Le sénateur Joseph Lambert appelle à la démission du Premier ministre Ariel Henry

Publié le 2021-10-28 | lenouvelliste.com

Le président du Sénat, Joseph Lambert, a invité le chef du gouvernement, Ariel Henry, à rendre le tablier. Le parlementaire, qui participait à la matinale de Magik9, a déploré l’inaction du Premier ministre alors que la situation se dégrade au point de vue sécuritaire, social et économique. « Un pays qui trépasse ne peut pas être confié à des amateurs inactifs. C’est une évidence que le Premier ministre Ariel Henry doit démissionner. Le pays connait une crise qui le ronge. La décomposition sociale et économique est en progression. Nous sommes aux portes d’une catastrophe humanitaire. Il y a péril en la demeure. Dans des circonstances, l’intérêt personnel ne doit pas primer. […] Ariel Henry est démissionnaire de par lui-même. Le pays est à l’arrêt depuis trois jours. En revanche, le PM se renferme dans son mutisme. On n'a pas l’impression que le pays est gouverné. On n’a plutôt l’impression que c’est le chef de gang Jimmy Chérizier qui dirige le pays », a déclaré l’élu du Sud-Est.

Pour Joseph Lambert, il existe aujourd’hui deux préoccupations majeures. « Il faut réhabiliter le pouvoir qui n’existe plus. Ensuite, il faut occuper le pouvoir. Cela requiert un engagement citoyen certain, une conscience forte, une volonté et une capacité. Pour rétablir l’autorité de l’Etat, il faudra recourir à la manière forte si les bandits refusent de déposer les armes. Le pouvoir doit sévir contre eux. Malheureusement le docteur Henry ne l’a pas compris ainsi. Ses alliés non plus. L’appareil de l’État doit être actif. Le pouvoir doit s’exercer. Il doit être proactif. À ce niveau, ceux qui nous dirigent nous inspirent-ils confiance ? Les citoyens ne sont pas en confiance. Aux grands malheurs, les grandes mesures. Il faut aussi le concours de tous et la grande intelligence des élites », a-t-il soutenu.

Joseph Lambert, qui avait été désigné par huit sénateurs sur dix que comporte le tiers du Sénat pour être le président de la transition, a dit attendre un consensus avant de penser à s’installer au Palais national. « La situation actuelle nous impose une plus large concertation avec plus de secteurs, avec plus de pôles politiques, et surtout avec des acteurs d’horizons politiques différents. Il faut la grande intelligence des citoyens, des élites. C'est pourquoi j'ai engagé des consultations avec d’autres secteurs afin que la crise soit prise en charge par un grand mouvement national. Nous devons agir. Nous sommes dans la nécessité de parler haïtien. Avec nous-mêmes et avec la communauté internationale », a invité M. Lambert.

Plus loin, le président du Sénat a plaidé pour une convergence des initiatives et accords pour une solution à la crise actuelle. Il révèle l’existence de plusieurs initiatives en ce sens. « Aujourd’hui on ne peut pas parler de grand ou de petit accord. Il faut les unifier pour offrir au pays une direction. Des initiatives très sérieuses et prometteuses sont en train d’être prises. La commission créée après la réunion à l’ambassade américaine prend quelques initiatives. Dans le même temps, les grands signataires des différents accords sont en train de mener des réflexions. Il existe des initiatives visant à fusionner les accords. On est en pleine consultation. (…) On ne peut rester inactif devant cette situation. Les plus capables doivent assumer pour servir la totalité.  Le bateau coule. Il nous faut de vrais matelots. La gouvernance doit être établie en fonction d’une orientation. Les objectifs doivent être précis. La sécurité doit revenir.  Il faut l’implication de tous les secteurs, y compris celui du PM Ariel Henry afin d’aboutir à une solution à la crise », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Joseph Lambert a plaidé pour un support de la communauté internationale afin de rétablir la sécurité en Haïti. « Je l’avais dit clairement le 1er mai dernier. L’État haïtien doit solliciter un appui logistique, technique et opérationnel pour renforcer la Police nationale d'Haïti. La police nationale n’a pas la capacité de répondre aux exigences de l’heure. Je n’ai pas de préférence sur un pays ou une instance étrangère en particulier. N’importe quel pays peut nous aider », a-t-il déclaré.



Réagir à cet article