note sur la politique monétaire

Dépréciation de la gourde : la BRH voulait limiter les dégâts

Publié le 2021-08-05 | lenouvelliste.com

Devant l’impossibilité de stopper la décote de la gourde, la Banque de la République d’Haïti (BRH) révèle, dans sa note sur la politique monétaire pour le troisième trimestre de l’exercice fiscal publié récemment, avoir orienté ses décisions de politique monétaire dans l’objectif de limiter le rythme de dépréciation de la monnaie nationale et ses impacts sur l’inflation. Au cours de ce trimestre, le taux de change de référence, calculé par la BRH sur la base des transactions d’achat et de vente du dollar opérées la veille sur le marché des changes, est passé de 79,87 gourdes (1er avril 2021) à 91.06 gourdes pour un dollar américain (30 juin 2021). Durant ce trimestre, la gourde a perdu environ 12 points.

D’après la note sur la politique monétaire, les taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en dollars sont restés inchangés, s’inscrivant respectivement à 40 % et 51 % pour les banques commerciales et 28,5 % et 39,5 % pour les banques d’épargne et de logement. C’est aussi les mêmes taux d’intérêt qui s’appliquent aux bons BRH, soit 4 %, 6 % et 10 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement. Le taux de mise en pension de ces titres reste inchangé autour de 17% et l’encours des bons ne cesse d’évoluer à la baisse, passant de 1,1 milliard de gourdes à 27 millions de gourdes. « Cette baisse de l’encours des bons vise à faciliter la souscription des institutions financières aux billets de trésorerie et le développement du marché de titres publics », lit-on dans la note.

Au cours de ce trimestre, la BRH fait quelque chose et son contraire. Elle a inversé 104,3 millions de dollars américains sur le marché des changes. Grâce à ce montant, elle a pu stériliser plus de 9 milliards de gourdes de liquidités. Ces interventions entraînent des conséquences sur le niveau de réserves internationales qui doit être en adéquation avec les besoins de la balance des paiements. La BRH a procédé à l’achat de 50 millions de dollars. Au cours du trimestre précédent, la banque centrale avait acheté 73,7 millions de dollars américains. Malgré une augmentation considérable des transferts privés sans contrepartie de plus de 40% pendant le trimestre avril-juin, la balance des paiements reste, semble-t-il, déficitaire. Les transferts sont chiffrés à 2,09 milliards de dollars américains. Jusqu’au mois d’avril, les importations ont augmenté de 21,60% contre 8,16% pour les exportations.      

« Ce sont les émissions d’obligations BRH qui ont permis de limiter la progression de la demande de dollars aux fins de précaution, l’encours de ces titres ayant augmenté de 592 millions de gourdes sur le trimestre pour se chiffrer à 4, 4 milliards de gourdes au 30 juin 2021 », soutient la banque centrale.   

Avec la mise en application des circulaires 118 et 119 respectivement en mai et juin 2021, la BRH affirme avoir renforcé le cadre réglementaire des opérations du marché des changes. « La première, qui s’adresse aux banques et aux maisons de transferts, fixe les normes en matière de soumission des rapports relatifs aux opérations de transferts internationaux et de change. Une telle mesure devrait garantir la disponibilité et la fiabilité des informations dans le but d’assurer un suivi efficace des mesures prises par les autorités monétaires et de mieux calibrer les prochaines décisions. À travers la seconde, la BRH étend certaines mesures administratives, notamment celles exigeant une position cambiste nulle aux intermédiaires de change autres que les banques en vue d’harmoniser les règles et les conditions de concurrence entre les différents acteurs du marché », lit-on dans la note.



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