L’expert indépendant sur la situation des droits humains en Haïti

Gustavo Gallón demande des explications ou la réintégration de Jacky Lumarque

Publié le 2015-09-15 | Le Nouvelliste

National -

L’expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits humains en Haïti a présenté mardi une synthèse de sa visite de neuf jours axée, entre autres, sur les élections et sur la situation des rapatriés haïtiens dans les camps d’Anse-à-Pitre. Après différentes consultations, Gustavo Gallón exhorte le Conseil électoral provisoire (CEP) à rendre publique l'argumentation sur laquelle il se base pour exclure le candidat de la plateforme Verite, Jacky Lumarque, du processus électoral, à reintégrer, sinon, son nom dans la liste des candidats. L’expert, qui a exposé un tableau sombre de la situation des rapatriés haïtiens à Anse-à-Pitre, lance aussi un appel aux autorités haïtiennes, les invitant à prendre des mesures urgentes pour garantir l’accès aux services de base. C’est sa quatrième visite en Haïti. Du 6 au 15 septembre, Gustavo Gallón a visité les camps des réfugiés, les prisons et rencontré des membres du gouvernement, dont le Premier ministre Évans Paul, des membres de la société civile et des membres du CEP avec qui il a discuté des différents aspects de la situation que traverse Haïti. Sur le cas du candidat à la présidence, Jacky Lumarque, écarté de la course électorale présidentielle pour absence de décharge, après consultations, l’expert indépendant de l’ONU s’est montré préoccupé. « Je me permets respectueusement d'attirer l'attention des autorités haïtiennes sur le fait qu'aucun candidat ne peut être exclu de la liste sans une argumentation solide». En ce sens, explique M. Gallón, « pour le cas de Jacky Lumarque, le CEP pourrait, soit rendre publique l'argumentation sur laquelle il se base pour l'exclure du processus, soit réintégrer son nom sur la liste des candidats présidentiels des prochaines élections. Selon lui, cette décision serait une solution conforme au droit de vote et au droit d'être élu dont sont détenteurs M. Lumarque en tant que candidat, le mouvement politique et la population qui appuient sa candidature, aussi bien que la société haïtienne dans son ensemble puisque les droits à la démocratie et à la paix sont également en jeu. Bienque préoccupé par la tenue des prochaines élections, le défenseur des droits humains exhorte les autorités haïtiennes à persister dans leurs efforts en vue d'en assurer la réalisation prévue pour le 25 octobre et le 27 décembre et d'améliorer les garanties pour la participation de la population et la sérénité du vote. Tout en déplorant les irrégularités qui ont eu lieu lors du premier tour des élections législatives du 9 août dernier, il dit apprécier l’effort du gouvernement qui est tant bien que mal parvenu à les réaliser. « La correction des irrégularités enregistrées lors des élections du 9 août dernier aiderait sans doute, permettez-moi de le réitérer, à renforcer l’engagement des autorités en faveur du droit de vote et du droit d'être élu, du droit à la participation citoyenne aux affaires publiques et du droit d'avoir un régime politique démocratique, qui sont des valeurs supérieures qui ne doivent jamais être remises en question », a-t-il rappelé. Des Haïtiens revenant de la République dominicaine vivent dans des conditions inhumaines à Anse-à-Pitre! Lors de cette visite en Haïti, l’expert a également porté l’attention sur la situation de citoyens haïtiens ou d’origine haïtienne revenant de la République dominicaine (RD). Gustavo Gallón, qui a exposé un tableau sombre de la situation des rapatriés haïtiens à Anse-à-Pitre, a surtout mis l’accent sur « les conditions précaires » dans lesquelles vivent environ 2500 personnes réparties dans cinq camps, dans des tentes en carton et en plastique, sans nourriture, sans eau potable et sans infrastructure sanitaire. « Ce qui est un risque pour la propagation des maladies telles que le choléra », note-t-il, rappelant que les enfants et les jeunes n’ont pas la possibilité d’étudier, qu’il n’y a pas de services de santé et que la majorité des personnes n’ont pas de documents d’identité. L’expert indépendant affirme que les personnes qui reviennent de la RD se définissent comme des déplacés volontaires mais « sous pression », parce qu’elles avaient peur d’être déportées de la République dominicaine, dont le gouvernement avait annoncé que les personnes en situation irrégulière seraient expulsées du pays après le 17 juin 2015. Selon l’expert, il y a un plan pour les transférer à leurs lieux d’origine en Haïti et leur donner une petite subvention de survivance initiale. « Il faudrait faire vite ce déménagement car l’époque des pluies a débuté et les tentes auront de sérieuses difficultés à résister à l’eau », a-t-il averti, lançant aussi un appel aux autorités haïtiennes à prendre des mesures urgentes pour garantir à ces personnes l’accès aux services de santé, à l’éducation et à la salubrité, ainsi qu’à l’alimentation et à l’eau potable. « C’est une situation de carence absolue de moyens de subsistance, à commencer par le droit au logement mais qui affecte aussi d’autres droits élémentaires. Cela confirme la nécessité d’élaborer une politique d’assistance sociale consistante pour répondre aux besoins de base d’une partie importante de la population haïtienne qui vit toujours dans des camps de personnes déplacées », Plus de cinq après le séisme du 12 janvier 2010, 60.000 déplacés vivent encore dans les camps. M. Gallón croit qu’il faut continuer à déployer des efforts urgents pour fournir à ces individus des moyens d’existence dignes. La coopération canadienne a approuvé l’allocation de fonds qui seront administrés par l’Office international des migrations pour subvenir aux besoins de ces 60.000 personnes. Par ailleurs, l’expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits humains en Haïti réitère sa position sur la création d’une commission de vérité et de réparation pour les victimes du choléra, conformément aux principes sur les droits des victimes de violation des droits humains à exercer des recours et à obtenir réparation, adoptés en décembre 2005 par l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies.

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