FECAPH/ emblée générale annuelle

Les performances des caisses fédérées évaluées à l’aune des crises politique, sanitaire et de change

La chute spectaculaire du dollar américain en août dernier, les mesures préventives contre la Covid-19 et les perturbations politiques ayant causé la paralysie générale des activités économiques ne sont pas sans incidence sur les performances des 41 caisses d’épargne et de crédit regroupées au sein de la Fédération des caisses populaires haïtiennes (FECAPH). Le rendement sur actif de ces caisses est de 1.33%. Ce coefficient est au-dessous du taux standard de 3% exigé.

Publié le 2021-03-24 | lenouvelliste.com

En raison de l’insécurité qui bat son plein dans le pays, la Fédération des caisses populaires haïtiennes (FECAPH), connue sous l’appellation de Le Levier, a organisé, samedi 20 mars, sa 13e Assemblée générale annuelle, par visioconférence via Zoom. C’est une grande première pour la fédération, qui a compté sur la solidarité entre les caisses sœurs pour réussir ce coup de maître. Au cours de cette assemblée, la fédération a présenté les résultats et la situation financière des caisses membres au 30 septembre 2020.  

Le phénomène peyi lòk, l’impact de la Covid-19 et le choc brusque produit sur le marché des changes ont certes des répercussions sur le ratio des performances mais n’empêchent pas pour autant certaines caisses d’avoir quelques résultats plus ou moins satisfaisants. En effet, l’actif des caisses fédérées, se chiffrant à 14,1 milliards de gourdes au 30 septembre 2020, a connu une croissance de 11.93%. Il était autour de 12,6 milliards de gourdes au 30 septembre 2019. Les disponibilités des caisses fédérées sont aussi en hausse. Elles sont passées de 4,9 milliards de gourdes à 5,9 milliards, soit une augmentation de 19. 01%.

« Le ratio de liquidités du réseau des caisses fédérées représente 52.14%.  C’est un niveau acceptable par rapport à la norme qui exige au moins 25% du passif des dépôts », a soutenu le directeur général de la FECAPH, Jocelyn St-Jean. Le portefeuille de crédit brut des caisses a progressé légèrement de 9.54%, pour atteindre la barre de 7.6 milliards de gourdes. Il représente 53.86% de l’actif et respecte la norme de 70% ou moins exigée. Quant à la provision pour créance douteuse, elle s’est établie à 620, 180 957 gourdes. Le taux de délinquance a augmenté considérablement, passant de 7.30% en 2019 à 11.19% au 30 septembre 2020. « Le taux de délinquance dénote une infraction de 6.19 points au regard de la norme internationale de 5% ou moins », regrette M. St-Jean. Toutefois, il a félicité les dirigeants et les employés travaillant dans les sections chargées du crédit d’avoir conjugué leurs efforts pour éviter une accélération de la dégradation du portefeuille de crédit malgré les opérations peyi lòk et la Covid-19. Une somme de plus d’un milliard de gourdes de crédit a été radiée par les caisses fédérées pendant ces cinq dernières années.

Malgré toutes ces difficultés, les sociétaires n’ont pas hésité à épargner leur argent. En effet, les épargnes de membres ont atteint, au 30 septembre 2020, la barre de 11 milliards de gourdes. « Les épargnes des membres ont crû de 14.92%, soit en volume plus de 1,4 milliard de gourdes par rapport au 30 septembre 2019 », a indiqué Jocelyn St-Jean, directeur général de la FECAPH, soulignant que cette croissance grandissante témoigne de la confiance des membres envers leurs caisses. Cette augmentation des épargnes a fait diminuer les emprunts qui sont passés de 139 millions de gourdes en 2019 à 112 millions de gourdes en 2020, soit une baisse de 19.08%, si bien que les caisses fédérées ont pu boucler l’exercice avec des excédents de 188,5 millions de gourdes. Mais ce trop-perçu a chuté de 43% par rapport au montant de 335,2 millions de gourdes d’excédents réalisés en 2019. « Les principaux facteurs ayant engendré cette chute du trop-perçu sont attribuables aux pertes sur le taux de change qui totalisent 183, 1 millions de gourdes, aux pertes sur des prêts et aux dépenses d’exploitation qui ont augmenté de 51.64% en 2020 », a expliqué le directeur général.    

L’avoir total du réseau, au 30 septembre 2020, a totalisé la somme de 2,4 milliards de gourdes contre 2,3 milliards de gourdes en 2019, soit une augmentation de 3.60%. Le niveau de capitalisation est de 17.12% et reste au-dessus du ratio de 12,5% recommandé même quand il y a une dégradation de 7 points par rapport à 2019. « Avec ce faible résultat, le ratio d’autosuffisance financière avoisine 109%. Même si les caisses fédérées dégagent des revenus qui couvrent leurs dépenses opérationnelles, l’heure est à la vigilance renforcée. Le rythme de croissance tend vers la dégradation », prévient Jocelyn St-Jean.

Pour sa part, le président du conseil d’administration de la FECAPH, Richard Bercy, a fait comprendre le contexte dans lequel les caisses évoluent durant les deux dernières années.  « Nous venons de vivre deux exercices fiscaux émaillés de fortes turbulences politiques. Qui pis est, le 19 mars 2020, le gouvernement était contraint de décréter l’état d’urgence sanitaire et de mettre en place une série de mesures pour éviter la propagation du virus », a souligné M. Bercy, précisant qu’au-delà de cette atmosphère non favorable aux affaires, la fédération continue à faire des avancées considérables.     

   

  



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