Les Sujets Tabous : Les amants de la scène nous en parlent

Ce samedi 3 mars 2018, à l’amphithéâtre de la Faculté de médecine et de pharmacie, la troupe de théâtre « Les amants de la scène » a joué pour la deuxième fois son spectacle intitulé « Les Sujets Tabous 2.0 ». Devant un public désireux de découvrir ce qui se cachait derrière ce titre, les nombreux jeunes de cette troupe ont offert une prestation que nul n’est pas prêt à oublier.

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

Culture -

Il est 4 heures et une trentaine de minutes. Dans la salle, les va-et-vient s’enchaînent, et le tohu-bohu s’accroit de plus en plus. Sur la scène, des chaises étaient rangées et des rideaux bien ajustés. Il ne manquait que les acteurs, et le public ne manquait pas de manifester son impatience. 45 minutes après 4 heures, les acteurs de la première séance foulèrent la scène pour « Recrutement : jeune fille à vendre ». Cette première partie du spectacle a su peindre avec une quasi-exactitude certaines réalités de la vie familiale haïtienne. Des mères voulant à tout prix se débarrasser de leur fille à la maison, des hommes croyant qu’il leur suffit d’un peu d’argent pour avoir une fille, mais le plus intéressant, des gens qui pensent que les handicapés ne sont bons à rien. Nina, la jeune fille à vendre, a préféré l’amour à l’argent, un handicapé physique à un homme bien portant.

Pour continuer à enflammer la salle, les comédiens, ou mieux les comédiennes ont enchaîné avec « Madan papa anonymes ». Des rires fusaient de toute part, le public était hilare devant ces jeunes filles qui exprimaient leur fierté d’être des «madan papa ». « Bagay ti blòdè sa a, sa fini pou mwen », disait l’une d’entre elles avec une impétuosité proche de l’arrogance. Et cette déclaration qui allait arracher un fou rire du public : « Madan papa un jour, madan papa toujours ».

« Les Sujets Tabous » est cette pièce où les personnages veulent dire tout haut ce qu’on murmure tout bas, mais encore, ce dont on parle assez fréquemment et sur lequel les opinions divergent. C’est le cas par exemple de « Procès », cette séance où dans un tribunal, deux parties intervenaient sur ce sujet brûlant, qui a enflammé la toile pendant un certain temps, les poupées sexuelles ; et de « couples à la une », où on a assisté aux chamailleries d’un couple homosexuel.

Ce spectacle n’a pas été que théâtre. Les spectateurs ont eu droit à une comédie musicale, qui est une adaptation de « Cell Block Tango », tirée de la comédie musicale américaine Chicago, mise en scène par la troupe. Pour couronner tout ça, les acteurs se sont transformés en choriste pour interpréter les morceaux tendances du « Rabòday », ce rythme dont plus d’un se raffole, sur des airs beaucoup moins entraînants que ceux dudit genre musical. Ce fut la goutte de blague qui a fait déborder le rire.

« Les Amants de la Scène » est à sa 4e année d’existence. La troupe est formée d’une trentaine de jeunes (écoliers et étudiants en majorité), et se produit de scène jusqu’à ce qu’elle se soit retrouvée sur celle de l’amphithéâtre de la Faculté de médecine et de pharmacie, ce samedi.

Ce fut un spectacle alléchant. Certes, il n’y avait pas les aménagements scéniques professionnels que requérait une telle initiative, ni la sonorisation adéquate, mais la passion et le talent étaient bel et bien présents.

Si « Madan papa », « La présumée incapacité sexuelle des personnes handicapées », « Les poupées sexuelles », « L’homosexualité » et bien d’autres thèmes encore ont fait l’objet de cette présentation, les AS ont cru bon d’attirer l’attention de son public sur un sujet particulier qui vient tout juste d’intégrer les annales des sujets tabous…

PetroCaribe…

Darline Honoré darlinehonore1324@gmail.com Auteur

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