Sommet international de la finance

Trois des gagnants du concours Concept d’affaires présentés à la 11e édition du sommet

Publié le 2021-04-14 | lenouvelliste.com

Duckens Bonely, Youseline Vital et Maxime Pierre, respectivement responsables de Weduma Agrobusiness, Payèt Design et Ayiti Grind sont trois des 12 gagnants du concours Concept d’affaires qui ont été présentés, lors de la première journée de la 11e édition du Sommet international de la finance, organisé virtuellement cette année par le Group Croissance et ses partenaires, Profin, CEDEL Haïti… Ces jeunes entrepreneurs n’ont pas hésité à prendre des risques. Ces derniers osent malgré un environnement d’affaires délétère.   

Weduma Agrobusiness est une entreprise qui se lance dans le secteur agricole. Cette entreprise s’adonne à la production du maïs, des haricots... « Nous constatons que la crise alimentaire ne cesse de s’aggraver. Dans la région de la Plaine du Cul-de-Sac, les agriculteurs exploitent la terre de façon archaïque et n’arrivent pas à transformer leurs produits. Au sein de l’entreprise Weduma Agrobusiness, nous nous sentons concernés en tant qu’étudiant en agronomie », a affirmé Duckens Bonely, soulignant que le rapport de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) qui a fait état de 4,1 millions de personnes en insécurité alimentaire ne l’avait pas laissé indifférent. 

Pour atteindre son but d’arriver à une agriculture intensive, Duckens Bonely prévoit d’employer des méthodes scientifiques et technologiques, c'est-à-dire des machines agricoles, des intrants et des semences de bonne qualité. Pour ce qui est de la transformation, il a souligné que Weduma Agrobusiness compte transformer le maïs en produit Ak-100.  À la recherche des débouchés, Duckens Bonely convoite des marchés comme les cantines scolaires « Nous avons un projet d’un montant de 300 000 gourdes pour pouvoir contribuer à la lutte visant à résoudre la crise alimentaire en Haïti », a déclaré M. Bonely.

Pour sa part, Youseline Vital, directrice artistique et fondatrice de Payèt Design, une entreprise qui utilise des paillettes, des colliers, des morceaux de tissus et de bois pour créer des tableaux artisanaux et artistiques, a expliqué comment elle a relevé les défis.  « Savez-vous que l’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante à travers le monde ?  Elle génère à elle seule entre 3% et 10% de gaz carbonique qui s’évaporent dans l’environnement. Ensuite, les artistes et les artisans n’arrivent pas à vivre financièrement à partir de leur création. Il est enfin difficile de trouver des produits uniques sur un marché où il y a beaucoup d’artisans qui font quasiment le même travail. Nous surmontons ces obstacles facilement puisque nous utilisons des tissus lésés et des morceaux de bois », a indiqué Youseline Vital.

Trois segments de marchés sont visés par l’entreprise Payèt Design. « Sur ces marchés, figurent trois catégories de personnes : la diaspora, les touristes et les personnes ayant un salaire de 200 dollars américains au moins », a affirmé Youseline Vital, révélant que ces marchés représentent 216 000 clients potentiels. « Nos opérations comprennent cinq phases : inspiration, dessin, production, finition et livraison », a fait savoir madame Vital, soulignant que Payèt Design a besoin de 2 000 dollars américains pour louer un autre espace, payer d’autres artisans et se procurer du matériel de travail.

De son côté, Maxime Pierre a confié comment sa compagnie Ayiti Grind transforme le giraumont. « Nous réduisons le giraumont en poudre. Quand le giraumont se réduit en poudre, on peut l’utiliser pour préparer la soupe et la bouillie. Il peut être en outre utilisé comme colorant. La plus grande surprise, avec le giraumont réduit en poudre, on peut faire une pizza », a déclaré Maxime Pierre, arguant que la transformation du giraumont permet d’éviter le gaspillage du giraumont qui est peu utilisé.     

Ayiti Grind procède présentement à la préparation de la pizza de giraumont de manière artisanale. L’entreprise veut passer à un autre stade pour vendre sa pizza sur les marchés locaux et internationaux. « Pour cela, nous avons besoin d’un moulin équipé d’un séchoir, des emballages normalisés et d’autres appareils pour bien cacheter le produit », a précisé Maxime Pierre, précisant que l’entreprise Ayiti Grind a besoin d’un montant de 302 000 gourdes pour s’offrir ces appareils et équipements.   



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