Littérature

Jean-François Brière ou le grand barde de l'indigénisme haïtien

Publié le 2011-08-05 | Le Nouvelliste

National -

Saint-John Kauss Jean-François Brierre est né à Jérémie (Haïti) le 23 septembre 1909. "Fils de Fernand Brierre et d'Henriette Desrouillère. Il descend d'un colon français, François Brierre, qui avait acheté aux enchères, à Saint-Domingue une négresse dahoméenne, prénommée Rosette, soeur cadette de Marie-Cessette Dumas qui donna le jour au général Alexandre Dumas". En 1928, il devint à dix-neuf ans directeur de l'École normale de Chatard pour instituteurs ruraux. J.-F. Brierre fut nommé par la suite, à moins de 21 ans, Secrétaire de Légation à Paris où il suivit des cours en science politique. En 1931, il débuta des études de droit qu'il termina en 1935. En 1932, il fonda le journal La Bataille, où ses critiques virulentes contre le régime de Sténio Vincent et l'occupation yankee lui valurent deux années de détention ferme au Pénitencier national. J.F. Brierre demeure, avec Etzer Vilaire, le poète le plus célèbre de Jérémie. On lui doit plus de dix-sept recueils de poésie parmi lesquels on peut citer: Chansons secrètes (1933), Black Soul (1947), La nuit (1955), La Source (1956), Découvertes (1966), Un noël pour Gorée (1980), Sculpture de proue (1983). Jean-F. Brierre a également essayé le roman: Province (1954); et un essai sur l'Union soviétique ancienne: Un autre Monde (1973). Le 5 novembre 1984, il obtint le Grand Prix "Lotus" des écrivains afro-asiatiques, qui couronne son oeuvre. J.F. Brierre fut également enseignant et diplomate jusqu'à son exil en 1962, après neuf mois de prison avilissante sous le régime de Duvalier, père. Il a vécu la plus grande partie de son exil au Sénégal (Afrique) - avec l'aide du président-poète Léopold S. Senghor - où il occupa différentes hautes fonctions de 1964 à 1986 jusqu'au lendemain de la chute de Duvalier, fils, c'est-à-dire jusqu'à son retour en Haïti. J.F. Brierre est décédé à Port-au-Prince dans la nuit du 24 au 25 décembre 1992, à l'âge de 83 ans. Haïti et l'occupation Américaine L'Occupation américaine d'Haïti (1915-1934) était des plus sauvages. Près de 50 000 hommes et femmes ont péri de cette invasion de l'Oncle Sam. Les inconséquences de la classe dominante haïtienne avaient ramené différentes couches sociales méprisées et mécontentes à l'utilisation de la violence pour faire valoir leurs intérêts. Car depuis l'indépendance, la classe paysanne des couches rurales et les sans-salaires des couches urbaines, les prolétaires, les ouvriers, les petits commerçants, n'avaient rien à gagner des brutalités à long terme de nos gouvernants qui, au service de grands propriétaires terriens ou de la bourgeoisie locale, leur rendaient la vie impossible. Ces anciens esclaves devenus petits paysans, ces nouveaux et anciens affranchis convertis en grands propriétaires terriens, ces anciens généraux de l'armée, réformés en gendarmes d'une seule classe sociale, la classe dominante, avaient failli à leur mission d'aider la masse des illettrés, la masse des Noirs dont les pères sont en Afrique (dixit Dessalines). Ce qui nous a conduit a priori à la première Occupation américaine de 1915, tout de suite après Cuba, le Nicaragua et la République dominicaine. Toute la Caraïbe et les pays latino-américains, incluant Hawaï, seront désormais au pas de l'Oncle afin de justifier l'âge d'or d'un nouvel Impérialisme, celui des Etats-Unis d'Amérique. En Haïti, ce nouvel ordre régional a conduit à la montée de têtes d'affiche: Charlemagne Péralte et les paysans du Nord et de l'Artibonite. Ces petits paysans, regroupés en Cacos dans le Nord, ont, pendant quatre à cinq ans, soutenu une guérilla en bonne et due forme face aux Américains. Mais devant les moyens minimes des guérilleros haïtiens et face à la haute technologie de l'armée américaine, à cause du mépris et du manque de soutien de certains secteurs bourgeois de notre société, ils n'ont pas pu résister longtemps surtout après la mort de leur leader charismatique: Charlemagne Péralte, en 1920. Evidemment, ces secteurs bourgeois non seulement souhaitaient la présence de l'Occupant pour sauvegarder leurs intérêts en perdition ou en jeu, mais l'appelaient afin qu'il vienne donner