Crise politique/Dialogue

« Il faut être démocrate pour accepter de discuter et de s’entendre avec les autres », estime Jocelerme Privert

Publié le 2021-09-08 | lenouvelliste.com

Les acteurs politiques et ceux de la société civile multiplient des rencontres qui tardent à donner des résultats concluants. Ils sont divisés en deux camps : les partisans d’un exécutif monocéphale et ceux d’un exécutif bicéphale. Dans ce contexte de tergiversations, l’ancien président provisoire Jocelerme Privert estime qu’ « il faut être démocrate pour accepter de discuter et s’entendre avec les autres ». Dans une interview exclusive accordée mardi au Nouvelliste, l’ancien sénateur des Nippes invite les acteurs à trouver une solution à la crise par le dialogue…

« Les accords, c’est toujours l’affaire des démocrates. Il faut être démocrate pour accepter de discuter et de s’entendre avec les autres », a déclaré l’ancien président Jocelerme Privert. « Je ne peux qu’encourager mes compatriotes à dialoguer, à chercher à travers le dialogue un consensus autour de leurs différends », a affirmé le 57e président de la République interviewé par Roberson Alphonse.

L’ancien président provisoire a rappelé qu’en 2018 après les troubles sociaux des 6 et 7 juillet, il avait exhorté les acteurs à trouver une solution à la crise par le dialogue. « De mon lieu de citoyen, préoccupé par l’avenir de son pays, je ne peux que dire à mes compatriotes de se pencher sur ses grands défis actuels : la réforme de l’économie nationale, la stabilité politique, la réforme constitutionnelle, un État au service des citoyens, la réforme de notre administration, la résolution du problème de l'insécurité…on peut s’entendre là-dessus ! », a soutenu M. Privert.

Selon Jocelerme Privert, après plus de 33 ans d’existence, la Constitution a besoin d’être réformée. « Je crois que c’est l’avis de plus d’un dans cette société. Je pense que les acteurs politiques et de la société civile doivent trouver un accord autour de cette réforme constitutionnelle », a affirmé l’ancien sénateur.

Pour mettre l’administration au service du peuple, les postes ne doivent pas être occupés par des caïds, a indiqué Privert. « Qui n’est pas préoccupé par la situation d’insécurité généralisée qui sévit dans le pays ? Dis-moi quel acteur politique ne serait pas intéressé au rétablissement des conditions de sécurité dans le pays », se questionne Jocelerme Privert.

Appelé à se positionner sur les tensions entre les acteurs politiques et de la société civile qui militent soit pour un exécutif monocéphale, soit pour un exécutif bicéphale, l’ancien président de la République a répondu en ces termes à plusieurs reprises : « Jocelerme Privert a toujours professé une seule chose : la loi, toute la loi, rien que la loi. La Constitution, toute la Constitution, rien que la Constitution… »

Interrogé par ailleurs sur la recrudescence de l’insécurité dans le pays, Jocelerme Privert estime que les nantis du pays, qu’ils soient économiques ou intellectuels, ont leurs responsabilités, leurs mots à dire dans cette descente aux enfers du pays. « Le pays se vide de toutes ses ressources. Si nous voulons construire un autre pays pour nos enfants et nos petits-enfants, si nous voulons recréer l’espoir dans ce pays, nous avons besoin des hommes et des femmes. Pour avoir des hommes et des femmes, il faut créer un environnement où ils puissent accepter de vivre. Il faut créer cette nouvelle société et c’est l’affaire de toute la société, simples citoyens et détenteurs du pouvoir économique et intellectuel… », a proposé Jocelerme Privert.



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