelle du Collège Canado-Haïtien, Monseigneur Pierre André Dumas, l’évêque des Nippes, à une cérémonie eucharistique pour célébrer les deux cents ans de la fondation de l’institut de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur. « C’est un temps de jubilé. Le vicaire général de l’archidiocèse de Lyon, le père André Coindre avait eu cette intuition le 30 septembre 1921 en France où s'est lancé dans cette belle aventure. Il a eu l’intuition d’évangéliser en éduquant. Ainsi a vu le jour, il y a deux siècles, cette vénérable et noble congrégation religieuse d’abord composée de frères catholiques laïcs, des religieux consacrés tournés vers l’éducation de la jeunesse », s'est réjoui l’évêque des Nippes.

Pour l’instruction et l’éducation des jeunes Haïtiens

Le père Coindre, ce religieux qui s'est dépensé jusqu'à l'épuisement pour le service de l'Église, a créé une oeuvre qui a fait son chemin à travers le temps. En effet, Mgr Dumas dit rapporter, pour l'histoire, que  « les Frères du Sacré-Coeur sont arrivés en Haïti en 1943 pour se consacrer à l’instruction et à l’éducation des jeunes Haïtiens. Depuis, ils se sont lancés dans l’éducation et dans la formation de la jeunesse haïtienne après avoir constaté les immenses lacunes éducatives et dans le système haïtien particulièrement au niveau de l’éducation du coeur. Ils ont commencé à proposer un nouveau modèle éducatif pour former des générations de jeunes. Ils  leur ont offert en partage une éducation du coeur de qualité qui responsabilise et engage ».

Dans cette célébration eucharistique, Mgr Dumas a souligné à grands traits la philosophie du père Coindre. Il a insisté sur la générosité du coeur de cet éveilleur de conscience pour porter les frères du Sacré-Coeur à poursuivre cette belle oeuvre éducative dont la mission consiste à transformer le coeur des jeunes Haïtiens.

Dans le sillage du discours de Mgr Dumas prônant une éducation de coeur allant au coeur des difficultés, des défis et des interrogations de notre pays, le supérieur provincial de la Congrégation des frères du Sacré-Coeur en Haïti, le  frère Augustin Nelson, a structuré sa parole sur le fond de la crise qui menace la société haïtienne : « La célébration des 200 ans de fondation de l’Institut est une occasion de revisiter notre histoire pour mieux nous en imprégner et surtout nous tourner vers l’avenir dans l’espérance. Au sein de la province d’Haïti, nous sommes appelés à semer l’espérance au coeur d’une profonde crise sociopolitique caractérisée par la guerre des gangs armés, la montée en puissance des actes de kidnapping, la dégradation croissante de notre environment, le séisme dévastateur qui a frappé la pénisule sud d’Haiti et enfin la progression préoccupante de la misère et de la pauvreté. »

À la lumière des faits, des observations dans la trame du quotidien, le frère Augustin, rend audible son discours : « En tant que religieux-éducateur, ce contexte nous oblige à faire une relecture de nos réalités délicates et transformatrices. Puisque ce qui compte, c’est la vie de Dieu en nous et non les hauts et les bas de nos émotions, de notre santé et de nos fragilités. »

La grâce du Saint-Esprit pour cette famille religieuse 

Le père Coindre s’est laissé guider par l'Esprit. Né le 26 février 1787 à Lyon, il est mort à Blois le 30 mai 1826 au service de l’Église. Les institutions essaimées en Haïti suivent le même mouvement d’ensemble de ce leader charismatique. En ce dimanche, dans la chapelle marquée par la présence de l’ambassadeur de Taïwan à Port-au-Prince, Wen-Jiann Ku, les anciens ministres, Pierre Josué Agénor Cadet, Jimmy Albert, Me Aviol Fleurant, des religieux tels le reverend père Jean-Paul Mésidor, soeur Nadige Jean-Charles, le frère Augustin déclare avec fierté : « Sans l’imagination prophétique d’André Coindre, notre Institut n’aurait pas vu le jour. Son audace montre clairement que l’imagination prophétique va à l’encontre du statu quo et d’intérêt personnel. »

Le directeur du collège Canado-Haïtien, le frère Junior Pierre, a réclamé « la grâce du Saint-Esprit pour cette famille religieuse doublement séculaire qui s’évertue, sous l’inspiration originelle du bon père André Coindre et dans le sillage des valeureux devanciers, à offrir une chance d’émancipation aux enfants et aux jeunes du monde entier à travers l’évangélisation par l’éducation, pour le parachèvement de l’Ametur cor Jesu ».

La journée s’est poursuivie avec Sibelius quartet et T-Sax dans la bonne humeur d’une animation culturelle. Les standards classiques des répertoires  haïtiens et européens ont fait les délices des mélomanes. Violons, piano, saxophones et voix se sont mariés pour offrir un bouquet d’harmonie à l’occasion des deux cents ans de la fondation de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur.



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