RDNP/Édito/vrendredi 30 avril 2021

Le mal est en nous et chez nous

Publié le 2021-04-29 | lenouvelliste.com

Nous, du parti Rassemblement des Démocrates, Nationaux,Progressistes (RDNP), ne saurions ne pas être attentifs à certains évènements qui, au plus haut point, concernent l’exigence de survie du peuple  haïtien, et qui, d’ailleurs, contrastent avec les signes d’État failli, avec la situation sociopolitique délétère actuelle du pays. Des étrangers moins oublieux, amnésiques que nous, ne peuvent s’empêcher d’aller, à la source culturelle, historique d’Haïti, puiser des traits, faits significatifs, les classer au rang de patrimoine mondial, matériel ou immatériel. Comme s’ils voulaient nous signifier, clairement, que « le mal est en nous et chez nous », et, que nous sommes les principales «causes de nos malheurs» récurrents. 

Aussi, avons-nous retenu que la cuisine, la gastronomie haïtienne gagne de bons points, au niveau international. C’était connu que des étrangers, en contact avec nos sœurs et frères expatriés, se raffolent de la saveur magique, appétissante, de notre cuisine, de nos mets. Mais, que cette cuisine fasse l’objet de réflexions, d’études de particuliers ou d’étrangers, cela doit nous interpeler pour accuser l’État d’abandon d’un domaine porteur dont les connaissances devraient, par lui, être codifiées, vulgarisées ; les méthodes, modernisées, standardisées. Imaginez, un instant, toutes les opportunités offertes par la cuisine italienne, française ou mexicaine, en termes de revenus, de création d’entreprises, d’emploi, pour ces pays !

De même, il nous faut signaler que - en dépit d’une baisse d’activités récréatives, liées au passage de la pandémie Covid-19 - la musique haïtienne fait l’objet d’une vulgarisation spectaculaire, à partir de la production d’un film étranger, chantant «l’accord des corps» que seul le compas puisse faciliter. Cela peut se comprendre, dans la mesure où les vrais intellectuels ne donnent aucune limite aux recherches, au goût du savoir. Auriez-vous imaginé, un instant, qu’une savoureuse composition de Tropicana du Cap ait pu constituer le fonds musical d’une manifestation de rues, à Marseille, pour la réouverture de centres culturels dans cette ville française ?

Si ces faits, parmi tant d’autres, vous laissent indifférents, c’est que vous niez la richesse, la force, la beauté des traits culturels, historiques haïtiens ; c’est que vous renoncez à lutter pour la survie d’Haïti, donc, contre les nausées, incertitudes, indigestions, incohérences actuelles. Au RDNP, nous sommes très sensibles à ces marques de reconnaissance qui nous imposent de nous ouvrir aux vrais Amis d’Haïti, de ne jamais rejeter toutes les fautes sur les autres, de reconnaître que «le mal est en nous et chez nous», et, de bien identifier «les causes (séculaires, internes et externes) de nos malheurs». De reconnaître que nous avons perpétré, l’assassinat, lâche et crapuleux, du Père de la Nation, l’Empereur Jean Jacques Dessalines, enterré sa mémoire, durant plus d’un demi-siècle, et que, ces jours-ci, intellectuels nationaux et étrangers tentent, habilement, de le réhabiliter dans toute sa grandeur, sa noblesse, de ressusciter sa mémoire.

Si vous n’êtes pas sensibles à ces choses-là, c’est que vous n’êtes pas du nombre des Grenadiers, Guerriers de lumière, Magistratures morales, déterminés à éviter l’effondrement du pays, convaincus que «les racines du peuple haïtien demeurent vivaces, profondes, nombreuses». Au point que la défaillance du système éducatif n’entrave pas la performance de Rose Lumane Saint-Jean, au concours international d’éloquence de Sorbonne, que l’indisponibilité des infrastructures, la faiblesse des structures ne freine pas, pour autant, le talent de certains de nos scientifiques, écrivains, artistes, musiciens, sportifs…

Nous ne saurions chercher des causes externes à notre indifférence face à l’histoire, à la culture, à la mémoire collective, au patrimoine matériel et immatériel… Il est de nos responsabilités de citoyennes et citoyens authentiques de préserver, valoriser, rechercher tout ce qui peut constituer le ciment national, être l’objet de fierté, de dignité nationale. Une attitude qui aurait cette vertu de nous interdire de nous entretuer, de ne poursuivre que le bien-être individuel, de transformer la gloire politique en orgueil, de céder à la tentation du bien mal acquis, de transformer l’héritage ancestral en paradis de «bandits légaux fédérés», de refuser la modernité, le progrès économique, l’émancipation sociale, la stabilité politique, de tuer tout espoir des jeunes, des générations montantes, en l’avenir. 

«Les causes de nos malheurs» renvoient à cette faillite du collectif et attestent que «le mal est en nous et chez nous», exprimé dans la persistance diabolique dans le mal. La répétition des mêmes erreurs, vilénies, infamies, impérities, iniquités, préjugés, exclusions, folies furieuses, tentatives autoritaires… Les vraies «causes de nos malheurs» résident dans l’insouciance, l’incapacité à transcender les querelles sans grandeur, à nous transcender pour atteindre les dimensions sublimes de citoyennes, citoyens engagés, de femmes et d’hommes d’État responsables, soucieux d’étendre les droits, privilèges au plus grand nombre.

         Ce sont là, nos réflexions, nos observations, l’expression de notre folle passion du bien public et notre vision de l’organisation politique du pays.

Pour la Patrie ! Pour nos Aïeux ! Pour nos enfants !      

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale.

Met men, pran desten nou an men.

Eric Jean Baptiste
Secrétaire Général du RDNP         

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