Le barreau de Port-au-Prince quitte le Bicentenaire temporairement

Publié le 2021-04-30 | lenouvelliste.com

Le barreau de Port-au-Prince est temporairement délogé du boulevard Harry Truman. Dans un avis en date du 26 avril de l’année en cours, la bâtonnière de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Marie Suzy Legros, a fait savoir que « l’administration du conseil est logée provisoirement au No 42 de la rue Villemenay ». Selon le secrétaire général du conseil des avocats, Me Robinson Pierre-Louis, le barreau change d’adresse en raison de « l’insécurité » l'empêchant son bon fonctionnement.

L’état d’urgence sécuritaire décrété par le gouvernement dans la zone où se loge le barreau explique aussi son délogement. Alors que l’administration du barreau doit offrir des services aux avocats inscrits au tableau de l’ordre, Me Pierre Louis souligne que de nombreuses activités y sont paralysées.

« C’est un logement provisoire, en attendant de délocaliser le tribunal ou d’y établir un climat de sécurité », a précisé l’avocat. Lundi, des membres des grands commis de l’État étaient au palais de justice, dont le ministre de la Défense. Les autorités présentes ont encore promis monts et merveilles, dont le rétablissement de l’ordre. Pour y arriver, les instances concernées semblent miser sur les fouilles de véhicules par des militaires ayant élu domicile au Bicentenaire.

« Personnellement, je leur ai dit qu’aucun avocat ne laisserait fouiller son véhicule en l’absence d’un juge de paix. Toute tentative s'exposerait à des obstacles. La solution c’est d’établir la sécurité pour les avocats aussi bien que pour les magistrats, le personnel judiciaire, les justiciables », a fait savoir Me Robinson Pierre-Louis. Toutefois la position formelle du barreau, a-t-il ajouté, c’est la reconstruction du palais de justice. Pour l’avocat, les acteurs ne témoignent aucun intérêt concernant le fonctionnement de la justice. Sinon, le palais de justice sortirait de terre avant les autres bâtiments de la cité administrative.

L’ancien Premier ministre par intérim Joseph Jouthe avait indiqué, a poursuivi l’homme de loi, qu’il n’y a pas eu de fonds pour construire le tribunal. Pourtant, ce n’est ni l’espace ni le plan qui manquent. En outre, le secrétaire général du barreau de Port-au-Prince dit souhaiter que la justice fonctionne. « Depuis environ trois ans, la situation est critique en raison des corps qui ne cessent de demander aux autorités de prendre leurs responsabilités. Mais ces derniers font la sourde oreille », a critiqué le membre du conseil, ajoutant que nos politiques ne cherchent qu'à impressionner.

« Nous rétablirons la sécurité dans la zone. C’est tout ce que je peux vous dire », avait indiqué l’ancien Premier ministre par intérim Joseph Jouthe, à l’issue d’une visite réalisée au palais de justice de Port-au-Prince le mercredi 22 juillet 2020. Alors que l’ancien chef du gouvernement avait déclaré ouverts les travaux judiciaires, la situation s’est aggravée au point que sous son gouvernement on a décrété l’état d’urgence sécuritaire. Administrer la justice au Bicentenaire devient un vrai pari.



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