Lancement d’un nouveau projet pour adresser la sécurité alimentaire dans le Nord-Est  

Le ministre de l’Agriculture, Bredy Charlot, à l’occasion de la Journée mondiale des femmes rurales, le 15 octobre dernier, de concert avec l’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, Sylvie Tabesse, et le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Luis Fernandez, a lancé le Projet d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de renforcement de la résilience des populations vulnérables du département du Nord-Est. Ce projet sera financé par l’UE à hauteur de 4,7 millions d’euros et  sera exécuté dans quatre communes du département du Nord-Est.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

Selon l’analyse de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) réalisée en août 2021 par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), 45% des habitants du département du Nord’Est se trouvent en insécurité alimentaire. Une partie importante de cette frange de cette population se trouve en phase quatre, soit dans l’urgence alimentaire. C’est dans cette période difficile que l’État haïtien de concert avec des partenaires techniques et financiers, a lancé le Projet d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de renforcement de la résilience des populations vulnérables du département du Nord-Est.

Ce projet concerne quatre communes : Ouanaminthe, Ferrier, Fort-Liberté et les Perches. Ce mécanisme sera mis en œuvre par la FAO et concerne quatre mille ménages à faible revenu dans les zones susmentionnées. Il vise, entre autres, l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le renforcement de la résilience aux aléas et aux chocs des populations vulnérables du Nord-Est d’Haïti  à travers une approche intégrée qui relie des activités productives, financières et sociales.

Ainsi, ce projet, selon le représentant de la FAO, adopte une approche constituée de deux piliers au bénéfice des organisations communautaires de base : un pilier technique où les organisations, composées de petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, prennent part à un apprentissage participatif et interactif des bonnes pratiques agricoles, plus productives et respectueuses de l’environnement tout en bénéficiant d’intrants agricoles adaptés à leurs activités productives ; ce projet prend également en compte un pilier financier  avec la mise en place ou le renforcement d’associations villageoises d’épargne et de crédit communautaires. Le capital de ces associations est constitué par les membres qui gèrent les parts et les emprunts. Et en dernier lieu, un pilier social pour renforcer la cohésion sociale, à travers des espaces de dialogue communautaires où les villageois pourront  identifier les enjeux qui doivent être discutés et élaborer un plan de développement communautaire.

L’ambassadeur de l’Union européenne a mis l’accent sur la gouvernance d’un tel projet.  « Ce projet place l’Etat haïtien et ses entités déconcentrées et décentralisées au cœur de ses activités », a expliqué madame Tabesse. L’objectif, poursuit-elle, est de les renforcer et non de créer des structures parallèles. En ce sens, la collaboration technique avec la CNSA et la Direction départementale de l’Agriculture du Nord-Est est fondamentale pour améliorer leurs capacités institutionnelles et leurs compétences nécessaires à la surveillance de la sécurité alimentaire et évaluer les niveaux d’insécurité alimentaire.

Par ce mécanisme, le ministre de l’Agriculture, Bredy Charlot, se dit persuadé que la problématique de la faim et de la sécurité alimentaire, qui constitue un défi majeur pour le pays, sera adressée à plusieurs niveaux dans le département du Nord-Est. Il compte sur l’expertise de la FAO dans ce domaine pour y parvenir. « Avec ce projet, nous espérons améliorer les revenus des ménages de cette partie du pays, ce qui aura des incidences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de cette population », a souhaité le ministre.  

Par ailleurs cette cérémonie était l’occasion pour les intervenants de s’adresser aux femmes rurales. Bredy Charlot souhaite que l’une emphase soit mise sur l’aspect genre dans la mise en œuvre de ce projet dans l’optique de promouvoir une autonomisation effective des femmes dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle car, ajoute-t-il, les femmes rurales représentent la clé d’un monde sans faim et sans pauvreté.  



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