Conflit armé à Martissant, SOS des associations paysannes du Sud

En marge de la tenue de la conférence-débat sur les impacts économiques et le rôle de la recherche dans la prévention de la peste porcine africaine et la gestion des animaux malades, organisée conjointement par l’organisation Promotion pour le développement (Promodev) et l’université Quisqueya le 11 août 2021, le recteur de cette université, Jacky Lumarque, a attiré l’attention des décideurs sur la situation qui sévit à Martissant et en a profité pour faire les revendications d’une quarantaine d’associations paysannes du Sud qui attendent les interventions des autorités de l’État.

Publié le 2021-08-13 | lenouvelliste.com

Depuis plus de trois mois, c’est la guerre des gangs à Martissant pour le contrôle de territoire. Cette situation coupe le pays en deux. Martissant constitue désormais une frontière entre une partie du département de l’Ouest, les quatre départements du grand Sud et le reste du pays. C’est l'expression parfaite de l’inexistence de l’État. Ces bandits volent, violent, kidnappent et tuent sans aucune crainte. Les producteurs du grand Sud ont du mal à atteindre les plus grands centres commerciaux du pays.

C’est dans cette optique qu’ils demandent au gouvernement d’agir au plus vite afin de rétablir l’ordre dans cette partie du pays. Le recteur de l’université Quisqueya fait état des préoccupations d’une quarantaine d’associations paysannes qui devaient participer à la conférence-débat susmentionnée qui n’ont pas pu atteindre la capitale haïtienne. Ces derniers lancent ainsi un SOS aux dirigeants afin qu'elles résolvent le problème de Martissant.

Selon M. Lumarque, qui jouait le rôle de porte-parole de ces « sans-voix », cette situation provoque un manque à gagner pour la classe paysanne qui est déjà en proie à des difficultés de toutes sortes. «  En temps normal, la perte post-récole est estimée à environ 40%. En coupant une partie de l’Ouest et les quatre départements du grand  Sud, la situation ne peut que s’aggraver pour cette tranche de la population dont la grande partie n’a toujours pas accès au crédit ni à la subvention de l’État.

 L’on annonce une forte mobilisation dans le Sud du pays afin de contraindre l’État à agir. Mêmes des gangs commencent à s'essouffler, à perdre patience, exigeant ainsi une intervention de la police et de l’armée. Jacky Lumarque souhaite que tout le monde, à un niveau ou à autre, apporte sa pierre à la résolution de ce conflit armé qui dure déjà trop. Il enjoint le Premier ministre, le Dr Ariel Henry, à montrer qu’il y a quelqu’un à la tête de l’État. Aussi enjoint-il le CoreGroup et l’Organisation des Nations unies à manifester leur présence dans ce climat d’insécurité qui ne cesse d'empirer dans le pays. Dans le cas contraire, soutient le recteur, qu’ils tirent leur révérence.



Réagir à cet article