« La Constitution de 1987 est un pacte de corruption entre des groupes de gens dans le pays », selon Jovenel Moïse 

La Constitution de 1987 sur laquelle a prêté serment Jovenel Moïse, en tant que président de la République, n’a pas échappé, une fois de plus, aux virulentes critiques au moment de prononcer, le samedi 1er mai 2021, son discours d’inauguration du barrage de Marion, situé à Grand-Bassin, dans le Nord-Est. Jovenel Moïse, voulant (re)démontrer le bien-fondé de sa volonté et démarche visant le changement de cette Constitution, affirme que celle-ci est un « pacte de corruption » favorisant de petits groupes de gens dans le pays.

Publié le 2021-05-04 | lenouvelliste.com

Définitivement la Constitution de 1987 ne trouvera pas grâce aux yeux du locataire du Palais national. « Le pays est ingouvernable avec cette Constitution sur laquelle j’ai prêté serment. Si vous voulez vraiment changer ce pays, il faut changer cette Constitution », a une nouvelle fois déclaré Jovenel Moïse, encourageant la population à voter pour une nouvelle Constitution, lors du référendum prévu le mois de juin.

Dans le but de dissiper des doutes sur sa nouvelle candidature aux prochaines élections, le président a précisé qu’il n’était pas un candidat, une manière de montrer qu’il respecte la loi, en dépit des malaises avec la Constitution. « Je ne suis pas candidat. Je suis un président qui respecte la loi. Je suis un président qui respecte mon pays. Je quitterai le pouvoir sur cette même Constitution sur laquelle j’ai prêté serment. Elle ne me donne pas le droit de me porter candidat aux prochaines élections », a tempêté Jovenel Moïse qui rend responsable cette Constitution de ce qu’il nomme « l'État prédateur (Leta peze souse a) ». Selon lui, la seule manière de changer cet État dit prédateur, c’est de changer la Constitution.

Avoir la capacité de proposer une nouvelle Constitution dans le pays est considéré comme une opportunité pour M. Moïse qui ne manque pas de souligner que les parlementaires de la dernière législature (50e) avaient l’occasion de travailler là-dessus. « En tant que président, j’avais déposé plus de 100 millions de gourdes dans le budget du Parlement pour changer la Constitution. L’argent a été dépensé sans résultat. Aujourd’hui, j’ai pris la décision d’investir de l’argent pour y parvenir. C’est ce que nous affirmons », a martelé le chef de l’exécutif qui avance à grands pas dans le processus, en dépit des divergences dans la société. Justement, à ce niveau, le chef de l’État précise « Lorsqu’il n’y a pas de consensus sur la Constitution, il faut laisser au souverain (peuple) le soin de trancher », dit-il, en désapprouvant toute proposition allant dans le sens de l’instauration d’un gouvernement de transition. Pour lui, ce n’est pas constitutionnel, donc pas démocratique.

Jovenel Moïse, des membres de son cabinet, tout comme le Premier ministre Claude Joseph et des membres du cabinet ministériel, des directeurs généraux ainsi que des supporteurs du pouvoir ont assisté à Grand-Bassin à l'inauguration du barrage de Marion, l’une des promesses phares de son administration. Il a coûté à l’État 10 millions de dollars américains. 



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