Kettly Mars invitée d’honneur à la 9e édition de Marathon de lecture

Du 9 au 19 mars 2018, Kettly Mars est à l’honneur au Marathon de Lecture de l’association culturelle Le Petit Lectorat. Pour cette 9e édition, elle ouvre ses portes à une délégation d’écoliers. Ces derniers pourront dialoguer avec cet auteur qui signe, le samedi 17 mars, à la librairie La Pléiade, son dernier roman « L’ange du patriarche », sorti en France en janvier dernier.

Publié le 2018-03-05 | Le Nouvelliste

Culture -

Le Nouvelliste (L.N.) : Marathon de lecture, du 9 au 18 mars, Kettly Mars est en vedette. Avec quel sentiment accueillez-vous un tel honneur ?

Kettly Mars (K.M.) : L’expression « en vedette » me dérange. Je n’associe pas bien vedettariat et littérature, il me semble que l’un annule l’autre. L’écriture est peut-être la pratique créatrice qui devrait nous apporter le plus d’humilité mais ce n’est souvent pas le cas et c’est déplorable. J’avoue que je suis touchée que les jeunes auteurs, diseurs, comédiens et activistes culturels du Petit Lectorat m’aient invitée à être l’écrivain à l’honneur de leur marathon annuel de lecture. Je suis touchée par leur enthousiasme, leur amour de la littérature, leur foi dans le beau et tout l’effort qu’ils déploient dans des conditions difficiles pour réaliser cette activité intellectuelle en ces temps de sécheresse des âmes que nous vivons.

L.N. : Vous a-t-on déjà mis au parfum ? Savez-vous quels textes seront présentés au public ?

K.M. : Non. Le Petit Lectorat est probablement en plein travail. Je ne suis pas encore au courant de leurs choix de textes. Mais je suis sûre qu’ils vont essayer de donner une assez large idée de mon œuvre littéraire jusqu’ici.

L.N. : Avez-vous le sentiment que le texte prend une autre ampleur quand on le lit devant un public ? Et comment recevez-vous un texte qu’une voix vous apporte ?

K.M. : Tous les écrivains qui en ont fait l’expérience vous le diront, lorsqu’un texte est lu par un diseur qui sait faire passer les émotions, qui peut pénétrer et s’approprier les mots pour les rendre avec passion, nous avons parfois du mal à croire que nous sommes les auteurs de ces paroles. C’est une expérience gratifiante.

L.N. : Le public aura-t-il l’occasion d’écouter l’auteur lire ses textes ?

K.M. : Je l’espère bien.

L.N. : La lecture demande de l’attention, un peu de silence pour dialoguer avec l’auteur. Avec Le Petit Lectorat, il est question de voix, de scène, d’assistance. Est-ce que vous vous sentez bien installée en tant qu’auteur dans ce genre d’événement artistique autour du livre ?

K.M. : La lecture demande en effet de l’attention et apprend aux participants à exercer le pouvoir de concentration et d’attention. Mais les corps et les voix accompagnent aussi bien les mots. Je ferai de mon mieux pour les accompagner dans l’aventure. Le Petit Lectorat prévoit dans son programme la visite d’une délégation scolaire en ma résidence. Je trouve l’idée originale et c’est avec grand plaisir que je leur ouvrirai mes portes. Comme me l’a dit mon ami poète Inéma Jeudi, il faut que les jeunes se rendent compte que les écrivains ne sont pas des extra-terrestres.

L.N. : Pensez-vous que ce genre d’événement pourrait stimuler la lecture chez les jeunes ?

K.M : À un certain pourcentage, oui, je le pense.

L.N. : Quoi de neuf sous le soleil littéraire de Mars ?

K.M. : Mon dernier roman « L’ange du patriarche » est sorti en France en janvier dernier. J’aurai le grand plaisir de le signer pour la première fois en Haïti à l’occasion du Marathon de lecture. Une vente signature est prévue le samedi 17 mars prochain de 10 heures a.m. à 2 heures p.m. à la librairie La Pléiade de Pétion-Ville. Il y aura aussi durant les mois de mars et avril des ventes signatures à Port-au-Prince et dans certaines villes de province.

Propos recueillis par Claude Bernard Sérant

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