Un plan pour mettre en valeur les terres en aval du barrage de Marion

Les autorités du pays s’apprêtent à inaugurer le barrage hydroélectrique de Marion. Une date est déjà retenue pour cet évènement 1er mai 2021.  Au niveau du ministère de l’Agriculture, on est en train de mettre des bouchées afin de l’exploiter à plein régime. Un plan est déjà mis en place pour valoriser  les terres en aval du barrage. L’idée est d’augmenter la superficie cultivable et d'intensifier la productivité des agriculteurs dans cette région du pays.

Publié le 2021-03-24 | lenouvelliste.com

La construction du barrage hydroélectrique de Marion est pratiquement terminée. Les responsables parlent d’un état d’avancement de plus de 97%. Mis à part certains petits travaux d’enrochement, entre autres, tout est fin prêt. Les ministères concernés par l’exploitation de cette œuvre multiplient les démarches en vue d'installer et de construire les systèmes d’exploitation. À ce niveau, le ministère de l’Agriculture prend les devants. Plusieurs initiatives sont déjà à son actif. L’on parle de l’ensemencement du lac créé et la projection de mettre en valeur 10 000 hectares de terre soit 7 000 hectares additionnels en aval du barrage.

Afin de coordonner le directeur général du ministère de l’Agriculture, Branly Eugène a organisé une mission de deux jours les 12 et 13 du mois en cours avec toutes les directions techniques concernées afin de peaufiner le plan de mise en valeur des terres irrigables en aval du barrage.

Des discussions ont été tenues non seulement avec les experts cubains mais également avec le directeur départemental agricole du Nord-Est, Sylvain Sama. Les premières décisions concernent la mise en place rapide des infrastructures afin que l’eau puisse arriver dans les parcelles. Selon le directeur départemental, d’ici au 25 avril prochain, la superficie irriguée par les eaux de la rivière Marion passera de 1 800 à 3 000 hectares. Et, poursuit-il, l’implémentation du plan de mise en valeur des terres en aval du barrage prendra en compte de nouveaux périmètres irrigués.

Pour y parvenir, le ministère de l’Agriculture, à travers la Direction départementale agricole du Nord-Est, est en train de procéder à la réhabilitation du système d’irrigation de Minière, à Dumas, dans la commune de Fort-Liberté. Dysfonctionnel depuis environ 30 ans, ce système doit permettre d’irriguer environ 500 hectares de terre.  L’on a déjà réhabilité environ 500 mètres linéaires de canaux et le directeur départemental annonce la construction d’un kilomètre de canaux de plus. Ce faisant, estime-t-il, toutes les terres dépendant de ce système seront irriguées.

Le directeur départemental parle par ailleurs des prochaines dispositions pour que l’eau arrive jusqu’à Terrier-Rouge en passant par Savane-Carrée via un système de pompage. « L’objectif est de parvenir à construire des systèmes d’irrigation pour irriguer plus de 7 000 hectares de terre additionnels à partir du barrage de Marion », a indiqué Sylvain Sama.

En plus de l’agriculture, Marion devrait toutefois contribuer à produire du poisson. Au début de ce mois d’avril, le ministère de l’Agriculture, à travers la Direction de la pêche et de l’aquaculture, ensemencera le plan d’eau. Ce qui diversifiera encore plus les sources de revenus des habitants de Grand-Bassin, ancienne section communale de Terrier-Rouge, récemment élevé au rang de commune. Selon les témoignages de certains habitants de la zone, le lac forgé par le barrage est déjà exploité par des pêcheurs de la zone.

À ce niveau, les riverains ne cessent de saluer une telle initiative. Marion estime l’un des ingénieurs travaillant sur le chantier, va contribuer à mettre la zone sous les projecteurs. C’est d’ailleurs également l’avis du directeur général du ministère de l’Agriculture. Mais soutient le haut fonctionnaire, en plus des aspects économiques, cette infrastructure jouera un rôle important dans la sécurité des vies et des biens surtout pour les habitants de Malfety et de Dumas.

Lors de la visite du directeur général du ministère de l’Agriculture, les producteurs agricoles des deux zones susmentionnées n’ont pas tari  d’éloges sur les autorités qui ont pris la décision de construire une telle infrastructure. Selon les explications fournies par ces agriculteurs, leurs champs étaient constamment dévastés par les eaux de la rivière. Depuis la construction de ce barrage, font-ils savoir, l’eau est contrôlée. Ce qui explique qu’ils peuvent produire en toute quiétude. Avec le plan de valorisation des terres agricoles en aval du barrage, ces producteurs croient qu’ils pourront produire sur toute l’année sans avoir à se soucier de la période sèche.

« On ne pouvait rien espérer de mieux », avoue Thellusma Mention, un producteur agricole de Fort-Liberté. Ses plantations de maïs, d’arachide et de manioc, les principales cultures de sa zone, étaient constamment détruites par Marion. Aussi les maisons n’ont-elles pas été épargnées par ce cours d’eau. Depuis plusieurs mois, c’est différent. « La rivière ne nous fait plus peur, elle est désormais une source de richesse pour la commune de Fort-Liberté », s'est-il réjoui.  



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