Championnat Haitien de Football dit Professionnel : Serie Ouverture 2020-2021 - Finale

Le Violette champion sur décision

La COCHAFOP a tranché. Après les incidents malheureux du 10 janvier au parc Saint-Yves, la COCHAFOP a décidé de suspendre le parc Saint-Yves pour dix matches et accordé la victoire finale 3-0 au Violette Athlétic Club. Pour la Commission d’Organisation du Championnat Haïtien de Football dit Professionnel, l’incident est clos. La série d’ouverture est finie, Le Violette Athlétic est champion sur décision et l’Arcahaie FC peut désormais penser à faire bonne figure dans la compétition internationale. Tout parait si simple

Publié le 2021-01-18 | Le Nouvelliste

Quatre petits points (A – Le parc Saint-Yves de l’Arcahaie est suspendu pour cinq (5) matches et l’Arcahaie recevra ces matches hors de ses bases. B – Le coach du Violette AC, Rony Attimy, est suspendu provisoirement jusqu’à ce qu’il dénonce le membre du staff ayant lancé la chaise en direction du public. C – L’Arcahaie FC perd le match par trois (3) buts à zéro. D – Le Violette AC gagne le match par trois buts à 0, la COCHAFOP a publié sa décision. Quatre points énoncés, huit attendus, avancés pour énumérer les faits qui vont à l’encontre de quatre articles (6.06, 6.08, 6.11, 6.13) des règlements de la compétition, un article de renvoi 5.0 qui autorise la COCHAFOP à prendre les décisions qui conviennent en fonction de ses attributions en guise de préambule avant l’énoncé de la décision et c’est fini. Pour la Commission d’Organisation du Championnat Haïtien de Football dit Professionnel, l’incident est donc clos. Il revient désormais à la commission de recours ou celle de discipline d’assurer les suivis éventuels.

Si tout paraît simple en référence au protocole de la compétition et des règlements du football en général, il reste qu’en partie le dénouement sportif est mal venu tant pour le Violette AC qui court après un titre de champion national depuis plus de 20 ans que pour l’Arcahaie FC qui, après avoir dominé la compétition pendant la période régulière, se devrait de relever correctement le défi face à son illustre aîné et lui démontrer que sa bonne forme tant sur le plan national qu’international n’est pas un leurre.

Les deux formations ne méritaient pas ce dénouement

Les deux formations, par ce qu’elles ont démontré durant toute la compétition, méritaient mieux. Le Violette AC par le football qu’il a pratiqué laissait augurer une formation d’avenir, une formation qui pourrait asseoir sa domination sur le football haïtien pendant quelque temps. Naturellement, la formation du « Vieux Tigre » avait beaucoup de choses à améliorer mais elle avait une marge de progression tellement importante qu’on avait le droit de miser sur elle. Malheureusement l’enjeu a tué le jeu. D’abord à la Croix-des-Bouquets où le Violette AC recevait le match aller et où le défenseur colombien du Violette, Javier Bolivar, et surtout le milieu récupérateur du club, Parima, se sont laissés prendre dans la provocation de Richecarde Calixte et ont disjonctés. Conséquences, Richecarde Calixte et Parima se sont fait expulser. On a observé des frictions entre les joueurs et la menace de rendre au doyen des clubs disputant la compétition la monnaie de sa pièce devrait interpeller les dirigeants et de la COCHAFOP et des responsables au niveau fédéral. On devait se dire que si à quelques mètres du local du bureau fédéral et sous les regards sans doute de jeunes footballeurs en formation on a pu observer une telle tension, loin des regards des dirigeants du bureau fédéral, ce serait pire. On aurait dû intervenir pour apprendre aux jeunes en formation que le football est un sport et non un jeu entre deux coquins qui veulent gagner à tout prix.

Une décision qui pourrait avoir des répercussions sur l’avenir

La décision du Violette de débarquer à l’Arcahaie avec un gros dispositif de sécurité est compréhensible puisque tributaire des menaces entendues. Seulement ce gros dispositif de sécurité a eu le don aussi d’agacer les spectateurs. Voilà pourquoi on peut comprendre qu’il manquait cette observation psychologique de la situation en tenant compte du fait que nonobstant le stade Sylvio Cator il n’y a pas d’infrastructures en Haïti qui soit à même de recevoir une rencontre à haute tension. Il est toujours périlleux de prendre une décision qui pourrait déboucher sur un climat d’hostilité pour les rencontres qui opposeraient les deux formations à l’avenir. Que la Commission de recours entérine ou casse la décision de la Commission d’Organisation, il faudrait que les responsables des deux clubs fassent un long travail d’éducation au sein de leur supporters respectifs pour les aider à comprendre qu’être supporter ne veut pas dire quitter les rails de la sportivité et qu’avant tout chaque match est un test d’évaluation qui permet aux deux formations de voir où elles sont et surtout en quoi elles peuvent s’améliorer et non un duel à mort dans lequel on doit tuer coûte que coûte pour assurer sa survie en gagnant à n’importe et à quel prix.

Enock Néré
Auteur
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