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Le gouvernement mise sur les 264 millions de dollars issus des DTS et de la CCRIF

Publié le 2021-08-30 | lenouvelliste.com

Haïti a reçu près de 40 millions de dollars américains, à titre d’indemnité, suite à la souscription à la police d’assurance CCRIF (Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility) et une réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) par le Fonds monétaire international (FMI) de l’ordre de 224 millions de dollars. Au cours d’une conférence de presse donnée ce lundi 30 août, au centre de convention et de documentation Antonio André, le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, et le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH) ont fait le point sur ces deux montants et des réponses du ministère de l’Economie et des Finances et de la BRH au séisme du 14 août.

« Depuis 2007, Haïti adhère à la police d’assurance CCRIF et paie régulièrement sa prime d’assurance. Cette compagnie, mise en place dans la Caraïbe, a déjà versé à cinq reprises des indemnités à Haïti. En 2010, après le tremblement de terre, Haïti avait reçu 7 millions de dollars. Après le passage de l’ouragan Matthew en 2016, la compagnie a versé 23,4 millions de dollars en termes d'indemnités. Suite aux inondations causées par le cyclone Laura en août 2020, le pays a bénéficié de 7,2 millions de dollars. Il y avait une indemnité accordée à Haïti à la suite de fortes pluviométries. Il y a enfin cette indemnité de 39,9 millions de dollars versée au pays après le séisme du 14 août 2021 », a indiqué le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, précisant qu’il ne s’agit pas d’un don.  

Avant la période 2017-2018, la prime d’assurance payée par Haïti, a révélé le ministre Michel Patrick Boisvert, se chiffrait à 3,5 millions de dollars chaque année. Compte tenu de la forte exposition du pays aux catastrophes naturelles, le gouvernement a augmenté la prime d’assurance autour de 6,9 millions de dollars chaque année, d’après le grand argentier de la République.  

 En ce qui a trait aux droits de tirage spéciaux (DTS), Michel Patrick Boisvert a souligné que le pays a bénéficié d’une enveloppe de 224 millions de dollars américains pour permettre aux Etats membres du FMI de faire face à la crise sanitaire. « Cette décision a été prise bien avant le tremblement de terre. Toutefois, cette allocation a été approuvée, le 23 août 2021, par le conseil des gouverneurs du FMI », a déclaré Michel Patrick Boisvert, soulignant que les équipes de la banque centrale et du ministère de l’Economie et des Finances sont en train de travailler sur les modalités de rétrocession de cette enveloppe au Trésor public.     

Pour sa part, le gouverneur Jean Baden Dubois a fait savoir que le montant de 224 millions de dollars accordé dans le cadre de l’allocation des droits de tirage spéciaux (DTS) constitue un apport à l’augmentation des réserves de change de la banque centrale. « Haïti a bénéficié d'un montant de 156,9 millions de DTS. La conversion de ce montant donne 224 millions de dollars américains », a affirmé le gouverneur. C’est la plus grande allocation faite à Haïti par le FMI. Cette allocation, qui était destinée à la lutte contre la pandémie de Covid-19 va être utilisée dans le cadre de l’urgence provoquée par le tremblement de terre.   

Les décisions prises par la BRH après le tremblement de terre du 14 août 2021

La BRH a récemment autorisé les banques commerciales et les sociétés de crédit-bail à accorder un moratoire pour une période de six mois sur les prêts au profit des entreprises et des particuliers qui le souhaitent. À la suite du tremblement de terre du 14 août qui a ravagé le Sud, la Grand’Anse et les Nippes, la BRH a décidé d’autoriser toutes les institutions financières (banques, caisses populaires, les institutions de microfinance) dans les zones affectées par le séisme.

En accord avec le gouvernement, la BRH est en train de mettre en place un programme de recapitalisation pour les institutions de microfinance des zones affectées. « Ce fonds de recapitalisation pour les institutions de microfinance (coopératives et non-coopératives) va permettre aux institutions bénéficiaires d’effectuer des dépenses d’aménagement ou de reconstruction des immeubles affectés par le tremblement de terre, des dépenses d’infrastructures technologiques. Il va permettre également à ces institutions d’avoir des liquidités disponibles », a annoncé Jean Baden Dubois, soulignant que la taille du fonds est à déterminer suivant l'évaluation des dégâts.     

La mise en place d’un autre fonds de recapitalisation au profit des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) a été annoncée par le gouverneur. « Il est difficile de demander à une entreprise d’accorder des prêts à nouveau lorsqu’elle est décapitalisée. Ce fonds de recapitalisation va permettre aux MPME d’avoir une reprise rapide. Il va permettre pendant un certain temps que l’entreprise dispose de ressources et de liquidités pour remonter la pente », a rassuré M. Baden. Ce fonds, dit le gouverneur, est ouvert aux banques, aux institutions de microfinance, aux sociétés de financement et de développement, aux caisses populaires et aux sociétés de crédit-bail dans les zones affectées.

Un fonds de reconstruction sera aussi mis en place, selon le gouverneur, pour financer la reconstruction dans les départements touchés par le séisme. « Ce fonds devrait permettre aux personnes dans les zones affectées de bénéficier d’un refinancement à un meilleur coût pour reconstruire leur maison détruite dans le tremblement de terre », a soutenu Jean Baden Dubois, précisant que l’institution financière a pour mission de surveiller à ce que les constructions répondent aux normes sismiques et cycloniques.

Pour l’instant, aucun montant n’est encore avancé par la BRH concernant ces différents fonds qu’elle envisage de mettre en place. Quant au fonds de soutien pour les caisses populaires déjà mises en place avec un cachet de 100 millions de gourdes, il dispose actuellement de 140 millions de gourdes. Ce fonds de soutien va permettre aux coopératives de mener des projets dans leurs zones affectées par le séisme lesquelles seront prioritaires. Par ailleurs, la BRH a annoncé qu’elle va publier une circulaire sur le risque pour exiger les institutions financières (banques, coopératives, bureaux de transfert, microcrédit, etc.) d’offrir leurs services dans des bâtiments qui répondent aux normes sismiques et cycloniques. Le fonds de reconstruction devrait aider à financer les travaux de reconstruction des bâtiments logeant les institutions financières selon les normes dans tout le pays.           



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