Aucune disposition contre le coronavirus dans les tribunaux

Au palais de justice de Port-au-Prince, les mesures sanitaires pouvant aider à freiner la propagation du coronavirus ne sont pas toutes respectées. Pourtant ce lundi, le gouvernement haïtien a renouvelé l’état d’urgence sanitaire pour 15 jours car, selon le chef de l’État, la situation est grave. Apparemment, on ne mesure pas tous l’ampleur de la crise sanitaire liée à la Covid-19 sur la même balance.  

Publié le 2021-06-01 | lenouvelliste.com

Au palais de justice de Port-au-Prince, aucune mesure sanitaire n’est prise pour protéger les justiciables et les fonctionnaires du tribunal et du parquet de ce ressort contre le coronavirus. À l’entrée principale du tribunal, on a déposé deux marmites d’eau sur une traverse en béton. Là encore il faut prêter attention pour les remarquer. Après plusieurs heures d’observation, on peut conclure que personne n'est obligé à se laver les mains dans les seaux mis à disposition du public.

Les justiciables s'alignent. Dans les différents espaces, qui le décide porte un cache-nez. Ce n’est pas obligatoire. Aucune affiche récente ne le rappelle. Même pas dans un bureau d’un magistrat assis ou debout, quand ceux-ci viennent travailler. Le mode de fonctionnement des gens qui se côtoient au palais de justice ne reflète aucun péril en la demeure. Comme si c’était juste la « petite fièvre ». D’ailleurs, dans ce bâtiment incandescent, on ne contrôle pas la température des visiteurs.

Le 27 mai dernier, des avocats ont offert une démonstration indigne de la fonction qu’ils exercent, mais aussi dangereuse pour les badauds qui se sont rassemblés. Tonitruants, ils n’ont pas hésité à se rassembler dans le carré d’un commissaire du gouvernement pour motiver leurs prétentions. Les vives discussions se sont poursuivies dans les couloirs du parquet où une vingtaine d’assistants se sont invités pour s’enquérir des faits.

Néanmoins les principaux responsables, le président du tribunal civil et le commissaire du gouvernement, ont décidé de recevoir moins de personnes en même temps dans leur décanat et carré. Est-ce suffisant pour empêcher que le palais de justice, au pire des cas, soit un centre de contamination ?

Fort heureusement, diront certains, les va-et-vient et la cadence des activités ont complètement diminué avec l’absence des juges. Souvent des substituts commissaires du gouvernement, en raison d’une action en habeas corpus politisée, pour l’insécurité, par nonchalance, ne sont remarqués. Admettons que la « situation est grave », il faut penser à comment appliquer l'arrêté du lundi 1er juin 2021.



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