Quand on célèbre les 257 ans de l’Empereur Jacques 1er

PUBLIÉ 2015-09-25
Le 20 septembre 2015 avait ramené les 257 ans de naissance de Jean-Jacques Dessalines, le Père de la nation haïtienne. Comme depuis quinze ans, la Fondation Marie Claire Heureuse Félicité Bonheur Dessalines (FF), du nom de l'épouse de l'Empereur, a célébré avec faste, sans l’implication de l’Etat Haïtien.


Bayyinah Belo est connue et souvent honnie pour son approche holistique de l’histoire. Ses supposés rapports avec Jean-Jacques Dessalines ont de quoi lui coller une étiquette de maîtresse ultra-tombale du grand homme. Et pour cause, elle affirme le voir plusieurs fois en songe. C’est d’ailleurs dans un de ces songes, au début des années 80, que "le Père de la patrie [lui] a demandé de célébrer annuellement son anniversaire de naissance". Connue pour être une personne appliquée, Bayyinah Belo ne perd pas une minute pour se mettre au travail, afin exécuter la demande du plus grand des Haïtiens. C’est longtemps une fête de famille, où elle et ses quatre enfants, son mari et une poignée d’amis et de connaissances communient dans l’exaltation des mérites de l’Empereur. En l’an 2000, après que l’historienne et plusieurs partenaires eut monté une fondation siglée FF dédiée à l’histoire et la connaissance de soi sous le nom de l’épouse de Jean-Jacques Dessalines, son éminence l’Impératrice Marie-Claire Heureuse Félicité Bonheur Dessalines, la fête devient une activité ponctuelle de cette nouvelle institution. De 2000 à 2010, la fête se tenait chaque 20 septembre dans l’après-midi. C’était une célébration où artistes de diverses disciplines, amants de l’histoire et patriotes venaient rendre hommage à Papa Dessalines. A partir de 2011, dans un autre songe, l’Empereur a demandé à l’historienne d’inviter ses fils et filles nés ailleurs mais traversés par son idéal de liberté. Bayyinah a donc fait appel à des professeurs, des chercheurs, des personnalités ayant des affinités pour la liberté, la condition des gens de couleur… Sans hésiter le moindrement, ils répondent à l’affirmative à l’appel et décident de payer eux-mêmes leur billet d’avion. Le 20 septembre se trouve donc enrichi de l’apport de ces nouvelles têtes. Depuis, au lieu d’une journée, c’est parfois une huitaine qui est consacrée à la célébration de naissance du Père de la patrie haïtienne. Colloques, visites de sites historiques, animations culturelles sont donc ajoutées au menu. La professeure nous confie qu’à ce jour, jamais l’Etat haïtien n’a montré le moindre intérêt pour cette fête qui au fil des ans, gagne en nombre de participants et en visibilité dans les médias. Elle se réjouit, en revanche, du fait que de plus en plus de nos compatriotes se désabonnent à participer aux activités du 17 octobre. Pour Bayyinah, commémorer le jour de l’assassinat du Père de la nation, c’est se rendre complice de son meurtre ou faire le coming-out de son attrait aigu pour la morbidité. Elle-même professe la célébration de la vie des êtres et non pas de leur mort dans un registre jumeau du « Namasté » hindou. Tant qu’on y est, c’est l’idée véhiculée dans la meringue « Dessalines » du groupe RAM. Bayyinah, à l’attention de tous, déclare aussi qu’ignorer le fondateur de sa patrie et ses mérites c’est s’ignorer soi-même et ses forces. Elle nous exhorte donc à apprendre à connaître notre Empereur Jacques 1er, pour conjurer à tout jamais toutes velléités d’asservissement tramées par les forces obscures ennemies de la liberté. La cérémonie de clôture du 257e anniversaire de naissance de Dessalines, sur le terrain de football du Village Théodat (à quelques encablures du local de la fondation FF), a été marquée par des parades militaires, la prestation d’artistes comme Lionel Benjamin, le rappeur 35, Exceline Belcombe (Haïti cœur de femme) et pas mal d’artistes en herbe ou indy. L'activité s'est tenue sous la direction de Daddy Beaubrun. Le décor dominé par le bicolore rouge et noir était signé Harry Lafond. Les « granjipon » du groupe Nègès Fla Vodou ont mis du baume au cœur de la foule grâce à leurs deux numéros. C’est-à-dire le tout premier et le tout dernier de la cérémonie.



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