Haïti va devoir importer plus de riz

Le marché local haïtien du riz dépend fortement des importations. Pour la campagne de commercialisation 2020/21, les importations de riz devraient passer à 515 000 tonnes en raison de la stabilisation de la production locale et de l'augmentation de la population haïtienne, révèlent des statistiques communiquées par le département d’Agriculture des États-Unis (USDA, en anglais).

Publié le 2021-05-07 | lenouvelliste.com

Les importations de riz pour le premier semestre de la campagne de commercialisation 2020/21 ont atteint 259 000 tonnes, soit une augmentation de plus de 8% par rapport à la même période de la campagne de commercialisation 2019/20, qui a été affectée négativement par les troubles politiques. Pour ce qui est du premier semestre de la campagne de commercialisation 2020/21, les importations de riz pour le second semestre devraient être stables, sous réserve de changement dans la situation politique et économique d'Haïti.

Selon le rapport de l’USDA, rendu public le 28 avril 2021, une augmentation des importations de riz à 520 000 tonnes métriques est à prévoir pour 2021/22 en vue de répondre à l'augmentation de la demande intérieure. Cette augmentation de la demande intérieure est due à la croissance démographique, estimée à moins de 2%.

Cette augmentation aura pour conséquence de creuser davantage le déficit de la balance commerciale. En 2017, le riz se classait en deuxième position parmi les importations principales d’Haïti (238.6 millions de dollars), selon la version Open data du site web du Centre de facilitation des investissements (CFI).

Sans surprise, la production de riz haïtienne ne devrait pas croître suffisamment pour répondre à l'augmentation de la demande intérieure. La production de riz pour la période allant de juillet 2021 à juin 2022) est estimée à 80 000 tonnes.

Plus de 90% du riz importé provient des États-Unis

Cependant, d'autres pays comme l'Uruguay, le Brésil, Taïwan, l'Inde, la Guyane, le Surinam, le Vietnam et le Pakistan exportent occasionnellement du riz vers Haïti. Les importations en provenance d'Uruguay et du Brésil ont considérablement augmenté pour la campagne de promotion 2019/20.

Par rapport à 2018/19, les importations de brisures de riz ont augmenté de 124% en 2019/20. Cette augmentation est due au fait que plusieurs importateurs tentent de surmonter l'augmentation du taux d'inflation, en particulier pour les produits alimentaires, les boissons et le tabac, en important du riz bon marché avec un pourcentage élevé de brisures de riz.

Depuis 2018, le pouvoir d'achat des Haïtiens se détériore, note le rapport de l’USDA. La crise politique interne, la baisse de la production nationale de riz et l'augmentation du taux d'inflation ayant affecté le prix des produits de base devraient être source de préoccupations pour le gouvernement haïtien. D’une année à l'autre, le taux d'inflation des produits alimentaires, boissons et tabac est passé de 13,2% en janvier 2018 à 22,5% en janvier 2021.

Malgré tout, le rapport prévoit une augmentation de la consommation à 590 000 tonnes de riz pour 2021/22, moyennant une stabilisation de la situation politique et une augmentation de la population haïtienne.

Le riz continue d'être un aliment de base pour les Haïtiens.

Pour  2020/21, la consommation de riz devrait atteindre 580 000 tonnes métriques. Contrairement aux attentes, la pandémie de Covid-19 n'a pas eu d'impact sur la consommation par habitant, estimée à 51 kilogrammes par an.

Dans l’intervalle, la production de riz d’Haïti devrait atteindre 75 000 tonnes, demeurant stable au cours de la campagne de financement 2019/20. Les conditions climatiques étant restées relativement normales. Pour 2021/22, une augmentation de la production de riz à 80 000 tonnes prévue. En supposant que les conditions climatiques actuelles persisteront en 2021/22 et que le barrage de Marion dans le Nord-Est est opérationnel.

Par ailleurs, la superficie récoltée pour la campagne de commercialisation 2020/21 devrait rester stable à 66 000 hectares. Le gouvernement haïtien n'ayant lancé aucune activité pour étendre la superficie récoltée. Le rendement pour 2020/21 est estimé à 2,1 tonnes par hectare, ce qui est stable par rapport à 2019/20, car les producteurs continuent d'avoir un accès limité à l'eau d'irrigation pour les rizières.

« Les producteurs de riz haïtiens sont confrontés à des contraintes financières, techniques et de gestion. Les fonds manquent souvent pour la recherche en agriculture. Les résultats des quelques projets de recherche sur le rendement et l'adaptabilité des variétés de riz étaient inaccessibles aux agriculteurs en raison d'un manque de fonds pour la diffusion de l'information. L'accès au financement pour les agriculteurs haïtiens est un problème malgré les initiatives gouvernementales visant à promouvoir l'inclusion financière », résume sentencieusement le rapport de l’USDA.  



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