Zanmi Destine, une exposition artistique au nom de l’amitié

PUBLIÉ 2016-06-22
Ce vendredi 24 juin 2016, à partir de 5 h pm, aura lieu le vernissage des œuvres picturales de Emily Bauman, Maxan Jean Louis et de Patsye Delatour au Café 36 à l’hôtel La Lorraine à Pétion-Ville. Une exposition baptisée « Zanmi destine », en l’honneur de cette "belle amitié qui s’est développée et qui grandit" entre les trois artistes.


Ils se sont rencontrés en décembre 2015 au cours du quatrième atelier d’art international organisé par PromArt Haïti de Patrick Cauvin. Un atelier auquel plus d’une soixantaine d’artistes en provenance de la Roumanie, des États-Unis d’Amérique, d’Argentine, du Canada et d’Haïti avaient participé à l’hôtel Ibolélé. Les trois peintres ont tout de suite sympathisé, et de cela est né ce projet d’exposition. « Il y a entre nous une connexion spéciale, une amitié et du respect mutuel », explique Emily Bauman. « Nous sommes trois personnes de bonne intention, avec un grand cœur. Il y a entre nous une amitié qui a été mise par une force universelle », avance Patsye Delatour de son côté. Plus d’une cinquantaine d’œuvres seront offertes au public et disponibles à la vente au cours de cette exposition qui se poursuivra jusqu’en juillet 2016. Alors qui sont les artistes ? Emily Bauman Emily Bauman, surnommée Amanacer, est née à Waterloo au Canada mais a toujours revendiqué ses racines haïtiennes, vu qu’elle a vécu en Haïti dans son enfance entre 7 ans et 17 ans. « Haïti fait partie de mon identité artistique », confie-t-elle. Revenue s’établir au pays depuis octobre 2015, c’est une jeune peintre autodidacte qui a néanmoins fait des études de philosophie anglaise et de littérature française ainsi qu’un master en relations internationales. Ayant commencé à peindre dès l’âge de dix ans, elle se dit avoir été très inspirée par Jean-Claude Garoute alias Tiga. « Je peins des sirènes, des autoportraits qui révèlent des moments très intimes. Des œuvres teintées de motifs universels et d’inspiration de symboles connus comme des vèvè. » Une peinture qu’elle décrit comme figurative et abstraite, avec une influence de l’école Saint Soleil, mais qui au demeurant est très contemporaine. C’est la première fois qu’elle expose véritablement en Haïti, bien qu’elle ait déjà participé à des événements du genre au Canada et aux Etats-Unis. « C’est pour moi un grand moment. Je suis vraiment excitée », lâche-t-elle. Patsye Delatour Cette femme de 36 ans s’adonne à la peinture cela fait plus de quinze ans. Née en Haïti, après des études au pays, elle part aux Etats-Unis où elle est passée à l’école des Beaux-Arts à Washington, au Corcoran College of Art and Design plus précisément. Sa première exposition artistique, elle a eu lieu à l’ambassade d’Haïti à Washington. « C’était pour moi une façon de montrer la filiation, l’attachement qui existe entre Haïti et moi », explique-t-elle. Ses toiles ont ensuite été exposées à New York, à Saint-Domingue, mais depuis qu’elle s’est établie en Haïti il y a six ans, c’est sa troisième exposition sur le sol natal. Très spirituelle, Patsye décrit sa peinture comme inscrite dans de l’art visionnaire, inspirée par une force extérieure à elle-même. « Zanmi Destine », qui revêt pour l'artise beaucoup d’importance, sera l’occasion pour elle de se s’ouvrir, de se présenter dans un entourage rempli de sagesse et de beaucoup d’amour. Le public aura droit à environ une trentaine d’œuvres de madame. Maxan Jean-Louis Maxan semble être un vieux routier entre ces deux femmes. Né en mars 1966, à Jérémie, il grandit aux Abricots où il fréquente en primaire l’école fondée par Michaelle de Verteuil. Il rentre à Port-au-Prince où ses deux cousins, Eric et Henri Yonel Jean-Louis, l’initient à la peinture. « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson », dit le dicton, et c’est ce qu’ils ont fait, admet cet homme qui peint depuis 1992. Sans lâcher prise, même après le départ de ses cousins, il a travaillé durement, se disant toujours qu’un jour ses toiles côtoieraient celles des plus grands peintres haïtiens. Soutenu par la galerie Marassa à Pétion-Ville (Haïti), Maxan a exposé à plusieurs reprises, individuellement ou de manière collective, dans les alliances françaises et à l’étranger. Ses œuvres sont aussi présentées dans plusieurs espaces en Europe et en Amérique. Autodidacte, il a développé une peinture qui puise dans la culture vaudou et dans l’histoire d’Haïti. Maxan assure d’ailleurs qu’il essaie à travers ses œuvres de décrire les événements sociaux et politiques qui se produisent en Haïti et se disant être peintre-journaliste-visionnaire. C’est avec un réel plaisir qu’il participe à Zanmi Destine. « Vin gade koulè, vin gade kòman atis ap balanse bèl koulè sou bèl twal », dit-il pour convier le grand public, spécialement ceux originaires de Jérémie, à passer à cette exposition.



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