Le parquet de Port-au-Prince ordonne une enquête sur la provenance des armes utilisées pour sécuriser Fritz Alphonse Jean

Publié le 2022-01-19 | lenouvelliste.com

L’ancien gouverneur de la banque centrale, Fritz Alphonse Jean, s’est offert un bain de foule, lundi 17 janvier, alors qu’il s’apprêtait à déposer ses pièces comme candidat à la présidence dans le cadre de l’accord de Montana. Sur des images publiées par les médias, on peut voir le candidat, cache-nez au visage, échanger quelques poignées de main avec des sympathisants, escorté de deux hommes armés de fusil et de pistolet. Une attitude dénoncée par des acteurs politiques et les membres du Bureau de suivi de l’accord de Montana.

Intervenant à la matinale de Magik9 ce mardi, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, a annoncé l’ouverture d’une enquête. « Le parquet a agi en tant que garant de l’ordre public et social. Par délégation de compétence, nous avons demandé à la police judiciaire d’identifier et de rechercher les deux individus armés remarqués sur les images. Pour l’heure, nous ne sommes pas en mesure d’indiquer s’ils sont des policiers ou non. La direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) cherchera à savoir si les concernés étaient autorisés à détenir des armes de guerre. Le cas échéant, ils seront déférés au parquet pour les suites de droit », a déclaré le commissaire du gouvernement.

Sur Twitter, Fritz Alphonse Jean a indiqué que sa sécurité a été assurée par la force publique. « Certains portaient des uniformes, d’autres non », a précisé l’intéressé. « Il va devoir faire cette déclaration à la DCPJ. La police judiciaire déterminera si elle doit auditionner Fritz Jean ou non. Mais elle va interroger ceux qui ont été remarqués avec les armes. Ils vont devoir expliquer pourquoi ils portaient des armes, s’ils étaient autorisés à détenir des armes de guerre et qui les avait autorisés à assurer la sécurité du concerné dans le cas où ils seraient des policiers », répond Jacques Lafontant.

Dans une note publiée lundi 17 janvier, le Bureau de suivi de l’accord de Montana (BSA) se dit choqué des images de Fritz A. Jean qui circulaient sur les réseaux sociaux. « Les images d’individus en civil, accompagnant le candidat avec des mitraillettes et une foule dans les rues de Pétion-Ville ne correspondent pas au projet, principes et valeurs promus par l’accord du 30 août. Cette dérive est inacceptable. Le BSA la condamne vigoureusement. La transition de rupture que nous recherchons tranche avec ces pratiques. C’est une transition qui veut offrir au peuple haïtien une image pouvant l’épargner de la peur et lui permettre de retrouver la sérénité », peut-on lire dans la note du BSA, qui invite le candidat à se ressaisir et à cesser ces pratiques.



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