l'exemple de la réussite et de la bienséance américaine. Bien entendu, ils en profiteraient pour continuer à piller les pauvres masses paysannes et ouvrières, mais cette fois-ci sous protection américaine. Répression sanglante de la résistance; assassinat de milliers de partisans haïtiens; camp de concentration de Chabert, 5 500 paysans y mouraient en 3 ans; massacre de Marchaterre; corvées et déportations de populations désarmées; expropriations en masse des partisans et paysans; tel fut le bilan de 19 ans de colonisation américaine. Devant une telle hécatombe, face à une nouvelle forme de résistance, cette fois-ci pacifique, de la part de différents secteurs de la classe moyenne, face à l'opinion publique nationale et internationale, face aux pressions internes provenant même des Etats américains, l'Occupant avait jugé bon de partir tout en laissant en place de nouvelles structures exploitatrices des masses: des usines américaines, l'ambassade américaine et la Gendarmerie d'Haïti. La première tisserait les liens économiques, la seconde reflèterait les diktats du Département d'Etat aux gouvernants haïtiens et la troisième, mais non la moindre, disposerait désormais de tout le monopole de la violence face aux masses désarmées. Désormais, l'Etat haïtien ou un gouvernant haïtien serait surveillé par sa propre armée. Jean-François Brière ou l'âme noire C'est dans le contexte de l'occupation d'Haïti (et de la ségrégation raciale aux États-Unis et en Afrique du Sud) qu'a vécu Jean-François Brierre, l'un des plus grands poètes d'expression française après Victor Hugo, sinon le plus grand poète haïtien après Vilaire. De Chansons secrètes (1933) en passant par Un Noël pour Gorée (1980) jusqu'à Sculpture de proue (1983), le poète s'est approprié la plus haute fange magique, l'extrême fidélité à l'écriture en tant qu'outil désormais utile à la survivance et à l'option de la vie, le métier de vivre. Bien avant Césaire ou Neruda, Jean Brierre était déjà l'homme des gens de rue et de couleur, de ces âmes noires garrottées par le temps, expédiées aux confins des ténèbres de l'Histoire. On pourrait bien se permettre de juger aujourd'hui de l'effet répressif de son oeuvre sur l'ensemble des revendications du siècle dernier. Le poète, qui est né des hommes et des femmes d'Haïti, soulève et a soulevé une interrogation, des interrogations relevant de l'humanité entière. L'Homme Noir ou l'Homme tout court fut l'expression même du questionnement éligible du poète vis-à-vis des souveraines revendications des opprimés. Le poète est la célébration vraie d'une embrassade littéraire qui donnerait des ailes à toute offensive poétique. Son poème Black Soul (1947), la première pièce maîtresse identifiant le poète, était et est un chant, une histoire à raconter dans les champs, une mélopée d'amour remplie d'empathie et de compassion. Il fut publié en 1947 à La Havane; en cette année 2010, il faudrait donc lui (le poème ou le poète) allumer des bougies. Ces vers, qui ont vu le jour à Port-au-Prince, sont encore lus dans toutes les universités noires de l'hémisphère et sont un phénomène mondial qui dépasse le simple cadre des revendications pour l'Afrique ou l'Amérique des humiliés. « La volupté qui tangue aux courbes de vos hanches, Le rire éclaboussant de gaieté, les dents blanches Le chant évanoui sur un rythme émouvant, La détresse pleurée au coeur des instruments; Sur huit notes la noire Afrique profilée; Les cris perçants du jazz qu'étouffent les foulées D'un peuple blanc qui hurle au lynchage d'un Noir; Le fox-trot, travesti racial d'un désespoir... » (Soeurs noires, Chansons secrètes) « Je vous ai rencontré dans les ascenseurs, à Paris. Vous vous disiez du Sénégal ou des Antilles. Et les mers traversées écumaient à vos dents, hantaient votre sourire, chantaient dans votre voix comme au creux des rochers. Dans le plein jour des Champs Elysées, je croisais brusquement vos visages tragiques. Vos masques attestaient des douleurs centenaires. A la Boule Blanche où sous les couleurs de Montmartre, votre voix, votre souffle, tout votre être suintait la joie. Vous étiez la musique et vous étiez la danse. Mais persistait aux commissures de vos lèvres, se déployait aux contorsions de votre corps le