Vers un comptoir d’art et d’artisanat à Jérémie

Publié le 2021-03-23 | lenouvelliste.com

L’artiste-peintre et écrivain Mérès Weche, en accord avec le poète Caldwell Appolon, responsable du centre culturel Numa Drouin de la ville de Jérémie, a pris l’initiative d’ouvrir un comptoir d’art et d’artisanat dans cet espace socio-littéraire et culturel de la cité des poètes.

« Conscientes de la nécessité de garder le cap sur les arts et la culture et d’offrir aux visiteurs de la Grand'Anse la possibilité d’y acquérir des souvenirs de voyage, ces deux figures représentatives des Belles-Lettres à Jérémie croient que le moment est venu de systématiser l’accueil étranger dans cette ville de grand passé patrimonial », a déclaré Mérès Weche. Et de poursuivre : « Outre d’encourager la jeunesse grand-anselaise à pratiquer les arts et l’artisanat, pour mettre en valeur les ressources patrimoniales de ce beau département, les initiateurs de ce comptoir vantent les immenses sources de richesse que sont les artefacts des rivières et de la mer, largement exploités dans d’autres pays insulaires de la Caraïbe et de l’océan Indien, à des fins de joaillerie et de production artistique. »

Le peintre Mérès Weche a lui-même déjà découvert quelques jeunes talents qu’il a initiés à l’appréciation d’artefacts présentant des intérêts esthétiques. Weche dit nourrir cette idée depuis longtemps, lors d’un voyage en Hawaii où la plage de Waikiki est complètement vidée de ses coquillages qu’on ne peut trouver que dans des boutiques d’artisanat. « Ayibobo », clame-t-il, pour les visiteurs éventuels de Jérémie, comme on dit « Aloha » à Honolulu.

L’espace retenu au Centre Numa Drouin pour débuter cette expérience avec la jeunesse grand'anselaise a d’abord été utilisé, le 13 mars dernier, par Le Petit Lectorat, pour un de ses ateliers d’écriture, au cours de son 12e marathon de la lecture ayant débuté à Jérémie.

Le natif de Beaumont a précisé : « Le coup d’envoi en plein air de cette partie artistique est déjà lancé. L’entreprise de ramassage de coquillages sur les plages, et de pierres rondes sur les berges s’avère une réussite, par la qualité des artefacts sélectionnés, et surtout par l’enthousiasme des jeunes qui se sont offerts pour une telle entreprise. » Par ailleurs, Mérès Weche a ajouté qu’ « en termes de produits régionaux et nationaux, les œuvres d’art et d’artisanat ainsi produites porteront les initiales de leurs auteurs et l’identification de leurs zones et sites de provenance, telles que La Pointe, Anse d’Azur, les Gommiers, Versailles, Corail, Pestel, Roseaux, Abricots, Bonbon, Dame-Marie, Anse d’Ainault, les Irois, y compris une région en montagne, de terre glaise,  comme Beaumont qui, fort souvent, offre des solutions de rechange à l’artiste, à défaut de terre de Sienne, et même pour des travaux à base d’argile ».   

Un comptoir d’art et d’artisanat à Jérémie, dans la Grand'Anse, vante l’artiste : « C’est tout ce qu’il faut pour synthétiser les valeurs artistiques et culturelles de ce département, qui a déjà fourni à Haïti de grands artistes et qui n’a pas dit son dernier mot dans l’entreprise de la renaissance nationale. »    

Marc Sony Ricot
Auteur


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