Kenneth Merten et Peter F. Mulrean rencontrent des sénateurs

Aux 17 sénateurs présents, les diplomates ont fait part de leurs préoccupations par rapport à la crise électorale et à la durée du gouvernement de transition, selon les explications du vice-président du Sénat, Ronald Larèche. Si leur position sur la commission de vérification est jusqu’ici connue, Kenneth Merten et Peter F. Mulrean n’ont pipé mot à la presse à leur sortie du Parlement.

Publié le 2016-04-28 | Le Nouvelliste

Alors que le président Jocelerme Privert s’apprêtait à installer les membres de la commission de vérification du processus électoral, Kenneth Merten et Peter F. Mulrean rencontraient les sénateurs au Parlement haïtien ce jeudi. Le coordonnateur du dossier Haïti au département d’Etat et l'ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince voulaient s’enquérir de la crise électorale, faire part de leurs préoccupations vis-à-vis de celle-ci et de la durée du gouvernement de transition. L’ambassadeur américain, Peter F. Mulrean, est à sa deuxième visite au palais législatif. Ces gros manitous s’invitent dans le débat, tentent de faire pencher la balance de la nébuleuse électorale. A leur sortie du salon diplomatique du Parlement, les officiels américains n’ont pipé mot à la presse. Toutefois, le vice-président du Sénat, Ronald Larèche, parle d’une belle rencontre. « Il y a eu un dialogue entre les diplomates et les sénateurs. Les officiels américains ont fait part de leurs inquiétudes en ce qui concerne la durée du gouvernement de transition. Ils sont préoccupés par la crise. Ils souhaitent l’élection, le plus rapidement possible, d’un nouveau président », résume le parlementaire. Ces préoccupations des diplomates américains agacent le sénateur Antonio Chéramy qui, toutefois, indique que leur démarche ne l’étonne pas. « Ils nous disent qu’ils sont impatients, qu’ils souhaitent l’élection d’un président le plus tôt possible. Kenneth Merten a passé 5 ans à défendre l’administration de Michel Martelly qui n’a organisé aucune élection. Au contraire, il s’est contenté de s’occuper des passeports et de la nationalité de Martelly », martèle-t-il, se félicitant qu’au Sénat, il existe des « sénateurs libres ». Le sénateur Jean Baptiste Bien-Aimé indique que la rencontre a été très courtoise. Selon lui, les officiels américains ne s’étaient pas présentés en arbitres ou en donneurs de leçons. « La majorité des parlementaires leur ont fait part du point de vue de la majorité de la population haïtienne. La poursuite du processus électoral n’est pas possible sans la commission de vérification », clame-t-il. Le sénateur Bien-Aimé plaide pour une révision de l’accord du 5 février afin de reconsidérer les échéances et de fixer de nouvelles dates pour organiser les joutes électorales. Pour sa part, Steven Irvenson Benoit indique qu’il ne s’intéresse pas à ce que pensent ou veulent les diplomates américains. « Ma position est claire. Il faut créer la commission électorale afin de faire la lumière sur ce qui s’est passé. Il y aura des élections en Haïti quand le gouvernement l’aura décidé », a-t-il fait savoir, plaidant pour une rationalisation des dépenses publiques afin que le pays puisse financer ses élections. La position de Kenneth Merten est connue, selon Nènel Cassy, sénateur des Nippes. « Il a passé 5 ans à supporter le regime de Martelly Vu sa proximité avec Michel Martelly, il peut toujours souhaiter que Jovenel Moïse soit président de la République. Cependant, nous au niveau du Sénat sommes pour des élections honnêtes et démocratiques », indique-t-il, soulignant que de nombreuses étapes ont déjà été franchies dans l’accord, notamment la formation d’un nouveau gouvernement et du CEP. Le sénateur Youri Latortue est de l’autre côté de la barricade. Il s’arc-boute sur l’accord du 5 février qui prévoit l’organisation des élections dans 120 jours. « Au lieu de convoquer sur la formation de la commission de vérification, Jocelerme Privert doit rencontrer tous les blocs au niveau du Parlement et le CEP aux fins d’avoir un calendrier électoral et d'organiser des élections d’ici le 14 juin. Sinon, il va rater sa mission », avance-t-il. En ce qui concerne la formation de la commission de vérification, l’ancien conseiller de Michel Martelly croit que le décret électoral est plus que clair. « Seul le BCEN peut ordonner une vérification », indique-t-il. Selon l’élu de l’Artibonite, la formation d’une commission pour vérifier le travail d’un CEP autonome créera un dangereux précédent dans le pays. La visite des diplomates au Parlement haïtien n’est pas anodine. Certains parlementaires y voient un dernier forcing de Washington, alors que pour cette commission, les dés sont jetés. Ont-ils haussé le ton ? Plutôt que de répondre, le vice-président du Sénat, Ronald Larèche, objecte, faisant valoir son devoir de réserve.
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