Baisse des excédents pour les caisses populaires pendant la Covid

La pandémie du coronavirus a eu des effets négatifs sur l’évolution des coopératives d’épargne et de crédit. Les trop-perçus réalisés dans ce secteur en 2019 sont nettement supérieurs par rapport à ceux de 2020. Cependant les caisses populaires continuent de grandir et dégager des excédents au cours de la période marquée par la propagation du coronavirus. Le ratio de capitalisation de ces entités est toujours supérieur à 12,5%, la norme préconisée par la Banque de la République d’Haïti (BRH), l’organe régulateur.  

Publié le 2021-04-16 | lenouvelliste.com

La 6e édition de la Fintech s’est tenue ce vendredi. Organisée sur le thème « Accélérer le développement de l’entrepreneuriat en Haïti », cette activité constitue un espace d’échange et de partage d’informations dans l’optique de joindre la finance à la technologie en vue de la promotion de la culture entrepreneuriale et du développement de l’écosystème des affaires dans le pays tout en mettant la technologie au centre des activités de production de biens et de services. L’évolution des coopératives d’épargne et de crédit dans le contexte de la pandémie de la Covid-19 a été analysée et, chiffres à l’appui,  l’on a démontré les impacts négatifs de la pandémie sur ce secteur.

Pour montrer les méfaits de la pandémie sur l’évolution des caisses, Jocelyn Jean-Baptiste, cadre de la direction de l’inspection générale des caisses populaires de la BRH, a analysé les chiffres des deux derniers exercices fiscaux. Si les coopératives d’épargne et de crédit continuent de dégager des trop-perçus, il est tout aussi vrai qu’il y a un ralentissement par rapport à l’exercice précédant la pandémie.

Ainsi, le total de l’actif de l’ensemble des 70 caisses analyses montre un ralentissement en pourcentage. Au 30 septembre 2020, l’actif a connu une croissance de 12,34%, de loin inférieur par rapport au 30,17% enregistré en 2019. En valeur absolue, la baisse se chiffre à environ deux milliards de gourdes.

Le même constat a été observé dans le crédit brut et les dépôts. Le portefeuille de crédit pour l’exercice 2018-2019 a augmenté de 11,4% contre 21,2% pour l’exercice d’avant. Ce qui influence tous les autres paramètres. Au dire de l’intervenant, le crédit constitue la principale source de revenus des caisses populaires.

Au cours de cette période, les dépôts ont crû de 17,49% contre 33,2% en 2019. Le niveau des fonds propres du secteur au 30 septembre 2020 représente 18,69% de l’actif alors que le minimum exigé par la BRH est de 12,5%. Toutefois, estime M. Jean-Baptiste, il est important de noter que le ratio des fonds propres du secteur  a chuté de 2, 68 points de pourcentage par rapport à celui de 2019 où il se chiffrait à 21,37%.

Le rendement de l’actif (ROA) a subi également un ralentissement par rapport à 2019 connaissant ainsi une augmentation de 6,75% en 2019 à une croissance de 3, 42% en 2020. La situation n’est guère différente pour le rendement de l’avoir (ROE) qui affiche une augmentation de 24,14% à la fin de l’exercice fiscal 2020 contre une croissance de 23,88% en 2019.

En ce qui concerne l’activité d’intermédiation des coopératives d’épargne et de crédit, une baisse de 3, 83 points de pourcentage a été observée passant d’une croissance de 73,87% en 2019 à 70,04% à la fin du dernier exercice fiscal.

Cette tendance a été observée au niveau de tous les autres paramètres considérés si bien que la dotation pour les créances douteuses a connu une augmentation 2020 par rapport à 2019. En fait, la dotation a crû de 2, 19% en 2020 contre 2,04% en 2019.    

Tout compte fait, les caisses populaires ont su tirer leur épingle du jeu au cours de la pandémie du coronavirus. Mais elles ne sont pas indemnes des méfaits de la Covid-19. Un ralentissement a été observé au niveau des activités. Les institutions n’ont pas pu suivre l’évolution du précédent exercice.



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