Exposition à IERAH

Jean Robert Alexis, un artiste-peintre nourri de l’âme artibonitienne

L’exposition du peintre Jean Robert Alexis, artiste nourri de l’âme artibonitienne, a reçu, la semaine écoulée, un accueil enthousiaste à l’IERAH.

Publié le 2017-02-22 | Le Nouvelliste

D’abord, les étudiants de l’IERAH/ ISERSS (1) : ceux-ci ont fait un véritable triomphe à la nouvelle esthétique de l’artiste ; ensuite, les visiteurs : des artistes : certains ont avoué qu’ils ont enrichi leur propre palette ; des professeurs : d’aucuns ont sorti leur discours théorique pour expliquer, tant soit peu, le travail de ce jeune artiste, et les autres invités : de simples regardeurs. Ils se sont découverts devant la qualité de l’oeuvre de Jean Robert Alexis. L’artiste-peintre Jean Robert Alexis a remporté la première manche (2). Son exposition à l’IERAH a marqué le triomphe de l’artiste. Son discours esthétique a touché l’intérêt des regardeurs. Il a sensibilisé l’esprit et le coeur des visiteurs, en les inondant d’une sève nouvelle : une autre expression de la beauté. Certains y verraient, comme Orso Antonio Dorélus dans sa conférence (3) à l’auditorium de ladite faculté, une touche à la Salvador Dali. Comme quoi, Alexis ferait du ‘’surréalisme’’ ? Ce créateur d’animaux de toutes sortes : des têtes de dinosaures, des serpents, des divinités, parfois des bêtes dégoutantes par leur soi-disant laideur, ce créateur, disons-nous, n’emprunte guère ce chemin ; c’est, pour lui, une voie de passage. Avec un point focal : le règne de l’esprit. L’esprit triomphe de la matière, de ces macabres personnages, de ces images défigurées, inconsistantes, parfois provoquantes qui sont devenues des idoles, des dieux, des prières - des hymnes à la joie pour nous. Notre peuple s’y enfonce tête-en-bas. C’est le triomphe de la divinité. Pour y parvenir, l’artiste s’inspire de la mythologie, de la cosmogonie, de l’histoire précolombienne avec l’apport des Taïnos, de la réalité courante. Il faut prendre cette dernière avec ses hauts et ses bas. Parfois, il ajuste le tir vers le bas ou vers le haut. Des fois, l’artiste se réfugie dans l’élaboration de valeurs tertiaires pour dire la beauté ou le grotesque. Quelle que soit la laideur des personnages, la beauté s’étale dans ses toiles. C’est une autre conception du beau. Le beau n’a pas besoin d’être soigneux à l’occidentale. Ici, la beauté s'installe sur le dos de divinités, de personnages frustrés ou monstrueux, parfois ironiques ou grotesques pour dire la véritable beauté. Cet ajustement, cette adaptation du laid au beau, du beau au laid déconstruit les traits connus, les savoirs acquis pour prôner un autre discours, une autre esthétique. Cet autre envol emporte les cœurs, l’enthousiasme des visiteurs ou des étudiants de cette faculté. Sterlin Ulysse, docteur en histoire de l’art, vice-doyen à la recherche de l’IERAH, promoteur de l’art contemporain à l’UEH, a reconnu l’atterrissage de l’artiste Alexis. Sorti de l’Artibonite à l’école d’Ismaël Saintilus, ce peintre s’est également nourri de l’esthétique de la Grand’rue, mais avec une particularité : il s’est enrichi de la culture du délabrement, sans s’y fondre. En plus, les masques devenus grotesques, ironiques ou problématiques, il les a enrichis. Cette synthèse, il l’a intégrée dans ses œuvres pour atteindre cette auréole, cette jouissance aux yeux des regardeurs. Alexis déconstruit ce monde visible. De haut en bas ou de bas en haut, Alexis reconstruit un autre monde virtuel, mais imprécis pour contenir les valeurs de notre monde, en y ajoutant quelques êtres de l’autre monde. Ces êtres, pour autant, constituent-ils un monde à part ? Ou s’inspirent-ils encore de notre monde pour avoir droit à l’existence ? Tout ce qui n’est pas compris dans son esthétique fait-il partie d’un autre monde ? L’artiste monte une autre histoire. Comme l’a déclaré un artiste de la Grand’rue, il a traversé le connu, le visible pour entrer dans l’inconnu, l’invisible. Ce monde-là, le monde de l’au-delà existe bel et bien, mais l’a-t-on, à part soi, déjà rencontré ou a-t-on déjà vécu ou rêvé un tel monde. Toute la beauté et la valeur de l’expo de Jean Robert Alexis se réfèrent à cette ambivalence.
Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr Auteur

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