Haïti/ Société

À la prison civile de Jacmel comme au bout de l’enfer…

Publié le 2016-05-31 | Le Nouvelliste

Pas besoin d’être un grand peintre pour représenter par les lignes et les couleurs la situation lamentable et alarmante dans laquelle les détenus sont incarcérés à la prison civile de Jacmel. Pas d’accès à l’eau potable, promiscuité, conditions hygiéniques mauvaises sont quelques-uns des problèmes auxquels ils se trouvent confrontés au centre carcéral de Jacmel. Si quelqu’un avait envie de visiter les cellules de détenus à la prison civile de Jacmel, un simple coup d’œil dès son arrivée au bureau de service du greffe de l’administration pénitentiaire nationale (APENA) de la ville de Jacmel pourrait lui donner une première idée du fonctionnement de ladite institution. Les agents affectés à l’APENA travaillent avec les moyens du bord. De plus, ce bureau n’est doté d’aucun ordinateur opérationnel permettant au personnel de systématiser les données et informations en dehors d’un manque de matériels. À la prison civile de Jacmel, les conditions hygiéniques dans lesquelles vivent les détenus sont inquiétantes. Nombreux sont ceux qui souffrent de maladies diverses. Une dizaine de détenus sont infectés au VIH/SIDA, tandis que 11 sont tuberculeux, plus d’une trentaine sont atteints de la gale, et d’autres infections, telles sont les maladies qui frappent sérieusement les détenus durant ces derniers mois. Et cette situation pourrait empirer dans les jours à venir si rien n’est fait. Le centre carcéral de la ville compte actuellement une population de 576 détenus, entassés comme des sardines, alors que ce bâtiment ne devait accueillir qu'une centaine. La prison de Jacmel qui, autrefois, était construite pour loger des militaires des Forces armées d’Haïti (FAD’H), se trouve confrontée à de sérieux problèmes d’infrastructures sanitaires. Ayant seulement un personnel composé de 3 infirmières pour cette population carcérale, l’Administration pénitentiaire de Jacmel (APNA) est dotée d’une infirmerie mal équipée destinée à prodiguer des soins aux détenus. Consciente de cette situation, la commissaire du gouvernement a.i du parquet de Jacmel, Me Françoise Morailles, a procédé le mercredi 25 mai 2016 à la libération de 31 détenus en détention préventive prolongée à la prison civile de Jacmel. Les chefs d’accusation contre ces détenus portent sur des cas de vol de bétail, de téléphone et motocyclette, vol de bananes et d’igname, voies de fait entre autres. Mercredi, le parquet avait pris siège dans l’enceinte de l’APENA de Jacmel. Pendant plus de cinq heures, la cheffe a.i du parquet, Me Françoise Morailles, et Me Agella Benbénil, l’un de ses substituts en compagnie d’autres parquetiers ont entendu 37 cas dont 31 prisonniers ayant pu trouver leur libération, parmi eux un PVVIH. « Cette décision vise à lutter contre la détention préventive prolongée à la prison dans la juridiction de Jacmel », a déclaré Me Morailles. La plupart de ces détenus sont en détention préventive prolongée. Ils ont entre 2 à 5 ans derrière les barreaux, abandonnés, sans avoir été présentés à leur juge naturel. Outre les maladies infectieuses qui frappent les détenus, un phénomène très curieux sévit à la prison de Jacmel. Plusieurs détenus de tous âges sont devenus handicapés, souffrent de troubles visuels ou complètement aveugles. Certains autres souffrent d’une déficience mentale. Alors que ces détenus ont été appréhendés sains et saufs avant d’être incarnés à la prison civile de Jacmel. Me Morailles a aussi mis l’accent sur les conditions inhumaines dans lesquelles les détenus sont incarcérés à la plus grande prison de la région. La commissaire du gouvernement du parquet de Jacmel a par ailleurs critiqué énergiquement les médecins de l’Hôpital Saint-Michel de Jacmel, pour la non-prise en charge des détenus qui sont malades et qui sont souvent humiliés. Elle qualifie de discrimination et de violation des droits de la personne humaine et de la Constitution haïtienne le comportement de ces médecins à l’égard des prisonniers. Depuis environ trois mois, le parquet de Jacmel lance une opération baptisée « Opération jusqu’au bout ». Maintenant, il reste aux juges d’assumer leurs responsabilités dans le traitement des affaires.
Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".