serpent noir de la douleur. A bord des paquebots nous nous sommes parlé. Vous connaissiez les maisons closes du monde entier, saviez faire l'amour dans toutes les langues... Cinq siècles vous ont vu les armes à la main et vous avez appris aux races exploitantes la passion de la liberté. A Saint-Domingue vous jalonniez de suicides et paviez de pierres anonymes le sentier tortueux qui s'ouvrit un matin sur la voie triomphale de l'Indépendance... Vous avez construit Chicago en chantant des blues, bâti les Etats-Unis au rythme des spirituals et votre sang fermente dans les rouges sillons du drapeau étoilé... » (Black soul) La popularité de Jean Brierre explosa en même temps que son dandysme. Beau métis, toujours tiré à quatre épingles, jeune provincial provenant de la Grand Anse (Jérémie, Haïti), c'était vers les années 30 et 40 quand la poésie jouissait d'un prestige ultra-sacré. Tout Jérémien rêvait de surpasser Etzer Vilaire. Et ce fut le cas de Jean-François Brierre. D' où les publications de Black Soul (1947), La nuit (1955), La source (1956) et Découvertes (1966), quatre méchants poèmes de très forte inspiration. Avec d'abord Black Soul et ensuite La source et Découvertes, le poète informe de son origine, maîtrise la traversée par la mer, et se soulage de l'amerrissage forcé aux quatre coins de l'Amérique. Du courage demandé à ses frères, de la miséricorde réclamée aux dieux tutélaires pour ces damnés de la terre que sont les Africains déracinés d'Afrique. Mais avec La nuit, long poème exposé à la marche de l'absolu, on passe de l'élégie à la métaphysique du poème. Vaste et vigoureux poème dans l'infini des mots, grand tracé dans les airs d'un style nouveau. Loin de la lointaine Jérémie (Haïti) et plus près de l'Amérique des grands espaces de Walt Whitman, le poète quitte la sphère locale et humaine pour s'inspirer de l'universel et de la dimension divine. De l'innovation à la liberté lyrique transformée en chapelle épique que constitue la suite de ce dernier poème dans La source (1956) et Découvertes (1966). Même dans les langues sans écritures, on aurait dû traduire ces quatre textes atteints de paroxysme littéraire. Ecoutons les chansons du nègre, admirons la physionomie et les voix du tambour ancestral: « Les unes ont sur le visage, notes de clarté, les grains de beauté de la rosée en fleurs. C'est l'accent émouvant dans une mélodie d'une paysanne en bleu portant le pays sur sa tête et qui marche pour la dilection du paysage vers une chaumière de la Guinaudée bâtie dans le petit baume et la menthe sauvage. D'autres ont les langueurs crépusculaires des plaintes d'amoureuses dans la douceur profonde et suintante d'une femme nocturne. Certaines, papillons noir et or, lourdes de soleil à midi défaillent sur la glèbe fumante dans une odeur de sueur et de clairin. D'autres sautent dans la nuit dense, avec aux doigts les diamants intermittents des coucouilles bleu sombre.... » (La source) « Tantôt ce sont des cous énormes coupés pendant le jet de la puissance, le geste ultime de libération de joug. Tantôt ce sont des têtes noires aplaties qui gardent, bornes impitoyables, des clous taillés dans l'ébénier et qui saignent de larges gouttes de musique et de résine Que recueillent les mains d'invisibles hounsis. Tantôt ce sont des colonnes de pénombre au flanc desquelles le rythme du travail projette des silhouettes en transe réfractant le soleil dans leurs paumes offertes. » (La source) Si Jean-F. Brierre, avec Black Soul (1947), parvenait d'un tour de force à établir une sorte de lien et de communion avec la grande poésie, quelque chose qui rappelle en tous lieux la manière homérienne, mais avec une passion toute vigoureuse de vivre la vie des poètes, l'une des préoccupations majeures de l'ouvrage était le monde des esclavagistes et cannibales. Ce long poème traduit tout en long ce que Henry Miller semble à son tour "cracher sur la race blanche des conquérants de ce monde, Anglais dégénéré, Allemand borné, Français content de soi et de son confort"1. En bon pirate de l'air imagé, poète de réflexion et d'action, l'oeuvre de Brierre, foncièrement d'inspiraton indigéniste ou nègre, tourne parfois à l'enchantement et annonce alors la naissance d'une poésie de l'imagination, voire