« La PNH, à travers Léon Charles, bloque l’instruction sur l’assassinat du bâtonnier Dorval », dénonce Jean Wilner Morin

Publié le 2021-06-22 | lenouvelliste.com

Le président de l’Association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH), Jean Wilner Morin, intervenant à la matinale de Magik9, a déploré l’arrêt de l’instruction sur l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval. Le magistrat estime que l’instruction a été interrompue à la suite de la dernière décision de la Police nationale d'Haïti consistant de récupérer un fusil Galil qui a été mis à la disposition d’un policier qui assurait la sécurité du juge Renord Régis. « Le juge ne peut plus faire son travail. Il est obligé de se mettre à couvert.  Déjà, on n’avait pas créé des conditions pour que le magistrat puisse continuer à travailler au Bicentenaire. On ne veut pas vraiment que la lumière soit faite sur l’assassinat de Me Dorval. L'institution policière, à travers Léon Charles, bloque l’instruction », dénonce Jean Wilner Morin, révélant avoir constaté cette interruption avec beaucoup de peine. « C’est comme si j’étais en train d’écouter la nouvelle de cet assassinat une deuxième fois », se plaint-il. 

Selon Me. Morin, un plan a été bien concocté pour que l’instruction n’aboutisse pas. « Dès que le magistrat a été désigné pour instruire l’affaire, son véhicule a été attaqué sur la route de Bourdon. On avait prétexté qu’il s’agissait de manifestants. Nous avions demandé au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) de mettre un véhicule blindé à la disposition du juge. Le CSPJ avait refusé, évoquant des contraintes budgétaires. Le magistrat a dû fuir sa maison parce que des inconnus rôdaient dans son quartier. La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), saisie de ce dossier, n’a jamais publié un rapport pour l’élucider. À présent, la police récupère le fusil qui était à la disposition du policier qui assurait sa sécurité. Existe-t-il un plan pour assassiner le juge ? S’agit-il d’un plan pour forcer le magistrat à se dessaisir de l’enquête ? […] L’instruction de l’assassinat de Me Dorval est en train de connaître le même sort de plusieurs autres dossiers. Les politiques ne veulent pas d’une justice indépendante en Haïti. C’est pour cela qu’ils ont affaibli le CSPJ. Ils veulent prendre la justice en otage », dénonce le juge Morin.

Jean Wilner Morin fustige l’attitude du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Bedford Claude, dans cette affaire. « Le juge a émis 8 ordonnances. Le commissaire du gouvernement refuse de les exécuter. La justice n’existe plus dans ce pays », déplore-t-il, avouant son scepticisme quant à la poursuite de l’instruction. « L’instruction a été stoppée. Je ne sais pas quand elle va reprendre », soupire-t-il, révélant que le magistrat a fait l’objet de beaucoup de pressions et d’intimidations.



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