Lave men, siye l atè

Publié le 2021-05-12 | lenouvelliste.com

Ce vieux proverbe créole -- se laver les mains, les essuyer par terre -- illustre bien certaines mesures annoncées par les autorités ces derniers temps.

Cette semaine, c’est encore une fois, la banque centrale et le ministère du Commerce qui sont au-devant de la scène avec circulaires et communiqués.

Au départ, comme à chaque fois, l’intention est bonne, la décision vise à résoudre un problème, puis, à l’usage, l’effet contraire se produit.

Depuis des mois, en tandem, le ministère du Commerce et de l’Industrie et la Banque de la République d’Haïti sortent une série de publications pour annoncer des changements qui affectent le change, l’affichage des prix et les affaires en général.

A chaque fois, le marché s’étonne, résiste, s’ajuste puis contourne les vœux pieux des autorités.

Mis à part les plus innocents des commerçants, spéculateurs et cambistes, tous les autres, à chaque fois, prennent des détours pour s’éviter les lourdeurs inutiles qu’inventent les chefs.

Ce qui est désolant dans l’affaire c’est que les mesures sont bonnes, pourraient être des avancées pour le pays et pour son économie. Un peu d’ordre est nécessaire ici, tout le monde en convient.

Malheureusement, à chaque fois, sans bien évaluer ni les problèmes ni les solutions proposées, hommes politiques et banquiers passent à l’attaque.

Ils ne sont ni dans l’explication ni dans la pédagogie. Ils n’accordent ni délai ni période d’adaptation. Voup! Les chefs ont parlé, point barre.

Sans surprise les solutions ne sont pas suivies d’effets. La gourde continue de perdre de sa valeur. Tout le monde préfère le plus petit billet vert à une montagne de gourdes et pour acheter, la monnaie la plus forte continue de faire la loi dans les magasins comme sur le marché des changes.

L’on ignore si les chefs tirent les leçons de leurs échecs ou s’ils se contentent du peu de résultats obtenus.

Le change, les transferts, les importations et le commerce répondaient à la main invisible sur l’un des marchés les plus libres au monde. La main de fer des chefs ne peut pas, pour l’instant tout au moins, changer la donne réellement dans aucun secteur.

Les responsables sont fiers d’annoncer qu’ils se lavent les mains dans l’eau des bonnes intentions et que ce n’est pas de leur faute s’ils doivent les essuyer par terre.



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