Crise politique/Dialogue

Montana dit attendre Ariel Henry et ses alliés pour poursuivre les discussions politiques

Publié le 2022-07-20 | lenouvelliste.com

Depuis le lundi 18 juillet, les négociations politiques entre les tenants de l’accord de Montana, le Premier ministre et ses alliés de l’accord du 11 septembre sont en mode pause. Ces acteurs politiques se sont heurtés, à une troisième rencontre, sur la question de l’exécutif bicéphale ou monocéphale qui devrait diriger la transition. Les membres de l’accord du 11 septembre avaient demandé une suspension de séance pour réfléchir sur les exigences de Montana.

Dans un communiqué publié le mercredi 20 juillet 2022, la délégation composée du regroupement PEN Montana et GREH a fait savoir que lors des trois premières rencontres avec le Premier ministre et ses alliés de l'Accord du 11 septembre, les discussions portaient sur le protocole des négociations, l’organisation du dialogue politique, l’observation, le secrétariat, les points à aborder, les problèmes fondamentaux du pays qui nécessitent un consensus pour débloquer la situation.

« Aucune institution du pays n’est fonctionnelle, il n’y a pas de justice, il n’y a aucun contre-pouvoir, aucun contrôle sur les agissements du gouvernement, aucun contrôle sur la façon dont il gère les ressources de l’Etat, tout le pouvoir est concentré entre les mains d’une seule personne… ce qui hypothèque toutes les autres dispositions de l’Etat », a dit constater Montana dans le communiqué.

Après cette description de la situation actuelle du pays, le Bureau de suivi de l’accord (BSA) de Montana et ses alliés font des exigences à Ariel Henry et ses alliés pour rendre plus efficaces les négociations politiques. « Nou mande pou nan ajannda a gen yon pwen ki rele ‘’Retabli, sou yon baz konsansis ak tranzisyonèl, twa pouvwa Leta yo, nan lespri Konstitisyon 1987 la’’. Fòk Leta retabli lòd nan tèt li, nan enstitisyon l yo, nan kad yon konsansis laj, pou l gen mwayen enstitisyonèl ak politik nan men l pou rekanpe Larepiblik, pou l ka rezoud yon ansanm pwoblèm », exige Montana.

Parmi les problèmes que l’Etat doit résoudre pendant la transition, Montana souligne l’insécurité, la corruption, l’impunité « afin d’inspirer confiance pour la reprise des activités économiques, sociales et culturelles. Pour aussi réconcilier la nation avec elle-même dans le cadre d’une conférence nationale qui décidera sur ce qui doit être fait de la Constitution, créer des conditions favorables pour l’organisation des élections… »

Selon les tenants de l’accord de Montana, rien de tout cela ne sera possible sans le rétablissement du pouvoir de l’Etat et de l’administration publique.

« Sur ce point de l’agenda, le pouvoir en place et ses alliés avait demandé une suspension de séance (NDLR : lors de la troisième rencontre), afin de voir comment considérer ce point dans l’agenda. Nous attendons leur réponse pour la reprise des discussions », a affirmé Montana dans sa note de presse du 20 juillet 2022.

La délégation composée du regroupement PEN-Montana -GREH a souligné que depuis la première rencontre « nou te dakò pou jwenn yon antant sou prensip ant 2 akò prensipal yo epi
envite lòt aktè enpòtan yo pouswiv dyalòg la. Akò Montana toujou di fòk gen yon konpwomi nasyonal pou nou ka jwenn moman pasifikasyon politik ak sosyal ki nesesè pou peyi a pran yon lòt wout », selon le communiqué.

Montana soutient avoir proposé cette méthode de négociations politiques en référence aux échecs des dialogues politiques de ces dernières années, citant l’échec des négociations à El Rancho, à la nonciature apostolique et à l’hôtel Marriott.

Selon Montana, réunir tous les acteurs dans une salle fera perdre du temps dans les négociations. « Nous avons fait le choix de la méthode nous pensons la plus rapide, sans exclure aucun acteur important », soutiennent les tenants de cet accord.

Parallèlement, les proches d’Ariel Henry au sein de l’Accord du 11 septembre estiment que la transition devrait être dirigée par le Premier ministre déjà en poste. Pour eux, les négociations politiques doivent se dérouler autour des points comme l’insécurité, les élections, l’apaisement social, la crise économique, entre autres.



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