Au Palais de Justice

L’affaire opposant la juge Wendelle Coq Thélot à l’État haïtien prend une autre tournure

Publié le 2021-07-27 | lenouvelliste.com

Le collège de jugement à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif qui devait entendre les affaires inscrites au rôle à l’audience du lundi 26 juillet 2021, dont celle opposant Wendelle Coq Thélot, juge à la Cour de cassation, à l’État haïtien n’a pas eu lieu. Un acte récusant les trois juges formant la composition devant statuer a été émis contre eux.

Il était question d’un recours en annulation de l’arrêté du 8 février 2021 pris par l’ancien président Jovenel Moïse mettant à la retraite, en marge de la loi, ledit magistrat, pour reprendre les propos de certains hommes de loi. L’audition de cette affaire a été fixée par la Cour des comptes préalablement à la date du 9 juillet 2021. Suite au crime odieux de l’ancien président Jovenel Moïse, perpétré dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet, l’audience n’a pu être tenue. La Cour, dans une correspondance adressée aux parties concernées, les a informées que la nouvelle audience est fixée à la date du 26 juillet 2021, a indiqué le cabinet défendant les intérêts de la juge à la Cour de cassation, Me Wendelle Coq Thélot.

Me Edwin Coq, avocat de la défense, dit avoir été surpris d’entendre à l’ouverture de l'audience de ce matin la lecture d’un acte récusant les honorables magistrats formant le collège de jugement et signifié à la Cour le lundi 26 juillet 2021, à 9h 34 a.m. Dans cet acte, on a mentionné deux motifs farfelus frisant des injures graves contre ces honorables magistrats, à savoir l’État haïtien ne croit plus à leur impartialité et qu'il y a inimitié capitale entre l’État haïtien et lesdits magistrats. Ce qui a porté la composition de ces juges à surseoir à statuer, a fait savoir Me Coq.

L’auditoire attend que le président de la Cour des comptes désigne une autre composition pour connaître de l’affaire.

Me Edwin F. Coq, qui a rencontré la presse ce matin, dit ne pas comprendre pourquoi les gens veulent mélanger les choses. « Depuis hier soir, il y a un secteur politique qui est en train de manipuler l’opinion nationale et internationale en vue de ternir l’image et l’intégrité morale de la seule et unique femme siégeant à la Cour de cassation. Elle est au-dessus de tout soupçon. Dans la soirée du dimanche 25 juillet, le réseau Citadelle, dirigé par Cyrus Sibert, de l’étranger étant, a fait circuler un tweet sur les réseaux sociaux, arguant que le FBI aurait trouvé des éléments de preuve selon lesquels la juge Wendelle Coq serait impliquée dans l’assassinat du président Jovenel Moïse.

 "Ce matin 26 juillet 2021, le journaliste Roberde Céliné, dit Bob C, dans le journal Première occasion, a affirmé qu’il détient des informations selon lesquelles la juge Wendelle Coq a participé à l’assassinat du président Jovenel Moïse à son domicile. Des éléments compromettants relatifs à l’enquête ont été saisis et un mandat d’amener a été émis contre elle par la justice" a affirmé le journaliste, qui a relayé cette information à plusieurs reprises», a poursuivi Me Coq.

« J’ai appelé à la radio pour apporter un démenti formel. J’ai expliqué que la juge Coq de par son statut de magistrat à la Cour suprême du pays n’est justiciable que devant la Haute Cour de justice, selon la Constitution en vigueur. L’avocat a fait remarquer que le délai de flagrance depuis la perpétration de l’acte dont a fait mention le journaliste a expiré, et qu'aucun juge n’a été jusqu’à présent saisi du dossier. Tout mandat d’amener émis même contre un simple citoyen dans le cadre de cette affaire est une violation flagrante de la Constitution en vigueur en ses articles 24 et suivants garantissant la liberté individuelle et des dispositions du Code d’instruction criminelle traitant du mandat d’amener », a-t-il souligné.

Il a attiré l’attention de plus d’un sur un fait insolite : contrairement à ce que l'on disait, le domicile de la juge Wendelle Coq a été perquisitionné par des hommes lourdement armés au moment où j’ouvrais les portes de la salle d’audience de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif », a-t-il conclu.

Jean-Robert Fleury
Auteur


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