BélO, 10 ans de musique et d’actions sociales !

PUBLIÉ 2015-09-22
Il a lancé sa carrière avec un titre qui lui a valu les prédictions d’un avenir formidable. Malgré son talent, personne n’avait osé imaginer, à cette époque, que BélO avait des projets qui dépassaient les 27 750 kilomètres carrés de la première république nègre du monde. Prix "Découvertes RFI" en 2006, chanteur se considérant comme Citoyen du monde, c’est au Brésil, pays de Pelé et de Neymar, que l’auteur de « Lakou Trankil » s’est fait applaudir dans le cadre des activités de ses dix ans de carrière professionnelle.


BélO a été au Brésil, à Sao Paulo, la capitale mythique du plus grand pays de football, non pas pour participer au carnaval le plus renommé de la planète, mais pour supporter les siens. Ce n’était pas sa première visite au Brésil, mais cette fois-là, il s’était rendu sur invitation de la préfecture à performer pour la communauté haïtienne qui ne cesse de grandir là-bas. « Ce fut une belle expérience, témoigne le chanteur. Le plus souvent, quand je performe à l’étranger, il y a certes des Haïtiens dans le public (entre 15 à 20 %), mais cette fois, je me suis retrouvé face à un public haïtien à l’étranger. » Particularité de cette performance, c’est que les Haïtiens au Brésil ne sont pas au Paradis. Le Brésil n’est pas cette terre de délivrance, comme le pense plus d’un, il y a le problème migratoire et le racisme. « Contrairement à ce que l’on pense, les choses ne sont pas faciles pour nos frères et sœurs, informe BélO. D’ailleurs, c’est un peu par rapport à cela que je me suis rendu là-bas. Il y a toute une politique liée au racisme à laquelle les immigrants font face. » Résultat : les compatriotes n’ont pas cessé de remercier l’artiste sur les réseaux sociaux. Selon eux, le passage et la prestation de la star haïtienne vont rehausser leur image. « Ils ne cessent d’exprimer leur satisfaction sur Facebook. Ils ont été heureux de voir les Brésiliens applaudir et demander des autographes à l’un des leurs », raconte l'artiste. Pour ce concert, BélO a partagé le podium avec une artiste angolaise, un rappeur et un dj du Brésil. « L’accueil était super, nos compatriotes ont eu pour la première fois la performance d’un groupe haïtien, et certains m’ont vu pour la première fois sur scène. » Considérant sa performance comme un grand rôle dans l’apaisement social des Haïtiens au Brésil, l’artiste, ne voulant pas se faire passer pour un prophète de malheur, croit que les rapports entre le Brésil et Haïti, s’ils ne sont pas mieux structurés, peuvent déboucher sur les mêmes problèmes de notre pays avec la République dominicaine. 2005-2015 : une décennie de musique active 2005 : « Lakou trankil », premier album avec Solèy Sounds Le 20 août 2005, pour être précis, BélO sort « Lakou Trankil », son premier album, sous le label de Solèy Sounds System avec Kéké Bélizaire et Fabrice Rouzier, « la belle équipe », comme il aime le mentionner. « Cet album a changé ma vie, dit-il. Il a aussi apporté une autre variété de son dans la musique haïtienne. » L’artiste, en cette année, avait effectué une tournée nationale avec son disque pour le présenter au grand public. 2006 : Prix RFI Découvertes Musiques du monde En 2006, BélO devient un artiste international en remportant le prestigieux prix "Découvertes RFI Musiques du monde". Ce titre lui vaut d’autres attentions, suscite de nouvelles ambitions artistiques et lui ouvre des horizons nouveaux. 2007 : tournée internationale Première tournée internationale d’une carrière qui prend de l’essor. BélO sillonne avec son titre de champion l’Afrique, l’Europe (France), la Martinique, la Guadeloupe, les États-Unis, le Canada (Québec). À partir de là, il commence à travailler sur son deuxième album. 2008 : album « Référence » BélO sort l’album « Référence », deuxième disque de sa carrière d’artiste et premier pour le marché international. L’album, très différent du premier du point de vue des choix et arrangements musicaux, connaît moins de succès que le premier, mais il confirme sa présence artistique et sa volonté d’explorer le monde. 