EDSEG : des étudiants s'impliquent dans la résolution de la crise

Le Rassemblement des étudiants de l'École de droit et des sciences économiques des Gonaïves (REEDSEG) a fait des propositions pour tenter de dénouer la crise provoquée par le bras de fer opposant les responsables de l'EDSEG et le rectorat de l'Université d'État d'Haïti (UEH). Une pétition est adressée aux concernées et plusieurs résolutions ont été prises par le REEDSEG en vue de trouver un terrain d'entente.

Publié le 2022-09-14 | lenouvelliste.com

La crise perdure depuis trois ans à l'École de droit et des sciences économiques des Gonaïves. Les dirigeants de ladite école et ceux du rectorat de l'UEH sont à couteaux tirés. Une situation qui inquiète les étudiants fréquentant l'EDSEG qui tentent de trouver une issue à la crise en organisant un forum, multipliant des pétitions et accouchant trois résolutions. 

Dans une pétition adressée aux responsables de l'EDSEG et au rectorat de l'UEH, les étudiants encouragent les responsables à s'entendre. Ils critiquent le manque de volonté constaté chez les parties prenantes.

« Cette pétition fait suite à nos démarches antérieures, afin de montrer un sentiment général estudiantin et d'exiger le respect de nos droits d'étudiants tout en demandant à ces deux protagonistes de se mettre d’accord dans l'intérêt premier de l’ensemble des étudiants de l’EDSEG », peut-on lire dans la pétition du Rassemblement des étudiants de l'École de droit et des sciences économiques des Gonaïves. « Nous sommes jusqu'ici restés inquiets pour notre avenir après les études. C'est pourquoi nous crions d'une seule voix à la résolution de ce conflit », poursuit la pétition, cherchant à démontrer le total désaccord des étudiants avec la position de ces deux protagonistes. Le REEDSEG exige que les droits des étudiants soient respectés et que toutes leurs années d’études soient dûment validées. 

« Aussi, après les études, nous exigeons que nos licences soient signées et nous soient remises en toute conformité aux normes en vigueur, ce qui nous revient de droit. Il est injuste que nous, les étudiants, subissions les conséquences du conflit existant entre les responsables de l'EDSEG et le rectorat de l'UEH, alors que nous ne sommes pas responsables », souligne la pétition. 

Bien avant la pétition, le Rassemblement des étudiants de l'École de droit et des sciences économiques des Gonaïves a organisé un forum qui a conduit à plusieurs résolutions afin de mettre fin à cette crise qui secoue l'École de droit. 

Les résolutions des étudiants

Plusieurs points ont été abordés à travers les résolutions. Les étudiants veulent que la politique des affaires administratives et éducatives au sein des universités soit dissociée.

Pour faciliter une résolution permanente de la crise, les étudiants regroupés souhaitent qu'il y ait un débat au plus haut niveau incluant toutes les entités susceptibles d’apporter une contribution à cette crise.

« Le rectorat de l’UEH doit se limiter à son rôle d’organe régulateur, il ne doit aucunement agir à la place de l’EDSEG », se positionne le REEDSEG. 

Pour les concours d'admission, le REEDSEG espère que ceux-ci se réalisent selon les normes prescrites par l’UEH et en toute conformité. 

« Il doit y avoir une certaine cohérence entre le choix de l’enseignement et la licence voulue par l’étudiant.  Pour l’enseignement du droit en Haïti, une certaine uniformité est indispensable en ce qui concerne le programme académique qui est suivi, c’est-à-dire le même programme de formation doit être suivi sur tout le territoire du pays », soutient la résolution.  

Dans un autre point, l'EDSEG doit détenir les dossiers de tous les professeurs qui enseignent dans les centres afin de procéder à leur évaluation. L’enseignement du droit doit être assuré par des professeurs compétents, détenteurs du niveau de maîtrise et de doctorat, formule le REEDSEG. 

« L'EDSEG, de concert avec le rectorat de l’UEH, doit développer des stratégies pour limiter la création des centres de cours dans n’importe quelle condition, et les centres doivent être accrédités pour pouvoir dispenser la formation aux étudiants inscrits au programme de formation de l’EDSEG », stipule un article de l'une des résolutions.

« Dans le cas des étudiants en région, l'EDSEG doit disposer d’informations précises sur le lieu où ceux-là suivent les cours. Les étudiants en région ne doivent pas seulement constituer une source de revenus pour l'EDSEG et Gonaïves en général, mais ils doivent se faire représenter dans le conseil et avoir leur participation dans tout ce qui se fait à l’école ayant rapport aux étudiants », ont écrit les étudiants parmi les résolutions.

Sur les examens et les résultats, des pistes de solutions ont été proposées. « Les examens doivent être adaptés à l’enseignement acquis et réalisés dans de meilleures conditions. Les résultats doivent être publiés par session et non uniquement à la fin de l’année académique. Les résultats doivent inclure une note de participation régulière aux cours (résidents et non résidents), ce qui va motiver les étudiants à suivre régulièrement les cours et mieux se former. »

D'autres points abordés dans les résolutions concernent les étudiants. « Chaque étudiant doit avoir son code d’identification et un badge pour la promotion. La confection et la délivrance des badges doivent être exclusivement réservées à l’administration de l’EDSEG, il ne doit pas y avoir l’implication du conseil des étudiants. À la fin de chaque année, EDSEG doit pouvoir réaliser un sondage ou une évaluation sur la performance des professeurs et des centres de cours », lit-on dans la résolution.

Enseignement du droit et curriculum. 

« L’enseignement du droit doit se faire suivant un cadre légal, c’est-à-dire qu'il doit y avoir des textes de lois normalisant l’enseignement du droit en Haïti », insistent les étudiants regroupés.

« L’EDSEG doit remplir les formalités permettant de se conformer aux exigences du ministère de l’éducation nationale afin de garantir la validation des diplômes et licences des étudiants », requiert la résolution.  

« L'EDSEG doit développer de meilleures stratégies lui permettant d’assurer la bonne gestion et la pérennité de l’institution, et assurer sa mission conformément à la constitution », poursuit la résolution qui veut également que le nombre d'étudiants par salle de classe soit limité lors des cours et des examens. « L'EDSEG doit travailler pour développer des liens avec d’autres institutions internationales en vue de favoriser des études continues à certains étudiants qui ont eu des résultats compétitifs tout le long du cycle académique », suggère la résolution.

Les étudiants disent admettre que le curriculum proposé pour les écoles et facultés privées et publiques doit être adapté aux réalités nationales. Ce curriculum ne doit pas être statique, mais plutôt dynamique car nous vivons dans une société qui est en constante évolution, reconnaît la résolution qui souhaite que l’Etat travaille avec toutes les institutions évoluant sur le territoire national pour arriver à avoir un curriculum adapté aux réalités actuelles, nationales et qui soient uniformes pour toutes les facultés de droit.  

« Le curriculum à développer pour l’enseignement du droit en Haïti doit respecter les exigences internationales. Les institutions doivent avoir à la fois une pédagogie et une didactique adaptées, stages, visites dans les tribunaux, et autres. Le curriculum à adopter doit prendre la technologie en considération. La notion de probité intellectuelle doit être redéfinie. Il faut que les méthodes d'enseignement soient non seulement systématiques, mais adaptées à la réalité contemporaine ».



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