de l'illusion. Le plus beau livre de Jean-F. Brierre demeure, sans aucun doute, La Nuit (1955). Fait d'une flotte de mots vigoureux et originels, ce poème marque à jamais d'un sceau impitoyable la poésie haïtienne. C'est un véritable testament de l'apparition de l'Homme sur Terre, de sa continuité, du quotidien biblique et de la démesure accusée des grands prophètes du Judaïsme. Si l'influence de la Sainte Bible est certaine à travers ce poème, il ne faut point, par ailleurs, oublier la part du Victor Hugo de La Légende des siècles (1859). Le poème à elle, sa femme, cette mère Afrique, La Nuit, est d'une extrême exaltation et libère, en matière de poésie, la réflexion philosophique du poids marqué par la raison. « C'est d'elle que je me souviens, du limon originel aux adventices de la pensée Elle qui calfatait les cales du vaisseau négrier Et les houles sur quoi flottaient les douleurs noires enchaînées Et la touffeur que ponctuaient les râles des mourants. Elle, le passager clandestin dont la seule présence Peuplait de conjonctions de soleil, de terre et de ciel le voyage tombal. Elle que pressentaient mes yeux fermés sur l'inconnu trouble du sang, Qui gantait du velours triste de sa caresse insolite Mes doigts sans os refermés sur le vide où se forme la vie. Elle que j'ai trouvée présente dans l'ombre de mon père Qui l'avait senti vivre à l'ombre de son père et son père de son père. Elle qui remplissait les cheveux et la voix et le front de ma mère Si bien qu'elle coulait, source sans eaux, de ses mains brunes jusqu'à mon coeur, Ses mains, soeurs animales des feuilles neuves d'avant le déluge. Elle qui fut avant le Verbe d'or et logea le chaos. Elle de qui sont nées les étoiles et les galaxies, Dans les prunelles de l'éther océan, fleurs de gel, Songes désaltérants dans le sable accumulé de l'insomnie. Tout se meut autour d'elle et son silence ponctuera la voix de l'Éternel. Elle a dicté les mots et le frisson cosmique du verset. C'est dans sa caverne aux parois lisses de carrare Qu'ayant touché d'un doigt inattentif le lourd coffret des temps Dieu éparpillera ses dessins primitifs peuplés de fleurs et d'émaux... » (La nuit) Avec Découvertes (1966), Jean Brierre reprend de force et de talent la somme poétique inaugurée dans La Nuit (1955) et dans La source (1956). Mais, il s'y oppose au parti pris de la poésie de séduction, et renvoie à l'histoire. Histoire de l'Homme et de ses grandes découvertes. De l'homme noir et de l'esclavage au Nouveau Monde. Mère Afrique nous parle : « A bord du négrier, les hommes enchaînés m'embrassaient les genoux, car, s'ils allaient mourir, eux tous voulaient survivre. Et j'étais le lien entre la cale et l'espace, les chaînes et la liberté, le silence et la révolte, la nuit et l'aurore.... Je sais que dans l'eau pâle de tes yeux gisent dans des villages foudroyés des beffrois engloutis sonnant désespérés le tocsin abyssal du rêve assassiné, et que les pulsations de ton sang se blessent aux pointes des clochers qui, tels des fossoyeurs obstinés, creusent, creusent... Mais en deçà du cimetière et du naufrage, en deçà des départs et en deçà du verbe, en deçà de ton souffle, en deçà de ta chair, en deçà même de ton silence plutonien, attend, sous le regard insomnieux d'une veilleuse, l'escalier ténébreux dressé au coeur de toi qui mène en lofant dans la cale du négrier. La cale, c'est ta Patrie et c'est ta loi.... Je suis ta langue et ta mémoire et les lambeaux réunis de toi-même. J'ai bu du fiel, touché le feu, respiré la mort, entendu le silence. Laisse-moi me lever de mes sueurs et leur dire que tu es simplement, aveuglément au rythme du Tambour Nègre : La Source. » (La source) Astronaute de la littérature haïtienne, poète de plein vent et au grand souffle, nouveau talent iconoclaste des années cinquante, Brierre nous a laissé une oeuvre grandiose, l'une des plus belles de notre histoire littéraire. Ses textes nous ont permis de capter la vie et d'entrevoir les ressources d'une expression tout à fait naturelle, celle de l'Afrique considérée en bonne et due forme comme l'Alma mater. Constatation qui se confirme d'ailleurs par le titre de ses recueils et les sujets traités. Un Noël pour Gorée (1980) laisse entrevoir par moments le grand