Autour de la quatrième édition du camp de danse de Jean Appolon

PUBLIÉ 2015-07-03
Du 29 juin au 24 juillet, à l’hôtel Oloffson, le chorégraphe Jean Appolon organise la quatrième édition de son camp annuel de danse baptisé “Jean Appolon Expressions”. Tout en se réjouissant du fait qu'il gagne au fil des éditions en nombre de participants et en activité , le danseur affirme regretter que peu d’institutions locales s’intéressent à son activité destinée aux jeunes.


Jean Appolon n’a rien de ces divas perdues dans des corps d’homme. En sueur à notre arrivée dans l’espace où il tient sa classe, il ne nous fait pas poireauter sous prétexte qu’il va prendre un bain ou se changer pour se laisser prendre en photo. Il confie simplement son cours à un autre professeur. Il est d’un naturel peu habituel chez des artistes de son genre. Sa résidence depuis 1993 à Boston n’a pas tué le “Nèg Ravin Pintad” qu’il est. Après quelques civilités échangées, le danseur qu’on retrouve après deux ans dit être motivé depuis 4 ans à maintenir ce camp annuel par l’engouement des jeunes et son attachement viscéral à l’alma mater. “Les jeunes, affirme-t-il, n’ont pas grand-chose pour s’amuser durant l’été. En plus, ils vivent dans un pays bouleversé par les temps qui courent. J’ai donc de bonnes raisons de maintenir ce camp en vie.” Le camp Jean Appolon Expressions (JAE) gagne au fil des éditions en nombre de participants et en activité. L’édition 2013 avait 50 participants. Celle de 2014, 60. Cette année ils sont 65. Jean Appolon confie que s’il écoutait son coeur, il garderait tous les 120 postulants qui ont participé au casting le 27 juin dernier. Autre nouveauté, cette année, le niveau de l’âge requis est revu à la baisse. “Dans les éditions d’avant, on exigeait 20 ans et plus, cette année on a des participants de 11 ans. Autre chose, on exigeait qu’ils aient un certain niveau, maintenant on a des jeunes qui n’ont jamais dansé avant”, a expliqué l’artiste. Le camp se tient du 29 juin au 24 juillet à l’hôtel Oloffson. Entre 9 h a.m et 4 h p.m, il y a un cours de yoga pour permettre aux jeunes de se détendre. Un cours de “horton”, une technique, selon le chorégraphe, qui garantit une plus grande flexibilité au corps. Un lunch. Un long cours de danse folklorique. Des répétitions pour le spectacle du 24 juillet. A propos de spectacle, le dernier jour à compter de 5h, à l’hôtel même, il y aura un récital pour montrer les acquis du camp. Il sera aussi l’occasion pour Jean Appolon d’honorer plusieurs personnalités dont Bayyinah Bello, Michel Dégraff et sa mère Lucienne Duverlus. Il entend honorer cette dernière pour la réconforter. De son aveu, elle est passée à deux doigts de la mort récemment lors d’une opération chirurgicale. La plus grande difficulté à laquelle est confrontée le chorégraphe pour mener à bien son initiative annuelle est le manque de soutien des acteurs locaux du milieu culturel. Mis à part la FOKAL, Erol Josué et la famille Edmé, Jean Appolon dit déplorer le fait que très peu d’instances se penchent sur son initiative. “Je comprends qu’on est dans un pays bouleversé ces temps-ci, mais il n’y a pas d’excuses qui tiennent pour esquiver des initiatives culturelles. L’art, la culture sont des thérapies. Je crois que mon camp est utile aux jeunes qui y prennent part”, a-t-il déclaré. Le danseur suggère au grand public de sortir, de s’amuser en dépit des moments difficiles que connaît le pays. A l’intention des travailleurs de la presse, le 16 juillet, à 3 h p.m, à l’hôtel Oloffson, une conférence sera donnée. Il y aura une répétition, une présentation de JAE. Les grandes lignes du show seront communiquées aussi. En marge du camp, Jean Appolon étudie la possibilité de faire jouer “Angaje” en Haïti. Cette oeuvre qu’il dit avoir joué à guichets fermés en mars à Boston dénonce, selon lui, toutes sortes de discriminations comme l’homophobie…



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