2009 : tournée internationale Deuxième tournée internationale pour l’artiste. BélO découvre plein de scènes, partage sa passion avec d’autres artistes et porte le bicolore haïtien sur le toit du monde. 2010 : résidence artistique En janvier 2010, Haïti connaît la pire catastrophe naturelle de son histoire. Un tremblement de terre sombre le pays dans le deuil. Tout comme le reste de la population, BélO a besoin de se refaire les idées. Il entre en résidence artistique en France, à la Cité internationale des arts, où il rencontre de grands musiciens africains et caribéens. Le chanteur développe alors une nouvelle stratégie consistant à avoir des musiciens en backup band un peu partout à l’échelle internationale (USA, France, Canada). Il en profite pour produire un troisième album. 2011 : « Haïti debout » BélO sort l’album “Haïti debout”, troisième de sa carrière. Ce n’est pas un succès, mais les messages qu’il lance à sa chère patrie déstabilisée par le séisme de 2010 sont forts dans ce nouveau mélange rythmique. 2012, 2013 : dans le social Outre les contrats de performances, l’artiste s’investit dans des activités sociales et joue le rôle d’ambassadeur pour la promotion de certaines valeurs et la défense de plusieurs causes. 2014 : « Natif natal » BélO clame haut et fort son attachement à sa chère Haïti chérie en sortant un quatrième album, « Natif natal ». La photo de couverture du cd dit long sur cet enracinement. Janvier-septembre 2015 BélO fête ses dix ans de carrière. Parmi les activités de cette année, il reçoit l’invitation à performer au Brésil (Sao Paulo) spécialement pour la communauté haïtienne qui se trouve confrontée à des difficultés (racisme) dans un pays où les compatriotes s’y rendent désormais par milliers en vue d’un lendemain meilleur. L’Haïtien donne une prestation que les Brésiliens sont loin d’oublier. … Et d’implication sociale Au cours de sa vie citoyenne et artistique, BélO est appelé par des institutions à être l’ambassadeur/partenaire de certaines causes : la Croix-Rouge, Le ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme, le ministère de l’Environnement, la Secrétairerie d’État aux personnes handicapées. Aussi, il est l’initiateur de plusieurs activités sociales telles « Femmes à aimer », « Nwèl timoun yo », « Festival Vilaj la », pour donner de la visibilité à Croix-des-Bouquets, sa ville natale, Caravane lakay (caravane francophone avec l’OIF)... Satisfaction BélO affirme que sa plus grande satisfaction, c’est d’avoir fait école. Certes, il n’est pas le seul, mais il est de ceux qui ont redonné à des jeunes artistes l’envie de prendre une guitare et de présenter leurs talents. « Les jeunes artistes nous ont pris comme exemple, et c’est là une grande satisfaction ! » Mais… On croit fermement que BélO est passé à côté de ce qui aurait pu être l’un des plus grands mouvements sociaux, voire éducatifs lancés dans le pays. Avec « Lakou Trankil », le message véhiculé dans cette chanson et la portée du clip, plus d’un s’attendait à ce que l’artiste devienne un ambassadeur de la paix qu’on aurait vu dans les quartiers où les jeunes ont besoin de croire en autres choses que les armes à feu, le vol, le viol, la drogue et la délinquance juvénile. Dix ans ! Bravo… Et après ? BélO adore les nouveautés, il se voit toujours en quête de nouveaux sons, d’expérimenter tout ce qui pourrait déboucher sur autre chose. Au cours de ses dix ans, le chanteur-musicien a produit quatre albums de sonorités distinctes. Pour les années à venir, il promet de travailler sous d’autres formes de projets qui ne sont pas nécessairement des albums, souligne-t-il. « Il était important pour moi de boucler ce cycle de dix ans, affirme l’artiste. J’avais des défis à relever. Maintenant, je vais m’ouvrir à beaucoup plus de collaborations. Les gens savent que je ne les décevrai pas. Je suis quelqu’un qui suit son étoile, j’irai là où mon cœur me guidera. Pour le bonheur et le plaisir. Le bonheur de mon pays surtout. »



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