barde des années quarante et, d'autres fois, un poète moderne, ouvert à notre époque des grandes inventions; un livre plein de décontraction, avec l'envie d'aller plus loin et de chanter plus haut. Les poèmes "Nouveau Black Soul", "Me revoici Harlem" et "Notre Dame d'Afrique" y sont positionnés pour le maximum d'effets possible, et leur sensibilité grimpe progressivement pour que la passion des lecteurs franchisse un degré d'intensité qui ira jusqu'à l'apothéose finale. Avec Sculptures de proue (1983), Jean-F. Brierre réitère sa volonté d'être l'homme qui ennoblit, béatifie et immortalise; une image déjà rencontrée dans Nous garderons le dieu (1945), dans La Source (1956) et dans Aux Champs pour Occide (1960). Victor Serge, dans Littérature et Révolution, insiste sur la condition de l'écrivain et sur "le rôle humiliant" (dénoncé par Georges Sorel) des Encyclopédistes, de Diderot, de Voltaire, au cours du XVIIIe siècle. "C'est pour d'autres raisons", écrit-il, sans doute, "qu'ils sont entrés dans l'histoire. L'ennemi de l'Église, l'auteur de Candide, le défenseur du chevalier de La Barre survit, en Voltaire, à l'adulateur de Catherine II. Mais Voltaire fut l'un et l'autre. Il fallut bien qu'il vécut."2 Bon nombre de poètes haïtiens sont l'expression même de cette affirmation, et Jean-F. Brierre n'y échappe guère. La plupart de ses recueils ou de ses poèmes sont incidemment dédiés à Jacques Roumain ou Jean Price-Mars, à Léopold Sédar Senghor ou François Mitterrand, etc. Mais la poésie de Jean-F. Brierre s'ouvre pour survivre. Elle reflète en grande partie la vie de l'homme noir et, une fois déclarée, la magie du verbe fait son entrée avec ce défoulement d'images accompagné de la forme et de l'esprit, de l'engouement et du don de soi qui fait du poète et son oeuvre l'une des plus grandes voix de l'ère contemporaine haïtienne.

1 Henry Miller, Tropique du capricorne, Paris, Chêne/Stock, 1952, p. 43. 2Victor Serge, Littérature et révolution, Paris, Maspero, 1976, p. 7. Ouvrages connus de Jean-François Brière • Le Drapeau de Demain, poème dramatique, Port-au-Prince, Imprimerie Valcin, 1931 ; Chansons secrètes, poèmes, Port-au-Prince, Imprimerie Haïtienne, 1933 ; Le petit Soldat, conférence, Port-au-Prince, Imprimerie Haïtienne, 1934 ; Nous garderons le Dieu, poèmes, Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1945 ; Gerbe pour deux Amis, poèmes (en collaboration avec Morisseau-Leroy et Roussan Camille), Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1945 ; Vers le même ciel, sketch en vers, in Haïti-Journal, Port-au-Prince, Noël 1946 ; Black soul, poème, La Havane, Éditorial Lex, 1947 ; Belle, sketch, Port-au-Prince, Panorama, 1948 ; Recueil de poèmes, in Haïti-Journal, Port-au-Prince, 1948 ; Les aïeules, sketch historique, Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1950 ; Dessalines nous parle, Port-au-Prince, Deschamps, 1953 ; Les Horizons sans ciel: Province, roman, Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1954. Liechtenstein, Nendeln, 1970 ; Pétion et Bolivar, L'Adieu à la Marseillaise, poèmes dramatiques (français et espagnol), Buenos Aires, Éditorial Troquel, 1955 ; La Nuit, poème, Lausanne, Imprimerie Held, 1955 ; La source, poème, Lausanne, Imprimerie Held, 1956 ; Images d'or, poèmes, Coll. « Librairie Indigène », Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1959 ; Cantique à Trois voix pour une poupée d'ébène, poèmes, Coll. « Librairie Indigène », Port-au-Prince, Imprimerie Deschamps, 1960 ; Aux Champs pour Occide, poèmes, Coll. « Librairie Indigène », Port-au-Prince, Imprimerie Théodore, 1960 ; Or, uranium, cuivre, radium, poèmes, Coll. « Librairie Indigène », Port-au-Prince, Imprimerie Théodore, 1961 ; Découvertes, poème, Paris, Présence Africaine, 1966 ; Gorée, sketch historique, Paris, [sans nom d'édition], 1966 ; Un autre monde, essai sur l'Union soviétique, Dakar, L'Observateur africain, 1973 ; Ten Works, essai, Liechtenstein, Kraus Reprint, 1973; Images d'argile et d'or, poèmes, Dakar, Nouvelles Éditions africaines, 1977 ; Un Noël pour Gorée, poèmes, Paris, Silex, 1980 ; Sculpture de proue, poèmes, Paris, Silex, 1983.
Saint-John Kauss johnnelson57@hotmail.com Auteur

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