UNESCO

La cassave candidate au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité

Publié le 2022-08-17 | lenouvelliste.com

Après la fameuse « Soup joumou », Haïti part à l'offensive pour faire inscrire la cassave sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l'UNESCO. Mais cette fois, les démarches sont collectives et concernent plusieurs pays de la région comme la République dominicaine, Cuba, Honduras et le Venezuela. La cassave est produite et consommée dans tous ces pays. 

Dans un communiqué publié le mercredi 17 août, la délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO informe qu’elle a lancé, de concert avec plusieurs pays de la région, notamment Cuba, le Honduras, la République dominicaine et le Venezuela, le processus multinational d’inscription des techniques traditionnelles de production et de consommation de la Cassave — à travers les savoirs, savoir-faire et les pratiques qui y sont liés — sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité dans le cadre de la Convention de 2003 de l’UNESCO.

« La cassave, ensemble de traditions à la fois diverses et homogènes que l’on retrouve à travers Haïti, mais également dans tout l’espace Caraïbe, les Amériques centrale et du Sud, avait été inscrite par le ministère de la Culture au Registre national du Patrimoine culturel haïtien le 18 janvier 2021 », précise le communiqué.

La cassave, explique la délégation haïtienne à l'UNESCO, est un héritage multimillénaire des Arawaks/Taïnos, premiers habitants de la terre d’Haïti/Quiskeya/Bohio, légué à nos ancêtres. La transformation du manioc en cassave fait aujourd’hui partie prenante de l’identité des Haïtiennes et des Haïtiens, aux quatre coins du pays. Qu’elle soit douce et large dans le Nord, épaisse et pimentée dans le bobori de la Grand'Anse, petite et fine à Aquin ou à Saint-Marc, la cassave nourrit le peuple haïtien depuis la fondation de la nation et perpétue un ensemble de savoir-faire agricoles et industriels ancestraux.»

Le communiqué souligne que la cassave est le premier élément haïtien qui sera soumis pour inscription sur cette Liste dans le cadre d’une démarche multinationale. « Après la Soup joumou, elle serait le deuxième élément haïtien inscrit depuis la ratification par le pays, en 2009, de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel...»

« La délégation permanente se réjouit de la formidable coopération technique poursuivie sur ce dossier depuis un an par les experts et scientifiques des pays soumissionnaires, renforçant ainsi les liens et l’amitié entre nos peuples.

La délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO salue également les efforts et la précieuse collaboration du ministère des Affaires étrangères et des Cultes, du ministère de la Culture, de la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO, du Bureau national d’ethnologie, des étudiants et chercheurs de l’Université d’État d’Haïti qui ont réalisé les inventaires, des photographes et vidéographes qui ont contribué au montage du dossier, des experts qui ont assuré la rédaction du texte de la fiche et sa traduction, de tous les acteurs et toutes les associations et organisations populaires qui portent avec elle cette candidature.

« Vive la cassave », détaille la délégation haïtienne à l'UNESCO, conduite par l'ambassadrice Dominique Dupuy.

La démarche pour faire inscrire la cassave sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Humanité sera collective. Les dossiers nationaux seront compilés en un seul formulaire de candidature qui sera soumis à l’appréciation de l’organe évaluateur pour l’avis technique et ensuite au Comité intergouvernemental pour la décision d’inscription.

C’est le même processus qui a mené à l’inscription du couscous, il y a deux ans.  Les pays du Mahgreb s’étaient réunis pour déposer la candidature de ce patrimoine partagé.



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