Arts contemporains / Installation numérique

Maksaens Denis fait chuchoter les étoiles

Dans Le Chuchotement des étoiles de Maksaens Denis, tout tourne autour de l’eau. Une manière pour l'artiste de rendre un bel hommage à Saut-d’Eau. L’œuvre est exposée jusqu’au 27 octobre 2017 dans les Halles de Schaerbeek, l’un des plus grands centres d’exposition et de création d’arts contemporains belges.

Publié le 2017-10-13 | lenouvelliste.com

« Totem numérique visuel et sonore, cette fine tour bardée d’écrans plats, emballée comme un Pake Kongo, mixera des images et des sons pris pendant les cérémonies vaudou de Saut-d’Eau : le 15 juillet 2017, des milliers de pèlerins se sont rassemblés [ndlr] près d’une grande cascade sacrée. Hommage à Haïti, à sa culture, Le Chuchotement des étoiles ancrera ces cérémonies dans la situation du pays, au sein d’une nature et d’un monde globalisés ». C’est en ces termes que l’œuvre du vidéaste Maksaens Denis est décrite sur le site des Halles de Schaerbeek, l’un des plus grands centres d’exposition et de création d’arts contemporains belges.

Le mercredi 5 octobre, Les Halles ouvrait ses portes au vernissage de l’exposition intitulée Vision qui accueillait les œuvres de huit artistes visionnaires de Bruxelles et de trois continents. L'événement mêlait des œuvres spectaculaires, de renommée mondiale et des œuvres de tout jeunes créateurs, d'installations de haute technicité et bricolages produisant des effets numériques sans le moindre composant électronique, lit-on sur le site de l'espace. Vision insiste sur des formes hybrides allant de la chorégraphie au cinéma, au tissage en passant par l’utilisation des éléments terre, eau et air.

Le Chuchotement des étoiles de Maksaens Denis est un totem-vidéo de plus de 20 m de hauteur composé de 12 écrans plats mettant en scène des images aquatiques de fonds marins, de Saut-d’Eau, de la Chine. Elle forme, en effet, la toute dernière installation que l’artiste a créée spécialement pour les Halles de Schaerbeek dans le cadre de sa résidence artistique supportée par la Wallonie-Bruxelles Internationale. La touche syncrétique qu'il concrétise par la mise en commun d’éléments du décor vaudou (calebasses, chaises en paille miniatures, statuettes en argile) et du culte catholique (représentation de saints, de chapelets) ont impressionné le public non averti. Quant à ceux initiés aux expressions du vaudou, l’œuvre en soi a suffi pour les sublimer. « Il y a quelque chose qui invite à la vénération lorsqu’on regarde cette tour. On pourrait passer toute la soirée à la regarder encore et encore », acquiesce une jeune femme au commentaire d’une amie.

« Lorsque Christophe Galent m’a parlé du thème de l’eau, j’ai voulu exploiter l’idée de travailler avec des images de Saut-d’Eau, explique Maksaens Denis. J’ai donc approfondi cette idée en imaginant cette installation avec principalement des images de Saut-d'Eau. Je me suis rendue à la fête annuelle le 15 juillet pour faire le plein d'images. Mais ce n’est pas un film sur Saut-d’Eau, souligne l’artiste. Ce n’est pas non plus une manière imagée de montrer quelque chose d’ethnologique sur ce lieu de culte. Je voulais aller au-delà, et c'est pour cela que j'ai mélangé les images de la fête avec celles venant de la Chine, et d’autres images aquatiques prises sous l’eau. Malgré ce foisonnement, je suis restée à chaque fois dans le thème de l’eau », affirme le vidéaste.

En mars dernier, l'artiste a effectué un voyage en Chine qui l'a marqué et les images qu'il avait prises de ce pays l'ont inspiré pour cette toute nouvelle création. «Toutes les images de ce montage sont montrées pour la première fois. Elles m’intéressaient parce qu'elles me permettaient d'aller au-delà des scènes de vaudou de Saut-d'Eau. Le Chuchotement des étoiles est davantage un dialogue qui transcende le côté haïtien pour aller en une communication avec l’univers», confirme le vidéaste.

Voir Le Chuchotemment des étoiles exposé en Haïti est un voeu pieux qu'exprime l'artiste. « Ce serait mon plus grand souhait. Mais je sais aussi qu'il faut les moyens techniques et technologiques, et surtout l’électricité, pour cela, puisqu'il s'agit d'art numérique», conclut Maksaens Denis.



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